Nouvelle semaine, nouvelles lectures.

Voici donc le bilan de nos lectures concernant les sorties singles VO du 02 octobre. Une semaine plutôt sympathique avec des titres qui ont su trouvé fortune dans le coeur de nos rédacteurs et d’autres que l’on aimerait plutôt oublier.

LES COUPS DE CŒUR

Doom Patrol : Weight of the worlds #4

Collection

Rebirth

Scénario

Gerard Way & Jeremy Lambert

Dessins

Nick Pitara

 

Une partie de moi a hésité de mettre ce dernier numéro de Doom Patrol en coup de coeur… peur qu’on m’accuse de ne pas être objectif, tout ça. Mais en réalité, la dernière livraison de l’équipe est vraiment bonne. D’abord, grâce aux dessins de Nick Pitara et aux couleurs de Tamra Bonvilain, absolument dantesques. Depuis son #1, les éditeurs de Weight of the worlds sont parvenus à ramener un pool de dessinateurs qui matchent extraordinairement bien avec le titre. Le réalisme cartoony de Pitara est parfait pour ce numéro timbré, principalement centré sur Flex Mentallo, entre finesse et exagération loufoque. Le numéro déborde d’énergie et de positivité euphorisante, tout en parvenant à éviter la niaiserie et le ridicule. Et ça demande un certain talent de la part de Way et Lambert. Les deux auteurs, depuis qu’ils ont pris en main la série à deux voix, réussissent à tenir la corde raide nécessaire à tous les bons auteurs de Doom Patrol. D’un côté, l’étrangeté démente innérante à l’équipe et de l’autre, un accent très fort sur les personnages, qui ancrent le récit, qui autrement pourrait partir si loin dans la folie qu’il pourrait de devenir hors-sol. Ce numéro en est encore la preuve vivante, entre parodie délurée de la concurrence et exploration des personnages. On y trouve une équipe exceptionnelle, qui donne envie d’être suivie, dont on se sent faire partie. Seul regret : avec un cast aussi large, certains sont malheureusement trop mis de côté, réduits à une seule réplique. Dommage, mais pas assez pour ne pas le mettre en coup de coeur, en toute objectivité. 

– Myplasticbus

Lois Lane #4

Collection

Rebirth

Scénario

Greg Rucka

Dessins

Mike Perkins

 

Deux échanges parallèles. D’un côté, la mère et le fils, de l’autre, le mentor et sa protégée. Deux atmosphères calmes, propices à la conversation et à d’excellents dialogues signés Greg Rucka. Le scénariste fait une petite pause dans son film noir en comics pour développer ses personnages, et dans le cas de Loïs, lui permettre de rattraper le cours des événements récents des titres Superman. Rucka parvient à tisser une merveilleuse et touchante relation entre la journaliste et son fils super-héros, à des années-lumière de ce que Bendis a pu faire dans la série sur l’homme d’acier. Mais bien plus encore, Rucka parvient à intriguer et émouvoir tout fan de 52 à travers la rencontre des deux autres protagonistes (je ne vous spoile pas pour ne surtout pas gâcher votre plaisir). Le scénariste pose à travers eux des questions métatextuelles très intéressantes sur la continuité de DC et revient brillamment sur ses propres traces. Il nous remet en mémoire des souvenirs douloureux, tout parvenant à nous mettre le sourire aux lèvres. Et c’est très bien joué. La narration est renforcée par la partie artistique de Perkins aux dessins et Paul Mounts aux couleurs. Le dessinateur continue d’appuyer son ancrage (notamment sur les environnements), pour donner de sublimes reliefs d’ombres qui nous plongent dans l’atmosphère noire que Rucka cherche à développer. Et lorsque Perkins a la flemme d’illustrer ses arrières-plans, Mounts le seconde très bien avec des aplats de couleurs très efficaces. Ne restez donc pas sur le cliffhanger profondément gênant du #3 : Lois Lane continue de briller.

– Myplasticbus

LES VALEURS SÛRES

DCeased #5

Collection

Rebirth

Scénario

Tom Taylor

Dessins

Trevor Hairsine

 

La série s’améliore de numéro en numéro et celui-ci ne fait pas exception. L’auteur maîtrise parfaitement son univers en y intégrant petit à petit les personnages iconiques de l’univers DC, bons comme mauvais. Alors que l’espoir commence à naître avec l’alliance de tous les survivants et leurs efforts communs, Taylor fait tout pour apporter du suspense jusqu’aux dernières planches du récit. Et malgré la présence de très peu de zombies, le sentiment d’insécurité permanente n’a jamais été aussi présent. Le développement des personnage est toujours traité avec soin et se marie très bien à l’action décomplexée du titre. On retrouve également les dessins détaillés de Hairsine, toujours aussi plaisants et qui rendent ce monde plus que crédible.

