On en parle bien assez peu, mais la JSA est une équipe de la plus grande importance pour l’univers DC. Avec le Off My Mind concernant les suites de Kingdom Come, la JSA semblait être quelque chose de nouveau, un pan inconnu de l’univers DC. Et ça peut se comprendre. La JSA a connu une publication très discrète en France, n’ayant marqué qu’une petite partie des lecteurs de comics de la fin des années 70, et ceux du magazine DC Universe entre 2008 et 2010.

L’univers DC a besoin de la JSA, non pour des raisons précises, mais pour ce qu’elle est : la face opposée de la JLA. Un univers DC sans la JSA, c’est comme Batman sans Superman, Darkseid sans Godfather, Plastic Man sans Woozie Winks. Pourquoi la JSA est-elle si essentielle à l’univers DC ? Voici quelques éléments de réponses à travers une rapide histoire de l’équipe à travers les âges composant l’histoire des comics.

La JSA et la JLA : fondations de l’univers DC

La JSA est grossièrement perçue comme « la première Justice League ». Une comparaison qui se comprend, puisque effectivement, la JSA va de paire avec la JLA. Ils sont les deux faces d’une même pièce. Dans les années 40, alors que National Comics commençait à sentir les effets de la concurrence, All American Publications sort son magazine anthologique All Star Comics. Le magazine se divise en plusieurs récits, comme à l’accoutumé. En 1940, avec le troisième numéro, la séparation des histoires se fluidifie, menant à la création d’une équipe de personnages jusqu’ici secondaires : la Justice Society of America.

Par la suite, All American Publications s’associe avec National Comics pour fonder DC Comics. L’association se fait, avant tout, pour palier à la chute des ventes de comics de super héros lors de l’après-guerre. Le rapport aux ventes va amener plusieurs difficultés pour l’équipe, mais des opportunités pour les personnages qui trouveront un rôle à jouer dans des séries solos.

Le parallèle entre les deux équipe se forme après la création de la Justice League en 1961. Dans les années 60, l’éditeur réfléchit à une corrélation entre ses titres, bien avant l’arrivée de Marvel. Julius Schwartz créé le multivers afin de donner du sens à l’existence de la JSA. En se faisant rencontrer, Julius Schwartz réglait un problème éditorial de taille, et créait le multivers.

De cette séparation entre Terre-1 et Terre-2, la JLA et la JSA devenaient deux équipes parallèles. La première répond à l’équipe moderne de super-héros populaires, l’autre à celle d’une forme de nostalgie, d’une ligue passée ayant vécu les guerres que les générations nouvelles n’ont pas connus. Les deux équipes se complètent à travers une notion d’héritage importante, dont l’équipe s’est imprégnée. Dans sa JSA, Geoff Johns le répète : la JSA n’est pas la Justice League. La JLA est une organisation proche du gouvernement, là où la JSA fonctionne bien plus comme une famille.

Une fois la JSA implantée dans ce qui est appelé Terre-2, DC joue énormément avec ce lien entre les deux terres, créant chaque été un crossover entre les titres Justice League of America et Justice Society of America. Vous pouvez retrouver quelques uns de ces récits dans l’album Crisis on Infinite Earths : Le Compagnon, publié par Urban Comics.

Une image de l’héritage à l’âge de Bronze

La Justice Society of America trouve sa série régulière en 1975. Néanmoins, celle-ci s’arrête subitement après deux années de publication. A la même période, le scénariste Roy Thomas déménage de chez Marvel pour écrire chez DC Comics. Sa motivation, faire revenir la JSA. Si la notion d’héritage se comprend par la rapport générationnel entre les deux équipes, Roy Thomas va amplifier cette idée. Il propose à l’éditeur une série Justice Society of America se situant lors de la seconde guerre mondiale. Un projet rappelant étrangement les Invaders de Marvel. L’éditeur refuse, et Roy Thomas lance All Star Squadron, une variante de la Justice Society of America avec une équipe bien plus vaste.

Suite à All Star Squadron, le thème de l’héritage va être la clé des travaux suivants. Young All Stars, puis Infinity Inc. mettent en scène la descendance de nos héros passés. Sorte de Kingdom Come avant l’heure, la morale en moins, cette trilogie marque un tournant dans l’avenir de la JSA, sans en porter l’étiquette.

Au même moment, Crisis on Infinite Earths va perturber la JSA. La destruction des univers parallèles va marquer une disparition de la JSA, pour un retour de la JLA. Il faudra attendre l’événement Armaggedon 2001 pour voir revenir la JSA. Une situation rappelant étrangement celle dans laquelle nous nous trouvons.

A croire que l’histoire de l’équipe n’est faite que de sursauts, car la JSA revient dans un premier temps dans un second volume au début des années 90 pour une dizaine de numéros. C’est en 1998 que la JSA marque un retour emblématique, sous la plume de David Goyer, James Robinson et Geoff Johns. Dans l’idée d’une modernisation, les scénaristes n’ont pas oublié de rester fidèle à l’esprit de l’équipe. Et c’est dans cette retranscription que la série se démarque de l’échec qu’a été leur retour initial.

De la JSA, Geoff Johns retournera écrire sur l’équipe après Infinite Crisis, avec Justice Society of America – pour The Kingdom Come, entre autres. Comme un retour à l’envoyeur, il laisse James Robinson reprendre Justice Society of America, avant les New 52 qui signent la fin de la JSA.

2011-2019 : le temps d’une disparition

Oui, la fin de la JSA. Car si les New 52 ont bien eu Earth 2 par James Robinson, était-ce bien la JSA ? Earth-2 est en réalité tout l’inverse de ce que peut être la JSA. Sombre, violent, ses personnages et son équipe n’est rien de plus qu’une version alternative de la Justice League. Une version alternative des origines livrées au même moment par Geoff Johns sur le titre Justice League. Earth-2 est peut-être un bon elseworld, mais n’a rien de la JSA sinon les noms d’Alan Scott et Jay Garrick. Depuis la fin de Earth 2 et sa suite Earth 2 : Society, des références à l’équipe et les promesses d’un retour illusoire.

Et aujourd’hui, on nous promet un retour incroyable de la JSA, sous la plume de Scott Snyder. Si le scénariste ne fait pas l’unanimité, de par son écriture pesante, encore faut-il saluer l’initiative. De plus, amener la JSA au travers du titre Justice League rappelle ces crossovers estivaux des années 70. Et simplement jouer sur l’attente d’une rencontre comme sait le faire Snyder pourrait être au moins satisfaisant.Un pilier chez DC est manquant, et il serait assez drôle qu’une fois de nouveau installé, l’éditeur trouve enfin une direction éditoriale stable, et à laquelle être fidèle.

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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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