Introduction

1. Présentation / Contexte

2. Thème principal

3. Le Joker et Batman Returns

4. Batman après Elfman

3. Le Joker et Batman Returns

Thèmes mineurs

Pour le reste de son travail sur Batman, le compositeur a encore cherché dans ses souvenirs pour bâtir toutes les ambiances adéquates. Par exemple, on peut clairement reconnaître la chanson « Beautiful Dreamer » de Stephen Foster dans le titre du même nom du score (1:30). Il utilisera finalement une création de Prince pour le « Love Theme », en arrangeant « Scandalous ». Même la musique de la petite publicité du Joker reprend dans les grandes lignes « Holiday Strings » et la réplique improvisée et marmonnée de Jack Nicholson « Hot Time In the Old Town Tonight » vient en fait d’une chanson.

Danser avec la Diable

Pour la célèbre « Waltz of Death » du Clown Prince du Crime, rien n’est aussi évident. Le but était de créer une valse rappelant les musiques de cirque, dans l’orchestration et certaines envolées, et le style romantique à l’instar de Tchaikovski. Une œuvre qui s’en rapprocherait serait alors la valse de La Belle au Bois Dormant du compositeur russe. On extrapole peut-être un peu plus, mais la Mascarade de Khatchatourian partage la même émotion que celle d’Elfman, mais à partir de là, chaque valse pourrait sembler familière.

Batman Returns, le ballet russe

Quelques années plus tard, et avec de l’expérience acquise en chemin, Danny a pu revenir sur le Chevalier Noir avec l’OST de Batman Returns, signant un véritable opéra mélancolique que je trouve personnellement bien supérieur au premier volet (en tant que film et en tant que soundtrack). Plus de leitmotiv, plus de variations et plus personnel, cette seconde OST ressemble plus à du Elfman qu’à du Herrmann, avec des influences moins visibles, mais pas tout le temps. Outre le thème du Pingouin inspiré de Vertigo comme nous l’avons vu plus haut, on pense au compositeur Carl Orff, dont il s’inspire dans l’utilisation des chœurs (ce qui deviendra son propre gimmick). Là encore, pour cette féerie avec une teinte de tristesse, Elfman s’est inspiré de Tchaikovski et son Casse-Noisettes (La « Danse de La Fée Dragée » en l’occurrence), histoire de faire quelque chose qui fasse un peu plus Noël, en ajoutant du célesta (0:45), instrument qu’il a popularisé et qui est une sorte de piano mais qui frappe des lames métalliques, donnant ce son clair et fantaisiste. D’ailleurs cadeau complètement hors-sujet, Casse-Noisettes a aussi inspiré la musique de Stargate.

La dernière partie de « The Rise and Fall From Grace (part 2) » reprend le très célèbre « Andante Con Moto » de l’opéra 100 de Schubert pour y juxtaposer le thème du Pingouin (3:23). Et on repart sur de la musique russe avec Penderecki (qui a aussi fait des musiques plus accessibles dirons-nous, je vous assure) dans la dissonance des cordes grinçantes du morceau « Selina Transforms ».