Introduction

I – Columbine, a true american story

II – DC Comics in Crisis

III – Bully : Marvel’s Schorlarship Edition

IV – Le grand tabou

V – Vers l’avenir

III – Bully : Marvel’s Schorlarship Edition

School Shooting : Homecoming

De son côté, Marvel va également traiter du sujet, mais il faudra ici aussi attendre quelques années. Dans la galerie de séries de l’éditeur, deux d’entre elles tombent sous le sens pour parler de ces massacres : Spider-Man, Peter Parker ayant été victime de harcèlement, et étant devenu professeur, et X-Men, mettant en scène une école de super-mutants.

En juillet 2001 sort le numéro #31 de Amazing Spider-Man, série écrite par Straczynski, et commencée en janvier 1999. Peter arrête ici des gosses en train d’en harceler un autre. Les petites brutes s’en vont, ne voulant pas avoir des problèmes avec un professeur, mais alors qu’il pensait recevoir des remerciements, la victime lui reproche d’être intervenu, lui expliquant que le lendemain, ils seront encor pire avec lui. Le lendemain, un homme encapuchonné et armé débarque en plein milieu de l’école, alors que notre héros donne un cours de physique/chimie. Il balance quelques grenades fumigènes, et ouvre le feu. L’homme araignée enfile son masque, le neutralise, et se rend compte que le tireur n’est qu’un gosse. Ce dernier se met à pleurer, expliquant qu’il n’en pouvait plus de se faire humilier. Surprenamment, il ne s’agit pas du même élève que la veille, montrant que ce problème de harcèlement n’est certainement pas un cas isolé.

Morrison quant à lui, traitera du problème, mais l’adaptera à la sauce X-Men. En 2001, l’auteur débarque sur la série New X-Men. Sans entrer dans les détails pour ne pas vous gâcher la découverte, un groupe d’étudiants enragés de voir la discrimination et les mauvais traitements que subissent leurs pairs, va décider de se venger après avoir appris le meurtre d’une star mutante. Pour ce faire, ils vont prendre la direction de leur école afin de faire entendre leurs idées, et bien entendu, tous ceux qui se mettront en travers de leur route en payeront le prix.

Et ensuite ? Pas grand-chose que ce soit chez Marvel et DC, le néant. Comme si le problème n’était plus d’actualité, et cela pendant des années… En recontextualisant, il est facile de deviner que les événements du 11 septembre 2001, y sont en partie pour quelque chose, ayant volé la vedette, et étant devenu le principal sujet de discussion. Par ailleurs, les événements du World Trade Center, commence eux aussi à dater, et le problème de tuerie scolaire revient en force, sans grande réaction.

Champions #24 : National Education strikes back

Depuis des années, les tueries dans les écoles continuent, les éditeurs évitent le sujet, et personne n’en parle chez les Big Two, alors que le sujet est plus que jamais d’actualité. Et puis chez Marvel, Jim Zub, auteur sur le titre Champions, centré sur une équipe de super-héros adolescents s’étant émancipés des Avengers, pousse un coup de gueule.

« Plus tôt cette année, j’ai commencé à parler à Tom Brevoort, rédacteur en chef de Marvel, à propos de la rédaction d’un numéro de Champions sur les conséquences de la violence armée dans les écoles. Marvel s’est toujours efforcé de présenter « le monde derrière notre fenêtre » et c’était un sujet trop vaste. Centrée sur Miles Morales, l’histoire parle d’une tragédie et du traumatisme qui découle de la violence insensée, et des personnes qui s’unissent pour s’entraider afin de se construire un avenir meilleur, au cœur de chaque histoire de Champions. Je suis incroyablement fier du travail de chacun sur ce sujet et je suis reconnaissant d’avoir eu la chance de raconter cette histoire. »

Voilà ce que disait l’auteur en 2018. Ce numéro, Marvel va le laisser l’écrire. Ainsi, Champions #24 sort en septembre 2018 avec sur sa couverture, les visages de dizaines d’élèves, et la phrase « You never think it will happen to you ! ».

Si l’éditeur a accepté, c’est aussi en partie parce que Zub connait le sujet, étant lui-même professeur. Ainsi, celui-ci confiera à Newsrama :

« Je n’enseigne pas au lycée, j’enseigne à la fac, je travaille donc avec des adolescents et de jeunes adultes à la fin de leur adolescence et au début de la vingtaine. Mais c’est toujours une expérience très précieuse de dialoguer avec les étudiants et de me rappeler mes vulnérabilités et mes craintes concernant l’avenir, ainsi que les choses que je pensais être importantes à cet âge, et la façon dont j’ai construit ces choses en grandissant.

Je suis constamment en contact avec de vraies personnes qui sont à ce point de transition dans leur vie, réfléchissant profondément à ce qu’elles veulent être et quelles sont leurs priorités, et me souvenant de ces moments clés de ma propre vie et les canalisant comme je peux dans les histoires.

Je veux que ces personnages se sentent comme de vrais adolescents. Ils font des erreurs comme de vrais adolescents, ils font des choix difficiles comme de vrais adolescents. »

Et ce numéro, je vous laisse le soin d’aller le lire, mais jusqu’à présent il est sans doute le numéro qui parlera le plus à des adolescents s’étant retrouvés dans cette situation. Le pari est donc bien réussi, surtout lorsqu’on écoute les retours de la critique et du public.