Introduction

I – Columbine, a true american story

II – DC Comics in Crisis

III – Bully : Marvel’s Schorlarship Edition

IV – Le grand tabou

V – Vers l’avenir

I- Columbine, a True american story

20 avril 1999. Columbine, Colorado, USA. Eric Harris et Dylan Klebold, deux lycéens entrent dans leur école, fusils en mains, tuent douze élèves et un professeur, et mettent fin au massacre en retournant les armes contre eux. Cette affaire, connue comme la tuerie de Columbine, mettra le feu à l’Amérique, et poussera le pays à se poser pas mal de questions, et en premier lieu : Comment ces adolescents en sont arrivés là, et qui est responsable ?

Dylan et Eric, mineurs, se sont procurées les armes par le biais d’une de leurs amies, Robyn, avec laquelle Dylan est d’ailleurs allé au bal de promo s’étant déroulé quelques jours avant que les choses tournent mal. Elle ne pensait pas qu’ils les utiliseraient pour tirer sur leurs camarades, et elle verra d’ailleurs par la suite toutes les charges retenues contre elle écartées, étant allée spontanément voir les policiers pour leur expliquer tout ce dont elle se souvenait.

En dehors des armes feux, les deux ados ont construit des bombes artisanales qui heureusement, n’ont pas fonctionné comme prévu. Si elles s’étaient déclenchées, selon les spécialistes, une centaine de personne auraient également perdu la vie.

Des pistolets automatiques ont également été achetés par les tireurs. Le vendeur sera condamné pour n’avoir pris aucune précaution, n’ayant pas vérifié les noms des acheteurs, et n’ayant pas non plus enregistré les achats.

Certes, avoir fourni des armes à feux à des gosses est mal, mais il ne reste qu’un individu ayant contribué à l’accomplissement des meurtres, et non la source du problème. Il est indirectement et partiellement responsable. Or, l’Amérique veut un coupable, et comme d’habitude, dans la plus pure tradition de ce qui continue de se faire aujourd’hui, vous devez déjà vous douter de la manière dont tout va tourner.

« Ils détestaient les jocks (ndt : les athlètes connards et arrogants clichés), admiraient les nazis et méprisaient la normalité. Ils se croyaient des adeptes de la sous-culture gothique, même s’ils étaient ravis de la violence dénoncée par une grande partie de ce monde fantastique. Ils étaient des suprématistes blancs, mais aimaient la musique de groupes de rock antiracistes. » – The Washington Poste, 22 avril 1999

Si la tuerie correspondait en effet à la date d’anniversaire d’Hitler, et qu’Eric revendiquait dans son journal une certaine affinité avec le régime nazi, la « sélection naturelle » commise par la suite n’était basée sur aucun critère de race ou d’ethnie, à moins que l’on puisse considérer les abrutis qu’il est possible de trouver dans tous les lycées du monde comme une race à part.

Eric Harris à gauche, Dylan Klebold à droite

Seul problème pour les médias, Hitler est mort depuis maintenant un bon nombre d’années, tout a déjà été dit, et le blâmer ne leur permettra pas d’assurer les audiences pendant très longtemps, d’autant qu’en dépit de l’émoi général, parler d’un retour des jeunesses hitlériennes n’est pas assez crédible sans d’autres éléments. Cependant, il reste une source intarissable de critiques, la culture des « d’jeuns », surtout lorsqu’elle divise les générations, et que les plus vieux, en plus de ne pas la comprendre, la voit déjà d’un mauvais œil.

 Il faut savoir que les adolescents avaient l’habitude de jouer à Doom, jeu de tir à la première personne, et écouter des musiques « blasphématoires ». Ainsi le groupe KMFDM ainsi que Marilyn Manson seront accusés d’être en partie responsable des événements. Pour le cas de Doom, il est vrai qu’Eric en parlait dans son journal, mais le jeu-vidéo ne saurait encor une fois être la source de la tuerie. Néanmoins, il faudra aux journalistes des mois pour le reconnaître, enfin, pour ceux qui le reconnaîtront. Quant à la musique, chacun des artistes se défendra comme il peut dans un marasme intellectuel consternant pouvant être résumé par :

– KMFDM… Vous êtes un groupe allemand non ? Et qui était aussi allemand ? Hitler !

