« En pleine nuit, un couple fermier sans enfant découvre un bébé dans une capsule spatiale qui s’est écrasée dans leur propriété. Le garçon grandit et développe des capacités surhumaines, et ses parents adoptifs ne peuvent le retenir quand il commence à s’en prendre à ceux qui l’ont tourmenté. »

En bref

Bon, comme annoncé il y a quelques temps, j’ai vu Brightburn, la réinvention non officielle de l’enfance du kryptonien le plus célèbre de la planète, et je m’en vais vous dire ce que j’en ai pensé. Autant vous l’annoncer tout de suite, le film alterne entre le très moyen, et le correct, sans être désagréable non plus. Est-ce que je vous encourage à aller voir le film au cinéma ? Disons que vos 10€ seront sans doute mieux employés à autre chose, ou du moins, si vous voulez vous organiser une sortie grand écran, à un autre film. Alors évidemment, 2019 n’est pour le moment pas la meilleure année pour l’horreur cinématographique, mais vous pourrez toujours aller voir le nouveau Chucky, même si Brad Dourif cède sa place à Mark Hamill – ce qui pose plus un problème de nostalgie que de talent-, et que le film est sympathique sans être dingue.

Attention, ce qui suit contient des spoilers

Smallville in Crisis

David Yarovesky à la réalisation fait le taff. Cependant, si le film s’en sort convenablement dans sa dimension science-fiction, il n’en va pas de même de son aspect horrifique. Le film est effectivement sanglant, et n’est pas dénué d’une certaine tension, mais les séquences censées effrayer ne fonctionnent pas vraiment, et cela pour plusieurs raisons. Premièrement, en raison de la construction du métrage, répétant le schéma « un individu s’en prend à Brandon, Brandon se venge », et cela jusqu’à la fin, provoquant plus chez le spectateur une interrogation sur la manière dont le gosse va massacrer ceux qui lui ont fait tour à tour du mal, qu’une véritable peur. Secondement, parce que hormis à la fin, avec les personnages de la mère et du père, les autres protagonistes ne sont pas assez développés pour en avoir quelque chose à faire d’eux. Il y a une tentative du côté de l’oncle,  mais au final, sa mort vous fera au maximum lever un sourcil. De ce fait, si dans les autres films d’épouvante, hormis l’ambiance en elle-même, la peur est en partie tirée de l’attachement aux héros et ce qui risque de leur arriver, ici, le tout ne peut que difficilement fonctionner. Alors, les personnages, parlons-en. La force du film est que tous ses acteurs sont bons, que ce soit Elizabeth Bank, David Benman, ou même Jackson A. Dunn qui interprète de manière crédible cet enfant aux pouvoirs incommensurables.

Malheureusement, si les performances sont difficilement critiquables, c’est plus dans certains dialogues et certaines situations que le film se perd, avec des réactions parfois même troublantes de ses personnages. La mère qui ne divulgue pas à son mari que Brandon est allé pendant une crise de « somnambulie » faire un tour du côté de la navette spatiale , la tante qui voit débarquer son neveu dans la nuit, et ne lui propose même pas de rentrer, le laissant à la porte, l’oncle qui le trouve caché dans son placard, mais n’appelle même pas ses parents. Certains protagonistes manquent malheureusement de développement, et alors que certaines scènes s’éternisent un peu trop inutilement, certaines auraient gagné à être plus développées. On remarque d’ailleurs que si le film dure 90 minutes, étant donc dans la norme de ce qui se fait en matière d’horreur niveau durée, une bonne vingtaine de minutes en plus, ou une meilleure gestion du temps auraient peut être été préférables. Cependant, le film offre quelques beaux moments, autour de la vie de famille du trio Breyer, assez crédibles. Les troubles émotionnels vécus par les parents face au changement de leur fils sont aussi correctement traités. Bonne idée également, le fait pour les parents d’avoir toujours été transparents concernant son adoption, bien qu’ils aient passé sous silence son origine.

21th Century kryptonian boy

Mais concernant la réinvention du mythe kryptonien, qu’est-ce que ça vaut ? De ce côté, le film s’en sort par ailleurs honorablement. Tout y est, la super force, les yeux lasers, la lévitation, la super vitesse, la cape rouge etc… L’idée de faire du garçon l’émissaire d’un autre monde dont la mission est de coloniser la planète rappellera les saiyan de Dragon Ball Z. Cependant, si utiliser la navette comme un émetteur permettant de formater progressivement l’esprit de Brandon, permet de justifier ce qui arrive ensuite, il est possible de se demander pourquoi le tout arrive si tard. Pourquoi le vaisseau se met-il à diffuser aussi violemment maintenant ? Cependant, malgré ce conditionnement, il est dommage de voir le kryptonien-qui-n’en-est-pas-un-parcequ’on-a-pas-les-droits devenir dès le début un sociopathe. Il manque dans ce récit d’un vrai élément déclencheur, permettant d’embrayer sur la partie massacre d’humain de manière aussi violente. Passer de l’abattage de trois poulets dans une grange, à la torture d’une femme à coups d’éclat de verre d’ampoule dans les yeux pour ensuite la tuer, le tout uniquement justifié par le fait qu’elle lui ait simplement mal parlé quand celui-ci a brisé le bras de sa fille est tout de même un peu trop gros. Alors oui, Brandon vient d’apprendre qu’il vient finalement d’un autre monde, mais ça ne justifie pas un changement aussi rapide. De ce fait, si dans la deuxième partie du film, l’évolution du personnage, au vue de la trahison de son père et de sa mère, est quant à elle cohérente, la première partie voit certaines de ses scènes s’enchainer un peu trop artificiellement.  Le générique de fin s’avère cependant assez divertissant, presque fun, tranchant avec le reste du film, et se permettant un caméo inattendu de Michael Rooker avec une coupe de cheveux improbable, juste pour la blague. Comme d’habitude, la Gunn family ramène tout le monde. Il ne manquait plus que la petite musique funky.

Bon, ne nous mentons pas, Brightburn n’est pas un film désagréable à regarder, assez divertissant par instant, mais reste très très moyen. Sorti de son aspect « reinvention du mythe kryptonien » qu’il gère honorablement, l’œuvre est un sous Chronicle, film auquel il ressemble sur bien des aspects.

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Para le pacifique Parademon
Para le pacifique Parademon

Je tiens à souligner la qualité des titres intermédiaires de cet article.

Madeath
Madeath

Vu aujourd’hui, j’ai trouvé que c’était un bon divertissement. Le film n’invente rien de nouveau et l’histoire est somme toute classique. Celle ci aurait peut être mérité un peu plus de développement et de complexité. Le contexte avait du potentiel mais ça reste sur la base. Cependant j’ai passé un très bon moment. Bon film sans prise de tête.

batmanreturns
batmanreturns

J’ai trouvé que le film passait totalement à côté de son sujet… Quelle bouse ! Pourtant, l’idée d’une relecture dark d’un superman annonçait un film intéressant!