DC, Warner, la CW… Depuis des années, vous connaissez ces noms et appréciez ou non ce qui sort de leurs studios. Dans un monde idéal, l’objectif de ces sociétés serait avant tout artistique. Cependant, abrupte retour à la réalité, nous ne vivons pas à Oui-Oui land, et le but d’une société, selon la formule consacrée « pognon = fric, et fric = pognon », et de s’en mettre plein les poches. Pourtant, une question demeure : Qui dirige vraiment toutes ces entreprises, celles-ci, aussi imposantes qu’elles soient, n’étant que des filiales ?

Aujourd’hui, dans ce nouveau numéro de DCP Investigation, partons à la recherche du grand manitou, du marionnettiste, du boss du game. C’est parti !

Devenir actionnaire et riche pour les nuls

Avant même de mettre les mains dans le cambouis. Il reste nécessaire de définir certaines notions, sans pour autant partir dans un cours de droit. Alors essayons de rester simple.

Un actionnaire dans une entreprise, est un associé qui a la particularité d’être investisseur. À ce titre, il détient un part du capital de celle-ci. Cette part va donc lui conférer des pouvoirs/prérogatives. En plus de se voir distribuer des dividendes, une somme versée en fonction des bénéfices de l’entreprise, il obtient un certain pouvoir décisionnel durant les assemblées, et peut vendre ses parts, normalement quand bon lui semble.

Néanmoins, si on imagine lorsqu’on pense aux actionnaires, une bande d’individus assis dans un bureau, ce qui est vrai, une autre société peut détenir des parts dans une autre société. Ainsi, si une société détient plus de 50% du capital social d’une autre société, elle en devient la société mère. Rien n’empêche d’ailleurs ce schéma de se répéter, une société mère pouvant être une filiale, et ainsi de suite. Si la filiale est techniquement autonome et peut prendre ses propres décisions -le contraire serait en effet ingérable-, la société mère peut par contre lui imposer des objectifs, qu’elle se doit de tenir, enfin, en théorie.

Pallier 1 : DC Comics

DC Comics existe depuis juin 1934. Créée par Malcolm Wheeler-Nicholson, son siège social se situe à Burbank, en Californie. Comme vous le savez sans doute, son objet est l’édition de comics. Vous lui devez Batman, Superman, et les autres… Pour le moment, je ne vous apprends rien. Dan Didio et Jim Lee occupent tous les deux les postes de co-éditeurs, tandis que Bob Harras, quant à lui, occupe celui d’éditeur en chef.

Si DC Vertigo est une filiale de DC Comics, bientôt éteinte, que ce soit sur le plan entrepreneurial ou artistique,  certains imprints, à la base extérieurs à DC, ont notamment débuté sous la forme de filiales avant de disparaître. Wildstorm, créé en 1992 par Jim Lee était à l’origine une société. Rachetée en 1998 par l’éditeur, ce n’est aujourd’hui qu’un simple label.

Par ailleurs, DC Comics n’est pas à confondre avec DC Entertainment.

Photo d’une soirée classique chez Dan Didio

Pallier 2 : DC Entertainment

DC Entertainment, créée en 2009, est la société mère de DC Comics. Si DC Comics, comme son nom l’indique, est chargée de tout ce qui attrait à la bande dessinée, elle n’est pas la seule division de DC Entertainment. En effet, cette dernière en possède plusieurs :

Mad, s’occupant du célèbre magasine satirique américain existant depuis 1952, et retiré aujourd’hui des kiosques. On ne sait donc ce qu’il adviendra d’elle.
DC Films, formée en 2016, division chargée des adaptations cinématographiques des héros DC Entertainment, et dont le président est aujourd’hui Walter Hamada.

Passons maintenant au palier suivant : Warner Bros. Entertainment Inc.

Pallier 3 : Warner Bros. Entertainment Inc.

Warner Bros., la plus ancienne de toute, puisque fondée en 1923, est la société mère de DC Entertainment, et de bien d’autres filiales. Elle est dirigée depuis 2019 par Ann Sarnoff.

On retrouve premièrement parmi les filiales, toutes les sociétés liées de base à la Warner, telles que Warner Bros Picture. (chargée des films), Warner Home Video (chargée de la distribution des films), Warner Bros. Interactive Entertainment (chargée des jeux-vidéo), Warner Bros. Television (chargée des séries TV), et enfin Warner Bros. Animation et Warner Animation Group (Looney Toons etc… ).

