Le film Joker sort le 9 Octobre. Tout le monde retient son souffle. Le succès s’annonce terrible. Un film inspiré d’un comics capable de rafler les prix. Un film reconnu pleinement comme oeuvre cinématographique. Tout allait pour le mieux. Une semaine avant sa sortie, plusieurs passionnés et auteurs de comics se sont retournés contre Todd Phlipps.

Qu’il s’agisse de cette interview pour The Wrap ou d’autres interventions, Todd Philipps ne cesse de défendre son film. Et ce, malgré diverses accusations. Depuis quelques temps, l’utilisation du Joker, associée à la violence du film, réanimait le souvenir de la tuerie d’Aurora suite à la sortie du film The Dark Knight Rises de Christopher Nolan. Plus proche des comics, ce nouveau débat marque une différence entre un film de comics et un vrai film.

Culture de masse et culture populaire : la différence entre comics et adaptation

C’est la tendance d’une génération. Les films de super-héros sont les produits nouveaux d’une culture populaire datée. Les plus anciens ont enfilé leurs premiers collants dans les années 30, d’autres se sont démarqués au milieu des années 60. Ces personnages dépoussiérés plaisent énormément. Entre succès phénomènes (Avengers, Spider-man) et tentatives ratées (X-men Dark Phoenix, Hellboy), ces films plaisent.

Mais ces films s’adressent à un large public. Cette culture « geek », « pop », vient se fondre dans celle de la culture de masse. A chacun sa définition de la culture populaire. Mais une différence est à faire. La culture populaire est une culture capable de toucher chacun d’entre nous. C’est une culture qui s’éloigne de la culture savante, mais capable d’être appréciée par une personne, peu importe son appartenance sociale. La culture de masse est une culture acquise sans effort, par la diffusion généralisée. Qu’on le veuille ou non, nous le savons.

Parlez aujourd’hui de Iron Man à votre voisine ou voisin, et vous finirez sur un canapé à vous refaire les films en question. Les films, oui. Les comics, pas sûr. Le média peut écarter une culture de masse et une culture populaire. Si je vous parle de cette différence entre comics et adaptations, c’est que Todd Phillips s’est emmêlé les pinceaux.

Le fond de l’affaire

Alors que les « fuck you » se multiplient sur les réseaux sociaux, la communauté comics s’échauffe. Mais pour quel motif ? Todd Phillips discréditerait les comics et aurait utilisé  le média pour financer son projet. Contradiction, quand tu nous tiens.

Il présente son film comme oeuvre indépendante du média d’origine. Le ton était de toute évidence donné depuis la naissance du projet. Joker n’est pas un film de super-héros. Joker est un film. Le personnage que nous connaissons ne sert que de support. Il est une consistance ajoutée qui se mêle au film, et donne du sens à une esthétique particulière. Le comics se mêle à la création originale. C’est une réinvention. Le principe même des changements d’équipes créatives dans les comics. Le film Joker est la rencontre entre un film et un comics : The King of Comedy et The Killing Joke.

Todd Phillips dit qu’il s’agit d’un vrai film. Sans doute parce que les films de super-héros ne sont rien de plus aujourd’hui que des épisodes d’une série à gros budget. Allez-vous chercher une scène post-crédit durant votre séance ? Allez vous chercher une référence à la boite mère ? Vous attendez-vous à rire ou vous plaindre d’un humour foireux ? Todd Phillips a des intentions artistiques, des exigences différentes de celles d’un blockbuster. Et des exigences qui l’ont amené à décrocher le lion d’Or du meilleur film au festival de Venise.

Cependant, la véritable incohérence dans cette histoire est que ces propos sont tenus par le réalisateur de la trilogie Very Bad Trip. Et Joker est le premier projet à sortir du lot au sein de sa filmographie. Que ces débats stériles ne vous empêchent pas de profiter d’un film bien différent de tout ce que propose le cinéma Hollywoodien.

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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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Tommy
Tommy

Sujet intéressant, mais l’article m’interroge, Watchie.
Tu ne fais nulle part une distinction claire entre « culture de masse » et « culture populaire ». Tu les opposes sans les définir. Dans quel sens prendre « populaire » ? Au sens de « populeux » (pour les pauvres) ou de « peuple » (donc un concept assez proche de « masse »). Dans le second cas, la culture de masse serait populaire. L’autre problème vient du fait que le cinéma est de fait une culture de masse au sens de ceux qui l’ont défini (Adorno et Horckheimer), c’est-à-dire une culture du produit dont le support est reproductible et surtout qui est un produit d’industrie.
Là le problème, toujours le même, est que les comics sont perçus comme étant enfantins ou, du moins, bêtes. Et qu’un film de super-héros ne peut être un « vrai » film. Ce qui pose problème dans l’histoire du cinéma depuis les Superman avec Reeves jusqu’aux trois oscars de Black Panther en passant par des films comme 300, Watchmen, Kick-Ass ou toute autre adaptation de comics qui ne sont pas en 72 épisodes. Cela manque à la réflexion de cet article, de même que la définition d’un « vrai film ». Qu’est-ce ? Un stand-alone ? Un film dramatique ? La Mostra avait fait scandale en donnant le lion d’or à « Roma » l’an dernier, car ce ne serait pas un vrai film, mais un « film Netflix qui-détruit-le-cinéma-car-c’est-la-Bête ».

Quant à dire que le cinéma ne peut se présenter sous forme de série, c’est méconnaître le cinéma. Il serait intéressant, peut-être, de rappeler que Louis Feuillade avec les Vampires, Fantomas et autre Judex proposait dans les années 1910 des films qui se suivaient, formant une « série », et bien entendu avant la télévision. Le tout étant adapté du feuilleton dans le journal, qui peut très bien être à la fin un vrai livre (Eugène Sue, Aristide Bruant et même Emile Zola).

Bref, reste aussi le problème de l’adaptation, dont tu parles mais sans creuser le sujet. Todd Philips a tout à fait le droit de simplement s’inspirer du comics sans le respecter après. Le fait de le dire est tout à son honneur. De même que 2001 n’est pas une adaptation fidèle du bouquin, de même pour le Lolita de Kubrick, Blade Runner, etc. Pour le meilleur et pour le pire, parfois.
Mais le conflit est essentiellement entre celui qui fait une adaptation très libre et ceux qui veulent voir le matériau d’origine bouger à l’écran. Le problème n’est pas le « vrai » cinéma.

The Bat
The Bat

Pareil que les deux bubulles qui ont commenté. Les mots et les concepts ne sont pas définis (ou mal définis) et il n’y a pas de direction claire dans l’humeur. On ne comprend pas la position prise ou s’il y a une ouverture au débat. Du coup le tout est assez flou. Comme Phillips, tu t’es emmêlé les pinceaux et tu finis par ne rien expliquer, notamment dans le paragraphe « CULTURE DE MASSE ET CULTURE POPULAIRE : LA DIFFÉRENCE ENTRE COMICS ET ADAPTATION ». Le sujet n’est pas inintéressant, au contraire, mais l’exécution n’est pas claire.

Ludovic448
Ludovic448

J’espère que toute cette nouvelle agitation autour du film ne va pas plomber ce dernier. Seulement parce que c’est la mode de dénigrer DC au cinéma… je croise les doigts pour que ça soit un tournant dans le genre (comme le Batman de Burton à l’époque), afin de diversifier l’offre des films inspirés de comics ….