Introduction

1. Présentation / Contexte

2. Thème principal

3. Le Joker et Batman Returns

4. Batman après Elfman

1. Présentation / Contexte

De la pop à la musique de film

Danny Elfman a en effet commencé sa carrière musicale professionnelle avec un groupe new wave qui sent bon les 80s malgré sa création au début des années 70, Oingo Boingo. Avant cela, il était parti à Paris pour jouer dans une compagnie théâtrale avec son frère, créateur du groupe susnommé par ailleurs. Le futur compositeur avait donc déjà été formé à la musique, en autodidacte certes, et passait son temps au cinéma à écouter les œuvres de ses idoles comme Nino Rota et Bernard Herrman (on y reviendra). Son frère Richard quitta Oingo Boingo pour devenir réalisateur, le cinéma étant une passion pour les deux, et c’est pour lui que Danny composera sa première bande originale.

Les choses sérieuses commencent en 1985, lorsque Tim Burton et Paul Reubens lui demandèrent d’écrire la musique de Pee-Wee’s Big Adventure, à son grand étonnement. Burton était tout aussi inconnu que lui, mais il avait entendu son groupe jouer et s’est dit que Danny Elfman pourrait composer l’OST de Pee-Wee. Avec l’aide de son guitariste et arrangeur Steve Bartek, il envoya un morceau enregistré sur quelques scènes du film et a été pris, même s’il a fallu de son propre aveu que son manager le pousse à l’accepter et vaincre sa peur, lançant ainsi sa carrière et une longue collaboration avec un réalisateur qui semble lui coller à la peau. D’après ses mots, ils ont tous les deux grandi en regardant les films d’horreur des années 60 et 70, Tim adorait Vincent Price et lui Peter Lorre, et cela les a défini, s’amusant à se décrire comme des génies aux âmes torturées et tous les deux incompris, et ça se ressent dans leurs travaux. C’est une véritable cohésion des esprits entre ces deux artistes, et le site Philarmonie de Paris avait eu le mot juste en appelant Danny Elfman l’alter « écho » musical de Tim Burton, même s’il a su se faire un nom en dehors de ses films par la suite.

La proposition

Les deux se retrouveront pour Beetlejuice, véritable lancement de leur carrière et qui a permis d’éviter quelques erreurs (comme écrire la musique juste avec le script) à Danny Elfman pour ce qui allait suivre : Batman. C’est ce qu’il considère encore aujourd’hui comme la composition la plus difficile de sa vie, personne ne voulait de lui excepté Tim Burton, qui n’avait pas assez de poids pour l’imposer. Même s’il s’agissait de sa dixième soundtrack, il n’avait jamais travaillé sur un gros film ou sur quelque chose d’aussi sombre et sérieux, ni sur de l’action. Il était un compositeur de comédie, et malgré le peu de confiance qu’avait le studio, Warner Bros. proposa qu’il collabore avec Prince sur l’OST entière car le producteur Jon Peters voulait quelque chose de pop avec Michael Jackson, Prince ou George Michael. Cela aurait dénaturé son travail et malgré le respect qu’il avait pour l’artiste, Danny a refusé cette offre.

Un mois de regrets plus tard, on le rappela pour qu’il puisse présenter sa démo devant Burton et Peters. Ne savant comment organiser une présentation, Danny avait emmené tous ses enregistrements pleines d’idées folles, ce qui n’était pas très convaincant jusqu’à ce que le réalisateur lui demanda de jouer la marche, en l’occurrence ce qui deviendra le thème principal. Jon Peters semblait enchanté, se levant de sa chaise, annonçant que le film aurait deux soundtracks, celle d’Elfman et celle de Prince, car ce qu’il venait d’entendre était vraiment bien. Et il avait raison puisque sa musique aura marqué les esprits et remportera un Grammy Award. Pour la petite anecdote, il écrivit de nombreux passages de son œuvre sur les toilettes, celle d’un avion plus précisément, où il se cachait pour marmonner les notes qu’il écrivait. Légendaire.