DCeased est toujours aussi agréable à lire et l’attente autour du dernier numéro est forte car l’inconnu demeure quant à l’issue de ces événements.

Justafrogg

Legion of Super-Heroes Millenium #2

Collection

Rebirth

Scénario

Brian Michael Bendis

Dessins

Nicola Scott, Jim Cheung, Jeff Deal, Ryan Sook

Rose et Thorn continuent leur périple dans le futur. C’est l’occasion pour Bendis de parcourir de nouvelles époques, à commencer par le 25ème siècle, connu pour l’un des personnages les plus vaniteux de l’éditeur, Michael Jon Carter. Fidèle à lui-même, celui qui deviendra Booster Gold est la star de ce chapitre aux dialogues très plaisants. On retrouve ensuite OMAC et quelques autres personnages avant de finalement retrouver le 31ème siècle et sa Légion des Super-Héros. L’équipe, incluant John « Superboy » Kent, fête alors sa création. L’apparition est très brève et saura, au mieux, réconforter les fans. Mais comme pour le numéro précédent, les talents qui se succèdent aux dessins font en grande partie la qualité de ce comics. Chaque univers graphique évoque un nouvelle époque, sublimant les textes de Bendis.

Bien que ces deux numéros soient totalement dispensables et n’aient de rapport avec la Legion que le nom, ils n’en restent pas moins très plaisants à lire et à contempler. Ils font donc office de mise en bouche efficace avant l’arrivé du véritable titre Legion of Super-Heroes en novembre prochain.

– Justafrogg

The Green Lantern #12

Collection

Rebirth

Scénario

Grant Morrison

Dessins

Liam Sharp

 

C’est déjà le dernier numéro de la série. Une série qui n’a cessé d’offrir une qualité scénaristique et graphique tout au long de cette année. Evidemment celui-ci ne déroge pas à la règle. La galerie de personnages, déjà énorme, s’étoffe encore et ceux déjà présent seront transformés à jamais.

L’auteur nous assène une à une les dernières révélations qui nous manquaient pour comprendre la majorité de la série (pas tout… ça reste du Morrison). Tout s’assemble pour laisser place aux deux séries qui en prendront la suite : Blackstars en novembre prochain et la nouvelle saison de The Green Lantern en 2020.

Grant Morrison a écrit dans ces 12 numéros une intrigue policière dantesque, sans pour autant délaisser la mythologie cosmique du personnage. Et les compositions de Liam Sharp apportent un dynamisme très important au développement du récit, comme une cerise sur ce gâteau très consistant dont on ne peut s’empêcher de reprendre une part.

– Justafrogg

Batman #80

Collection

Rebirth

Scénario

Tom King

Dessins

John Romita Jr.

 

Ca y est, on y arrive doucement : Tom King arrive dans la dernière ligne droite de son arc City of Bane, et par conséquent, la fin de son run. Accompagné sur ce numéro par John Romita Jr., le scénariste passe ainsi la quatrième en recentrant l’action sur Gotham occupée après deux numéros plus introspectifs. Votre jugement de ce numéro sera sans doute lié à votre appréciation de Tom King et de ce run sur Batman. Si vous appréciez ses dialogues et son efficacité narrative, vous serez sans doute de nouveau séduits. Le scénariste continue de revenir sur des éléments phares de son run à travers des allusions plus ou moins subtiles, qui fonctionnent un peu comme des bonbons balancés à un gamin pour une bonne réponse. C’est à la fois un tantinet pénible et pourtant toujours aussi appréciable pour qui a suivi assidûment ce run. Si par contre, vous êtes fatigués par l’auteur, par ses gimmicks, par sa capacité à prendre son temps pour développer son histoire, vous pouvez passer votre chemin. A titre personnel, faisant partie de la première catégorie, je serais plutôt du genre ravi… mais peut-être est-il effectivement temps pour King de laisser bientôt la main sur le flagship de la chauve-souris. Sur la partie artistique, Romita Jr offre un travail plutôt propre, surtout lorsqu’on connaît ses standards actuels. Il est loin d’être à son meilleur, mais offre quelques jolies constructions, et des visages pas si difformes. Ici, c’est surtout Tomeu Morey qui mérite les éloges, venant magnifier les dessins corrects de l’artiste avec brio par ses couleurs. En clair, un numéro efficace, porté par de belles couleurs et quelques moments poignants, notamment un cliffhanger qui laisse…. !

