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Introduction

1. Uslan et le commencement

2. L’arrivée de Burton

3. Le casting

4. Le tournage

5. La promo

6. Conclusion

4. Le tournage

Ce sont les studios de Pinewood à Londres qui furent choisi pour abriter le tournage de Batman. Ce studio fut choisi pour plusieurs raisons. Déjà, pour une question de budget. Le film ne devait pas être fauché, mais le studio souhaitait tout de même limiter les dépenses et il semblerait que l’Angleterre offrait des tarifs avantageux. Cela n’empêcha pas le film d’être la production la plus coûteuse jamais faite à l’époque.

Qui plus est, les studios de Warner en Californie n’avaient pas assez de place pour le film. L’équipe savait qu’il leur faudrait de larges espaces pour pouvoir construire des décors et le studios de Pinewood offrait cette opportunité. De plus, Burton avait admis que c’était une bonne façon d’échapper à toutes les questions de gros sous qui se jouaient en Californie, ainsi qu’aux attentes que cristallisait le film aux États-Unis. En plus, cela permettait à Keaton d’être loin de la polémique que son casting avait provoqué.

La conception des décors fut confié à Anton Furst. Tous les décors que l’on peut voir dans le film existent en dur. Celui-ci avait déjà travaillé sur le Full Metal Jacket de Kubrick et c’est donc à lui que l’on doit cette Gotham au style très art-déco.

Ce tournage fut très difficile pour bien des raisons. Déjà il faut voir que niveau température Londres et Los Angeles sont assez éloignées l’une de l’autre. De plus, quasiment la majorité du tournage se déroulait de nuit, ce qui fit que la production ne vit pas la lumière du jour pendant des semaines. Le rythme de tournage était assez éreintant, tournant cinq ou six jours par semaine. Burton expliquait d’ailleurs qu’il n’a plus jamais voulu tourner à un tel rythme trouvant cela plus contre-productif qu’autre chose.

histoire de prod batman 89
© Warner Bros.

Le costume

Histoire de prod #1 : Batman 13
© Warner Bros.

Bien entendu il faut parler du plus important chez Batman, son costume. On connait tous ce costume qui est devenu iconique. Le costume a été conçu par Bob Ringwood un costume designer anglais, qui a travaillé sur Excalibur, Dune, Alien 3.

Le costume en lui même a été inspiré par la silhouette du Batman de Neal Adams. Il s’agissait d’ailleurs du tout premier costume à utiliser de la peinture noire autour des yeux de Batman, ce qui aura été utilisé pour tous les Batman suivants. Le costume arbore une musculature plus que prononcée. D’ailleurs le costume était extrêmement plaqué près du corps, ce qui fit que Keaton, même s’il se prépara physiquement avant le film, n’avait pas le droit de prendre trop de poids.

Les bottes de Batman sont aussi un aspect plutôt… intéressant du costume. En fait Jon Peters est venu voir Graham Churchyard, un assistant costumier et lui a dit « Warner a ce truc avec Nike, est-ce que vous pouvez utiliser un de leur jogging ? ». Churchyard a demandé à Ringwood, qui lui a répondu qu’un jogging des années 80 ne s’accorderait pas vraiment avec le style années 40 du film. Et c’est là qu’ils se sont dit « pourquoi pas s’occuper des bat-boots ? ». Ils ont donc crée les bottes, basées sur une de leur paire de baskets. Ce qui enchanta Keaton et ses doublures, car elles étaient extrêmement confortables. Cependant il apparaît que Burton était beaucoup moins enchanté par cet apport. Et peut-on vraiment l’en blâmer ?

histoire de prod batman 89
© Warner Bros.

Mais la raison pour laquelle ce costume est si connu c’est à cause de son masque. En effet, celui-ci était fixé d’une telle façon que Keaton ne pouvait absolument pas bouger la tête. Il expliquait d’ailleurs qu’ils s’en étaient tous rendu compte durant le premier jour de tournage dans le costume, qui arriva alors que le tournage principal était déjà bien entamé. Keaton devait réagir à ce qu’une autre personne lui disait et lorsqu’il tourna la tête, tout le côté du masque s’arracha. C’est à ce moment-là qu’ils décidèrent que le personnage adopterait ces mouvements très statique, telle une statue.

Keaton était (et l’est sans doute toujours) très claustrophobe et son masque ne faisait rien pour l’aider. Cependant c’est grâce à cette sensation de claustrophobie qu’il dit avoir trouvé la bonne façon de jouer Batman.

Les tensions

histoire de prod batman 89
© Warner Bros.

