Introduction

I – Columbine, a true american story

II – DC Comics in Crisis

III – Bully : Marvel’s Schorlarship Edition

IV – Le grand tabou

V – Vers l’avenir

II – DC Comics in Crisis

Warren Ellis v Paul Levitz : Dawn of Publication

La tuerie de Columbine a trouvé une résonance particulière et un écho auprès de divers artistes, et les auteurs de comics ne font pas exception. La tragédie force d’ailleurs les éditeurs à opérer quelques changements de dernières minutes pour éviter toutes polémiques. Glenn Fabry devra par exemple peindre en quelques heures une nouvelle couverture pour Preacher #52,  l’originale, représentant le père de Tulip tendant un paquet en forme d’arme à sa fille de 8 ans, le tout devant un arbre de Noël, ayant été jugé trop limite.

Mais l’affaire la plus importante dans le monde de l’édition, est sans doute l’affaire Shoot, par Warren Ellis.

Cela fait maintenant quatre ans que Jenkins opère sur le titre Hellblazer du label Vertigo. DC comics cherche donc un successeur, et voit en Warren Ellis un choix parfait. Le britannique écrit un premier arc de six chapitres, puis arrive le numéro #141, consacré aux tueries dans les écoles. Si les événements de Columbine n’ont pas encor eu lieux, et que l’Amérique n’est donc pas touchée par le phénomène, l’Europe ne peut pas en dire autant. En moins de dix années, quatre massacres ont eu lieux, le dernier étant survenu il y a trois ans, en Ecosse, et ayant fait 19 morts.

Sans spoiler l’histoire, qui sera sans doute plus impactante sans en dévoiler la fin, Ellis développe un propos sur la dépression dont souffrent beaucoup d’adolescents, la période du lycée étant souvent difficile. Qui plus est, il y explique qu’il n’y a pas de solution miracle ou facile pour endiguer l’épidémie de massacre d’écoliers,  et que oui, ces phénomènes risquent de se multiplier. Il a malheureusement raison. Eric et Dylan vrillent en avril 1999, et en décembre de la même année, un incident similaire touche les Pays-Bas.

La coïncidence fait que le planning prévoit que le numéro sorte deux semaines après la tuerie perpétrée aux USA. Paul Levitz, éditeur chez DC, refuse tout simplement que le numéro paraisse. Ellis, quant à lui, veut que l’histoire soit publiée, et le traitement médiatique affligeant de l’affaire le conforte dans son choix. Karen Berger, alors à la tête de Vertigo, se range du côté de l’auteur. Cependant, Levitz n’en démord pas. Les semaines passent, les débats continuent, la presse est de plus en plus à l’ouest, jusqu’à ce que Levitz propose de publier une version de l’histoire totalement aseptisée et politiquement correcte. Le britannique s’énerve encor plus, lui explique que si il souhaite faire ça, il refuse d’y être associé, et de la publier en effaçant son nom de la couverture. Qui plus est, il démissionne du titre Hellblazer, et se contentera chez Vertigo de terminer Transmetropolitan.

L’histoire finira par leaker en aout 2000, soit plus d’un an après l’affaire, et connaissant un peu la personnalité de Berger et d’Ellis, il n’est pas improbable qu’ils y soient pour quelque chose. Loin de moi l’idée de les accuser de l’avoir fait carrément eux-mêmes… Sans éléments de preuve, vous êtes innocents. Il faudra attendre 2010 pour voir le numéro publié, dans l’anthologie Vertigo Resurrected #1, regroupant les fonds de tiroirs du label.

tueries dans les écoles

Hard Time (Pas le porno)

En 2004 est créé le label DC Focus, label tellement populaire qu’il disparaître l’année suivante. L’idée est de mettre en scène des personnages ayant effectivement des super pouvoirs, mais ne s’en servant pas pour combattre le crime. Pas de costume, pas de super vilains à affronter, des individus vivant une vie normale, mais avec un petit plus.

Steve Gerber, créateur de Howard The Duck, et Mary Skrenes, se retrouvent après avoir travaillé sur Omega the Unknow des années auparavant. Pour cette nouvelle série, DC leur laisse carte blanche, mais vraiment carte blanche. Ainsi, les deux auteurs décident de bosser sur une problématique actuelle, celle qui fait l’objet de ce dossier, et créent Hard Time, une série en 12 numéros.

Cela fait deux ans que Travis Danes et l’équipe de football du lycée harcèlent Ethan Harrow, 15 ans, et son ami Brandon Snood. Petit à petit, Travis devient de plus en plus tyrannique, et finit par tenter  de violer Inez, une fille de leur classe. Heureusement, Brandon l’arrête en déclenchant l’alarme incendie, le capitaine se fait dénoncer, mais étant important pour gagner la saison et devant un certain manque de preuve, il n’est viré qu’une semaine.

Les dérives continuent, jusqu’à ce que Ethan et Brandon craquent, et réalisent une « fausse » fusillade dans leur école pour terroriser les brutes et leur faire réaliser ce qui aurait pu se passer à force de pousser les gens à bout. Mais ce qui était supposé être une blague/leçon vire au drame, lorsque qu’il s’avère que Brandon, qui était censé mettre des balles à blanc, les a remplacées par de vraies balles, et commence à abattre certains de ses tortionnaires.

Ethan, qui lui, n’a jamais ouvert le feu, réalise que son ami est en train de tuer des gens, et fait une crise de panique, provoquant l’apparition chez lui de pouvoirs. A la manière d’un Superman, il perfore la poitrine de Brandon avec ses nouveaux yeux lasers. Arrêté par la police, il est jugé comme un adulte, et envoyé dans une prison pour majeur, dans laquelle il va devoir survivre. Et là vous vous dites « Ah quand même ! », mais sachez que dès le numéro #2, les néonazis débarquent…

La série, en plus de traiter du problème de harcèlement scolaire et des tueries, frappe aussi sur divers problèmes, notamment celui du traitement de la délinquance juvénile, des prisons, et du traitement médiatique en général.

tueries dans les écoles