– Myplasticbus

Superman : Up in the sky #4

Collection

Rebirth

Scénario

Tom King

Dessins

Andy Kubert

 

Depuis le début de cette série, Tom King s’amuse avec Superman. C’est comme s’il savait que c’était son unique possibilité d’utiliser le personnage, alors il expose en une seule histoire toutes celles qu’il rêve de raconter. Comme s’il devait en quelques numéros à peine dire tout ce que Superman peut signifier pour lui. Et comme souvent chez Tom King, cela passe par de l’hommage à de grands moments de l’histoire du héros ou des comics. Sur le premier segment c’est le moment de rendre hommage à la fameuse course Flash/Superman, pour savoir qui est le plus rapide des deux. Mais sur le fond, au-delà de ce que montrent les images, il y a tout un discours sur l’homme d’acier comme objet de foi et d’espérance. Malheureusement, même si le fond est intéressant, le discours est longuet. Le scénariste accumule les répliques sur une page, allant parfois jusqu’à plus de 10 captions et la lecture est poussive. Dans le deuxième segment, plus ramassé, il divise une fois de plus le héros en deux, pour discourir sur son humanité et son identité héroïco-kryptonienne. Là encore, ce segment sert principalement à l’auteur de faire un essai personnel sur sa conception du personnage. Cela donne une certaine saveur personnelle à l’ouvrage, qui reste néanmoins anecdotique si vous n’êtes pas fan de Tom KingKubert de son côté livre un travail correct sur les deux segments, avec quelques jolies splash-pages. Mais on est loin de son meilleur travail. Bref, c’est plaisant, intéressant, mais ce n’est pas le run qui révolutionnera l’univers de Superman.

– Myplasticbus

The Brèves and the Blue

 

Batman Teenage Mutant Ninja Turtles III #6 (James Tynion IV, Freddie E. Williams II) : Le crossover généreux par excellence, très second degré, mais avec une histoire qui se laisse suivre, et une partie graphique remplie de petits détails. Mention spéciale du “Hey, at least I survived being a Robin.” de Dick à Jason.

Deathstroke #48 (Christopher Priest, Carlo Pagulayan et Fernando Pasarin) : Bientôt la fin d’un des plus grand run de Rebirth. Slade refait son apparition dans le monde des vivants et boit des bierrasses, Jericho se prend des coups de pressions de la part de Luthor, et tout ce petit monde se dirige vers ce qui devrait être un acte final à l’image du run. 

The Dreaming #14 (Simon Spurrier, Matias Bergara) : Si la partie scénaristique n’est parfois pas des plus extraordinaires, c’est ici la partie graphique qui brille. Comment représenter visuellement un rêve ? La question est vaste, et chacun pourra y apporter sa réponse. Cependant, force est de constater que Bergara délivre une bonne prestation que ce soit dans l’inventivité des décors ou du design des personnages. 

Harley Quinn #66 (Sam Humphries, Sami Basri) : Here we go again… Exactement comme le numéro sur le cancer il y a près d’un an. D’un côté, on essaye de développer un propos sur le deuil avec les adieux entre Harley et sa mère qui fonctionnent pas trop mal, d’un autre côté, on entoure çà avec des armures de valkyries, afin de se battre dans l’espace avec des épées enflammées qui tirent des boules de feu sur des entités cosmiques. 

Justice League #33 (Scott Snyder et James Tynion IV, Bruno Redondo et Daniel Sampere):
Le Public : Franchement, Batman : Beyond, en ce moment, c’est pas terrible, il faudrait rendre le tout vraiment plus épique.
Scott Snyder : Hold my beer !
Sinon, comme d’habitude avec le titre, si vous arrivez à dépasser les délires habituels de l’auteur comme cet Ultra Monitor tout de droit sorti de Big Hero 6, vous devriez potentiellement pouvoir profiter d’une aventure somme toute assez divertissante. Au moins, il se passe maintenant quelque chose sur le titre, contrairement à 2016. 

Young Justice #9 (Brian Michael Bendis, Andre Lima Araujo et John Timms) : Visuellement, et en terme de découpage, c’est plutôt joli et dynamique, mais scénaristiquement, ça ne vole pas très très haut, notamment en ce qui concerne l’origine des Teen Lanterns ici présentée. Cette origine story aurait peut être mieux valu d’être dépeinte plus tard, celle-ci rompant abruptement avec l’action et l’aventure dans laquelle le numéro précédent avait embarqué le lecteur. Avec Young Justice, on sent bien que Bendis a beaucoup de choses à raconter, mais malheureusement, devant ce trop plein d’idées, on sent que l’auteur peine à les organiser de manière fluide.