– Monsieur, tous les allemands ne sont pas nazis.

– Oui oui, je connais cette théorie…

Et si vous croyez que je blague, la phrase officielle que le groupe se retrouve à répéter sur tous les plateaux à cette époque est :

« Les KMFDM sont une forme d’art, pas un parti politique. Depuis le début, notre musique est une déclaration contre la guerre, l’oppression, le fascisme et la violence contre autrui. Bien que certains des anciens membres du groupe soient allemands, comme le rapportent les médias, aucun d’entre nous ne tolère les croyances nazies. »

Une photo de promo forte en foreshadowing

En 2002, dans le documentaire Bowling for Columbine, Manson aura l’occasion de revenir sur le drame, et pointera du doigt le véritable problème, dans un dialogue avec le réalisateur du film, Michael Moore.

– Monsieur Manson, si vous deviez parler directement aux enfants de Columbine et aux membres de la communauté, que leur diriez-vous s’ils étaient ici maintenant?
– Je ne leur dirais pas un mot … J’écouterais ce qu’ils ont à dire, et c’est ce que personne n’a fait.

Plus qu’être simplement mis à l’écart des soirées par les autres élèves, ces deux jeunes étaient continuellement harcelés. Le harcèlement dans les écoles, tout le monde l’a vu en action, certains l’ont même subi ou ont été les bourreaux, mais ici, les choses vont bien plus loin que de simples moqueries. Non, nous sommes à un niveau assez inégalé, qui va du déversage de ketchup sur Eric et Dylan, les obligeant à rester tachés jusqu’à la fin de la journée, ne pouvant pas rentrer chez eux facilement, à un jet de tasse contenant des matières fécales…

Des petits cons jettent de la merde sur d’autres élèves, et les surveillants ou les autres élèves n’ont pas tiré la sonnette d’alarme ? Il est impossible que personne ne l’ait vu, et surtout ne l’ait su. Vous le savez aussi bien que moi, au lycée, tout se sait. Ce n’est pas que personne n’ait voulu écouter ces gosses le problème. C’est pire que cela. Le problème, c’est que personne n’ait voulu les écouter, et agir en conséquence. Entrer dans cette école et flinguer leur camarade a été leur ultime cri à la gueule du monde, un cri que personne ne pourrait cette fois-ci ignorer.

Contrairement à Dylan Klebold, étant un gosse dépressif, et pour cause, avec ce qu’il se prenait dans la gueule tous les jours, Eric Harris était un véritable psychopathe selon les médecins s’étant penchés sur son cas. Pourtant, même lui était assez lucide pour savoir qui il était venu viser. Il n’a jamais été question de tuer tout le monde. Les bombes étaient placées dans la cafétéria, lieu où il se faisait harceler à la vue de tous, lui et son ami, sans contestation de la part des autres élèves, qui étaient eux aussi complices, en laissant tout cela continuer. A contrario, Brooks Brown, un de leurs anciens camarades de classe est volontairement épargné juste avant le début du massacre. Alors qu’il grillait une clope à la sortie de l’école, il voit Harris débarquer. Il lui reproche de ne pas être venu en cours durant la matinée, et s’inquiète de sa situation, voulant tout de même le voir réussir ses études. Harris lui lance alors un :

« Ça n’a plus d’importance… Brooks, je t’aime bien. Maintenant va t’en, rentre chez toi ! »

Il le laisse là, perplexe, et s’éloigne. Brown ne comprend pas, mais quelque chose dans la voix d’Eric le pousse à s’éloigner sans vraiment réaliser ce qu’il va se passer. Quelques minutes après, les premiers coups de feu retentissent.