Bendis continue son chemin sur le titre Superman. Cette fois c’est au tour du titre Action Comics d’arriver sur le devant de la scène. Loin des combats décérébrés et du vilain typés 90 du premier tome, Bendis développe ici une ambiance plus urbaine. Est-ce plus réussi que le premier tome qui nous avait moyennement convaincu ? C’est ce que l’on va voir.

Une ambiance urbaine qui fonctionne

La première chose qui saute aux yeux quand on lit ce deuxième tome est à quel point Bendis est bien plus à l’aise une fois sorti des récits beaucoup trop typés action. Ici le scénariste développe une ambiance beaucoup plus urbaine qu’il maîtrise bien mieux. Cette ambiance urbaine permet d’explorer les bas fonds de Metropolis. Un point intéressant car il s’agit d’un aspect de la ville que l’on a pas du tout l’habitude de voir et qui est la plupart du temps réservé à un personnage comme Batman. D’ailleurs cette remarque pourrait être faite aussi pour le ton global de ce tome. Mixer Superman à une ambiance urbaine ne va pas du tout de soi à première vue et c’est une même chose à laquelle peu de personnes iraient se risquer. Cependant, ici, Bendis arrive à habilement mélanger ces deux atmosphères.

Cela fonctionne déjà car graphiquement c’est un très bon boulot de la part des deux dessinateurs. Les ruelles sombres, les bars malfamés sont crédibles et aident à nous immerger dans cette ambiance. Tandis que les visages très expressifs donnent de la personnalité à tous ces nouveaux personnages. Cela fonctionne aussi car Bendis ramène avec lui tout l’aspect journalistique et donc le Daily Planet, que l’on avait un peu perdu l’habitude de voir ces dernières années. Ici il fait partie intégrante du récit, tout comme Clark Kent qui, contrairement au tome précédent, est au centre de l’intrigue, presque autant que Superman. On pourra peut-être reprocher que tout ce qui se rapporte à la mafia est un peu cliché. Les personnages sont loin d’être vraiment intéressants, se contentant de rentrer dans les carcans habituelles de mafieux.

Cependant ce n’est pas non plus rédhibitoire, on peut dire que ça fait le taff sans plus. Et pour terminer sur ce sujet, on a le nouvel adversaire principal de la série, de par sa nature même participe à l’ambiance. De par son aspect intangible et énigmatique il s’implémente parfaitement dans la série en créant une sorte de menace constante. Il peut frapper n’importe où, n’importe quand. Malheureusement, cet aspect énigmatique et intangible amène avec lui le problème que l’on ne connaît jamais ses réelles motivations.

Superman/Clark Kent très réussit…

Pour ce qui est de la caractérisation, il faut tout d’abord parler de ce qui fonctionne. Superman, et même Clark Kent, sont bien écrits. Superman rayonne de positivité, il est prévenant, bon, mais aussi impressionnant quand il le faut. Quant à son alter ego, Clark, il est tout aussi réussi. Bendis met une grosse emphase sur son aspect gauche et balourd qui rappelle énormément le personnage tel qu’incarné par le regretté Christopher Reeve. Il est d’ailleurs plus que probable que Bendis se soit directement inspiré de ce Superman pour écrire le sien, tant les ressemblances sont frappantes. Donc du côté du personnage principal tout va bien, il n’y a vraiment pas grand chose à redire. En pinaillant on pourrait dire que voir Superman aller relâcher sa frustration sur des astéroïdes, c’est un peu bizarre, mais en soi rien de trop grave. Non, là ou le bât blesse c’est du côté de Lois Lane.

