Les films, qu’ils soient des échecs industriels ou des chefs-d’œuvres ont quasiment systématiquement des productions passionnantes. Réalisateur tyrannique, studio qui s’immisce dans la production, producteurs collants, caprices d’acteurs. Il y a des centaines d’exemples différents et les films de super-héros n’échappent pas à la règle.

Ça tombe bien, car aujourd’hui nous fêtons les 30 ans de la sortie française du Batman 89. Ce premier numéro d’histoire de prod’ va donc s’intéresser à l’histoire de ce film qui a marqué toute une époque. Car Batman est un précurseur de beaucoup de choses dans notre Hollywood moderne.

Uslan et le commencement

Commençons par le commencement. Batman 89 ne serait jamais sorti sans la ténacité de Michael Uslan. Nous sommes au début des années 70. Le jeune homme dans sa vingtaine, alors qu’il était à l’Indiana University de Bloomington tenta une chose qui n’avait jamais été faite auparavant. Le département art et science de cette université proposait à qui le souhaitait d’enseigner la matière de leur choix, tant que le projet était jugé convaincant par un groupe de professeurs et de doyens. Uslan proposa donc un cours sur les comics. Le doyen de l’époque vint donc le voir en lui disant, en gros : « C’est toi qui veux lancer un cours sur les comics ? Bon t’es gentil, les comics c’est rigolo, mais c’est quand même de la merde. Tu ne me feras pas croire que les comics sont de la vraie littérature ou même de la mythologie moderne. » Ce à quoi Uslan répondit : « Vous connaissez l’histoire de Moise ? » Le doyen lui répondit par l’affirmative en la décrivant. Uslan lui demanda alors, s’il connaissait l’histoire de Superman. Il lui répondit aussi par l’affirmative et vit où le jeune homme voulait en venir. Uslan fut donc la première personne à créer un cours sur les comics dans une fac américaine.

C’était bien entendu une première et l’on peut dire que cela aura été précurseur. Aujourd’hui il existe énormément de cours dans les facs américaines qui se centrent sur la culture populaire. Ceci fit donc événement à l’époque et amena deux personnes à passer un coup de fil à Uslan. La première, qui n’est pas vraiment pertinente pour ce papier, mais c’est plutôt cool, donc on fera fi, fut Stan Lee. The Man vint féliciter le jeune homme, heureux de voir son médium enfin être reconnu. la deuxième personne, était Sol Harrison, le vice président de DC Comics. Celui-ci proposa au jeune homme de travailler avec eux et c’est à ce moment-là que Uslan fit part de son rêve. Produire l’adaptation filmique ultime de Batman. Un film dark, tel que « Bob Kane et compagnie » (je cite, à l’époque Bill Finger était nommé « et compagnie ». D’ailleurs c’est absolument effroyable de voir la façon dont son nom n’est même pas prononcé une seule fois durant les making off) l’avait créé.

Durant les années qui suivirent, Uslan finit la fac de droit et rejoignit United Artists, une société de distribution et de production créée en 1919 par non moins que : Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith. Avec cette nouvelle expérience, Uslan se tourna de nouveau vers Sol Harrison, en lui disant que maintenant il voulait acquérir les droits cinématographiques de Batman. Harrison n’était pas enchanté par cette idée. Il avait peur que le jeune homme se casse les dents, arguant qu’aujourd’hui plus personne n’était intéressé par Batman, car la série de 66 avait tué le héros. Mais Uslan ne lâcha pas l’affaire objectant qu’un film Batman sombre serait quasiment une nouvelle forme de divertissement. C’est grâce à son travail à United Artists qu’il rencontra son futur partenaire, Benjamin Melniker.

En effet, à l’époque Uslan côtoyait le fils de Melniker à son travail. Celui-ci fit part à son père du désir de Uslan de rencontrer le producteur, ce qu’il accepta. Uslan fit donc part de ses idées concernant Batman, et le producteur a dit banco. Le duo passa donc 6 mois à essayer d’acquérir les droits et ce fut enfin le cas le 3 octobre 1979. On ne connait pas les détails de ce deal. Cependant, on sait que la licence était loin d’être donnée, malgré son statut de licence morte. Le paiement devait arriver dans les 6 mois suivants, puis tous les ans jusqu’au moment où un film entrera en production.