Parmi les autres filiales, il est possible de trouver d’autres sociétés célèbres :

Cartoon Network et  Cartoon Network Studios (Le Laboratoire de Dexter par exemple), respectivement, chaine de télévision, et studio de création des programmes TV destinés à la dite chaine.

Adult Swim et William Street (Rick et Morty, Robot Chicken), suivant eux aussi le même schéma chaine/studio de production.

New Line Cinema, studio de production à qui l’on doit le Seigneur des Anneaux et le Hobbit.

Enfin, la CW constitue un cas très particulier, car elle est détenue à 50% par Warner Bros., et à 50% par CBS, célèbre société de télévision. En gros, les deux doivent forcément se mettre d’accord sur tout, ayant la même force décisionnelle.

Pallier 4 : WarnerMedia

Parce qu’au final, Warner Bros. n’est qu’une des nombreuses divisions de WarnerMedia, et WarnerMedia, c’est 33 milliards de recettes par an. Aux côtés de Warner Bros., on retrouve premièrement WarnerMedia Entertainment, et si ce nom ne vous dit rien, HBO, Cinemax, et TBS, vous parleront sans doute plus, et secondement, WarnerMedia News & Sports, en gros CNN, une des plus grosses sociétés d’information en continu américaine.

Pallier 5 : AT&T

Et là, c’est le boss final : AT&T. Le conglomérat auquel appartient WarnerMedia.
Ainsi, Warner Media se retrouve ici aux côté des propres filiales d’AT&T, soit AT&T Communications, et AT&T Latin America, ainsi que Xandr.

Et ce sont des sociétés de quoi au juste ? Beaucoup, beaucoup de choses.  Pour résumer :
– Télévision par satellite, numérique, câblée et payante
– Haut débit
– Téléphonie fixe et mobile
– Sécurité domestique, cyber sécurité, recherche et développement.
– Publicité

Mais qui dirige AT&T ? Outre des actionnaires anonymes, c’est Randall L. Stephenson qui en est le boss. Cet homme, vous n’en avez probablement jamais entendu parler, mais c’est lui le véritable chef de DC et Warner si on remonte tout en haut de la chaine. Né en 1960, il a monté les échelons d’AT&T en commençant par la téléphonie, et a progressivement contribué à construire cet immense conglomérat. Notez pour l’anecdote, qu’avant le rachat de WarnerMedia, il était aussi le 36ème président des Scouts d’Amérique.

Randall dans son petit costume de scout tout choupi

Voilà, Mesdames et Messieurs, qui dirige DC et Warner aujourd’hui. Bien que Warner ait plus ou moins réussi à centraliser une partie de ses activités au même endroit, la communication reste difficile entre les différentes sociétés. Si à l’évidence, cela ne saurait totalement justifier les marasmes décisionnels vus ces dernières années, le tout ayant quand même plus ou moins bien fonctionné un bon bout de temps, il est possible de constater qu’on assiste à une tentative d’articulation entre des services qui ne se comprennent pas.

Bien entendu, tout le monde travaille dans le divertissement, mais les objectifs ne sont pas toujours les mêmes. Plus on grimpe dans la structure, plus les desseins artistiques laissent la place à une volonté de rendement purement financière. Or, ceux qui connaissent le mieux le matériau de base sont en bas de l’échelle. DC et Warner ont du mal à communiquer et à se concilier, et il en résulte un produit souvent bancal qui déçoit majoritairement le public. Qu’ils aient apprécié ou non, les spectateurs ressortent des salles avec un goût amer en bouche, soit car ils n’ont pas aimé, soit parce qu’ils auraient du avoir plus/mieux.

Le pire étant, qu’il y a une volonté de bien faire des deux côtés de la barrière. Le service financier/marketing voudrait un produit calibré permettant un bon rendement, et les artistes/réalisateurs veulent tenter des choses. Les deux font au final ce qu’on leur demande,  et ce pourquoi ils sont engagés à la base, mais l’absence de personne pour véritablement trancher dans cette bordélique structure rend l’ensemble bien plus compliqué que prévu.

Rien qu’au sein de DC Comics, des désaccords surviennent, et il est parfois difficile de se coordonner, nous le voyons mois après mois.

Plus l’hydre entrepreneurial est important, plus les connections entre le bout des divisions tentaculaires et la tête ont du mal à se faire. 

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Milank
Milank

Sujet intéressant ! Je ne me doutais pas que DC était la filiale d’un tel conglomérat.

Greensmiile
Greensmiile

C’est pas faux.