…mais Lois Lane beaucoup moins

Le traitement de Lois fait partie des statu quo dont on sent que Bendis ne voulait pas s’encombrer et qu’il a donc décidé de changer du tout au tout. On se rappellera que Lois avait décidé de suivre Jon et son grand père dans l’espace, sauf qu’en fait pas vraiment. Il s’avère que la journaliste a très vite décidé de les quitter jugeant l’espace trop dangereux, pour revenir sur terre, mais en cachant ce fait à son mari. Deux choses posent problèmes ici. Déjà Lois qui décide d’abandonner son fils aux mains de son grand père génocidaire est difficilement concevable. A la limite si le personnage avait été écrit depuis le début comme une mère plutôt laxiste (pour ne pas dire une mauvaise mère), pourquoi pas. Mais ce n’a jamais été le cas. Même on se rappellera que Lois a littéralement combattu sur Apokolyps il y a quelques mois de cela, alors l’excuse du « c’était trop dangereux » est difficilement acceptable. Et quand on ajoute à ça le fait que le personnage décide de cacher son retour à Clark parce-qu’elle veut vivre toute seule et finir son livre, on obtient un personnage à des années lumières de ce que l’on avait l’habitude de voir chez Peter Tomasi.

Que Bendis veuille imposer ses idées et ses intrigues sans réellement prendre en compte ce qu’on fait ses prédécesseurs, soit. C’est dommage car il y avait encore énormément de chose que l’on pouvait développer autour du thème de la famille, mais s’il ne veut pas de ces éléments, soit. Cependant qu’il modifie totalement les personnages et leur caractérisation, là c’est non. D’ailleurs quand il fait dire à Lois que de toute manière ils n’ont jamais été une famille normale et qu’ils n’ont donc pas besoin de se conduire comme tel cela va totalement à l’encontre de tout ce que Tomasi avait développé. C’est réellement dommage, car on a la désagréable sensation d’avoir perdu quelque-chose que l’on voulait depuis longtemps et que l’on avait enfin obtenu.

En somme, Bendis nous livre ici un tome bon dans son ambiance et dans son approche plutôt fraîche de l’univers de Superman. De ce côté Bendis est dans son élément avec une intrigue des plus urbaines et rien que pour le fait qu’il ait réussi à faire fonctionner cette sorte d’intrigue avec le personnage de Superman cela mérite une certaine appréciation. Cependant, Bendis étant Bendis, il ne peut s’empêcher de tordre les personnages pour en faire ce qu’il veut. Et on ne peut qu’être un peu triste de voir que certaines choses que l’on aimait sous l’ère Tomasi ne reviendront sans doute plus. On restera malgré ça bien positifs sur ce tome qui est une très belle amélioration comparé aux deux précédents.

Bon / 10 Notre avis
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Les +
- Un Superman lumineux plus que réussit
- L'ambiance urbaine
- Partie graphique au top
- Didio entouré de tous les plus grands vilains chauves du DCU, du méta comme on l'aime
Les -
- La caractérisation de certains personnages (surtout Lois)
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The Bat
The Bat

Je ne suis qu’en partie d’accord avec cette review. Je suis surtout en désaccord avec la partie qui concerne Lois Lane. Dire que Bendis veut écarter Lois me semble complètement faux tant on voit à quel point elle est au coeur de ses projets. D’une part Event Leviathan où elle joue un rôle central, d’autre part la série Lois Lane qu’il a planifiée avec Rucka. Et justement, je trouve cela contradictoire avec ta review de Lois Lane #1 où tu disais que tu trouvais ça dommage de lier cette série à ce que fait Bendis. La série Lois Lane est aussi là pour expliquer le comportement de Lois après son retour sur Terre. Alors je conçois bien qu’avoir autant de séries avec ce fonctionnement peut déplaire, mais je trouve que l’on ne peut pas reprocher à ce tome de mettre de côté Lois, et de la rendre bizarre et de se plaindre en même temps quand la série qui vise entre autres à expliquer ce comportement tente d’expliquer ce comportement. Je trouve cela contradictoire.

Pareil pour Red Cloud. C’est une menace dont on ne connaît pas encore les motivations. Mais Bendis construit vraiment ce projet sur la durée. Ce n’est pas un point négatif, c’est un choix de l’auteur. On a les deux séries principales, Supergirl, Event Leviathan et maintenant Lois Lane et Jimmy Olsen qui font avancer un énorme récit global. Je trouve cela bien que Bendis prenne son temps et ne dévoile pas tous ses atouts dès le départ.

Pour le reste je trouve la review très juste :)