Pour l’instant, tout ce papier laisse penser que la production de Batman a été un vrai conte de fée. Mais la réalité est bien loin de cela. Derrière les sourires de façade du making of, il y avait la réalité et elle était bien peu reluisante, le cœur du problème résidant en la présence de Peter Guber et de Jon Peters. En effet les deux producteurs étaient constamment présents sur le tournage.

Il est assez compréhensible que la présence constante de producteur sur ses plateaux doit être assez lourde pour tout cinéaste. Mais Tim Burton et Jon Peters n’étaient jamais réellement d’accord sur le ton global du film. Peters voulait que le film soit moins sombre, que Batman soit plus héroïque, ce qui était tout l’inverse de Burton. Le film subit de nombreuses réécritures même en plein tournage, la plupart de ces réécritures venant des producteurs. Quand on ajoute à tout ça que Burton a été malade pendant une bonne partie du tournage, on imagine combien cela a dû être compliqué.

Déjà, il faut souligner que dans le script de base Alexander Knox devait mourir de la main du Joker. Cependant son destin fut changé et ce ne fut pas la seule chose pour ce dernier acte. En effet, Jon Peters avait été voir la pièce Le Fantôme de l’Opéra et dans cette pièce le grand climax du film se déroulait au sommet d’une tour. Peters voulait donc que la fin de Batman se déroule elle aussi au sommet d’une tour et fit donc réécrire le script.

C’est comme ça que la scène où Batman poursuit le Joker qui a kidnappé Vicki Vale dans la cathédrale a vu le jour. Ce changement entraîna une grande frustration chez Burton qui se retrouvait à diriger une scène dont il n’avait aucune idée de l’exécution. D’ailleurs il expliquait quelque temps après la sortie du film : “Nous tournions la scène du clocher et Jack traîne Kim le long des escaliers et il me dit « Pourquoi je monte ces marches ? Où est ce que je vais ? » Tout ce que je pus dire fut  » Je ne sais pas, on en parlera une fois que tu seras en haut »  » D’ailleurs Burton, expliquait qu’il n’avait plus aucune idée de ce que la fin devait être à la base.

D’ailleurs on pourrait parler aussi d’un fait qui revient très souvent, la supposée mort de Vicki Vale. Beaucoup s’accordent pour dire que la journaliste était supposée mourir à la fin du film, mais que le personnage aurait été sauvé par Jon Peters. Cependant, une chose est certaine, le personnage ne mourait pas dans le script original de Hamm. Toutefois, comme dit plus tôt, le script est passé par d’innombrables phases de réécritures. Qui plus est, le journaliste et écrivain Tom Shone, dans son livre Blockbuster: How Hollywood Learned to Stop Worrying and Love the Summer, indique qu’effectivement à un moment le Joker devait la tuer et que cela lançait Batman dans une rage folle.

L’énième coup que Burton subit  lors de la production fut lié à la bo du film. En fait on expliqua à Burton qu’il fallait que son film comprenne de la musique pop. Selon lui, c’était nécessaire pour pouvoir promouvoir ce film qui coûtait tellement cher. Suivant les conseils de Jack Nicholson, Burton demanda à Prince, qu’il aimait beaucoup, de participer.

En effet c’était déjà deux hits du chanteur qui étaient utilisés (1999Baby, I’m a Star) lors de deux séquences dans un des premiers cuts du film. Le chanteur fut visiblement très inspiré et il ne se contenta donc pas d’une ou deux chansons, mais d’un album complet. Burton confiera trois ans plus tard, lors d’une interview pour Rolling Stones, qu’il s’est senti piégé dans cette collaboration forcée. Et qu’il ne voulait plus jamais être mis dans une situation semblable, que cela avait entaché une chose qu’il aurait jamais voulu tacher.

Et c’est sans doute pour toute ces raisons que Burton a dit pendant des années, avant d’adoucir son discours plus récemment, qu’il n’aimait pas son premier film Batman, le jugeant ennuyeux et manquant de personnalité, considérant quasiment le film comme une commande. Ce n’est pas pour rien que Batman Returns est si différent sur énormément de points comparé à son prédécesseur. Cependant, ça c’est une histoire pour une autre fois.

Claygan

Claygan

Amoureux de la culture sous à peu près toute ses formes. Grand fan de Green Arrow (et de crêpes), je suis tombé dans cet univers infernal que sont les comics il y a de cela maintenant plusieurs années, cela sans doute un peu grâce aux films. Vous pourrez me retrouver pour parler (ou râler) de DC en long, en large et en travers, dans les podcasts, ou dans mes articles.