Recherche d’un studio

La pression sur les épaules de Michael Uslan était forte. Cependant, Uslan s’attendait à ce que tous les studios lui ouvrent grand leurs portes, car le potentiel de sequel, d’animation et de produits dérivés était gigantesque. Toutefois, lui et Melniker virent leur pitch d’un Batman sombre être refusé par tous les studios. Plus qu’un refus, ils leurs firent comprendre que c’était la pire idée qu’ils avaient jamais entendue. Qui plus est, alors qu’il est courant à Hollywood de s’attacher la présence d’une star pour réussir à vendre le film plus facilement aux studios, il était impossible pour eux de le faire. La série était encore bien trop ancrée dans les esprits des gens et il était quasiment certain qu’aucun acteur n’accepterait de se voir rattacher au projet, sans réalisateur, ni scénariste. Un studio finit par accepter de faire le film, mais seulement s’il était dans le même esprit que la série de 66. Billy Batson nous en parlait ici. Uslan rejeta cette proposition. Ce refus fut un peu un crève-cœur pour le duo, mais Uslan n’était pas prêt à dire au-revoir à sa vision.

Par la suite Melniker mentionna la société Casa Blanca Records. La société appelée alors The Kings of Disco était dirigée par deux personnes, dont un certain Peter Guber. Ce dernier avait rencontré Melniker quelques années auparavant et Melniker avait l’intuition que Guber pourrait accepter leur projet. Là où l’implication d’un studio de musique pourrait sembler étrange, il s’avère qu’à l’époque il y avait des rumeurs faisant part d’un investissement d’une société européenne pour que Casa Blanca Records ouvre une division filmique.

Après un coup de fil à Guber, celui-ci demanda au duo de venir le rencontrer en personne. Quelques jours plus tard ils parvinrent donc à un agrément et le deal était signé. A l’origine Casa Blanca était supposé travailler avec Universal Pictures, puis Orion, puis 20th Century Fox, avant d’enfin arriver chez la Warner, avec la présence du producteur Jon Peters. Jon Peters, ancien coiffeur devenu producteur influent à Hollywood, même s’il est devenu le rebut d’Hollywood aujourd’hui. Comment me demandez-vous ? Eh bien il s’agit du american dream, bien entendu (si american dream signifie sortir avec Barbara Streisand). Mais nous reviendrons sur ce… personnage.

Tom Mankiewicz écrivit un script, sur lequel Warner se basa pendant des années, en le réécrivant de multiples fois. Plusieurs acteurs, réalisateurs se succédèrent. Ivan Reitman, Bill Murray, Eddie Murphy, Joe Dante, encore une fois je vous dirige vers le dossier de Billy Batson qui vous parle très bien de tout ça.

 

Uslan et le commencement

L’arrivée de Burton

Le casting

Le tournage

La promo

Conclusion

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https://www.youtube.com/watch?v=BVsdNVke2ds
https://www.youtube.com/watch?v=VqnWXaewN_8
https://www.youtube.com/watch?v=HpzSOHrJi6Q
https://www.youtube.com/watch?v=XN5AgJzqoHA
https://www.youtube.com/watch?v=eHTXEwOCGVE
https://www.youtube.com/watch?v=xmA_raKKRBY

C’est cool parce que j’ai maté les 6 parties du documentaire il y a pas longtemps mais je n’ai pas tout compris à cause de la langue, merci de m’avoir éclaircit pas mal de point :)

urbanvspanini10
urbanvspanini10

Très bon boulot ! C’est très plaisant à lire et très bien documenté. On en apprend des belles et de mures.
C’est d’ailleurs un sacré coup de pute pour le casting du Joker je trouve X)

Voilà une nouvelle chronique qui doit demander une quantité de travail énorme pour recueillir ces informations.
Sincèrement GG à toi Claygan ^^.

Par curiosité, j’imagine que pour ce genre de chroniques ça doit moins marcher pour les films récents vu que certaines informations concernant le tournage reste encore secret ?

Billy Batson
Billy Batson

Excellent dossier, Clay, tout à fait complet ! On aurait pu développer encore sur la partie du scénario et des changements, parfois assez radicaux entre les versions, mais c’est déjà très riche ! Merci pour cette lecture très agréable !