Est-ce que Batman se tape Superman ? Est-ce que Flash est précoce ? Est-ce que sucer, c’est tromper ? Est-ce que saucer, c’est tromper ? Eh bien sachez qu’aucune réponse à ces questions ne sera apportée dans cette chronique, car premièrement, j’ai vu la version censurée, et pour une fois, je suis plutôt content qu’il en existe une. Et secondement, vous vivez avec votre conscience, pas avec la mienne, alors débrouillez vous tout seuls. Donc, pour en revenir au sujet, Justice League : A Gay XXX Parody, sortie en 2017, est une série de courts/moyens métrages à l’existence médiatique paradoxale, pas mal de monde en ayant entendu parler, mais dont les détails de productions restent pourtant un secret. Pas de fiche imdb, pas de vraie promotion malgré un certain budget, et peu d’articles à son sujets, même sur des sites gay. Et pourtant, la série existe. Alors sans plus attendre, penchons-nous sur cette nouvelle adaptation de DC au cinéma.

« Si c’est juste pour dépanner, ou si tu as dit no homo, c’est pas gay mec, je t’assure ! »

– conversation entendue par hasard

Avant même de parler du film en lui-même, il est nécessaire de réaliser que l’existence et la commercialisation d’un film gay, avec Batman ou non, n’a pas toujours été aisée. En effet, le cinéma porno gay a toujours eu une place particulière et a du, face aux mentalités hostiles, évoluer pendant très longtemps en marge, et dans l’ombre du cinéma porno dit classique. Si l’invention du cinéma date de la fin du 19ème siècle, il faudra véritablement attendre Le ménage moderne de Madame Butterfly en 1920 pour voir débarquer en Europe le premier métrage représentant de l’homosexualité à l’écran -soit douze années après le premier film pornographique-. Cependant, Madame Butterfly n’est certainement pas un film gay, bien au contraire, car s’il présente bien par moments des rapports entre deux hommes, ce n’est que pour les condamner, les dépeignant comme des déviants.  Eh oui, vous vous attendiez à quoi ? Si pendant la Grèce antique, organiser un maxi chat-bite entre mecs sous les arcades était plébiscité, nous sommes dans les années 20s, les mentalités sont bien différentes. S’il existe à cette époque des Lois anti sodomie, ou Sodomy Law, condamnant l’homosexualité, ce n’est pas pour laisser des films gays être vendus librement.

Vous l’aurez compris, l’ambiance est plus au cassage de pd qu’à l’ouverture d’esprit. À noter qu’en 2006, 92 pays considéraient toujours l’homosexualité comme une infraction pénale, et en 2019, 69 d’entre eux continuaient à la condamner pénalement. Bien entendu,  ne soyons pas candides, il est évident qu’un marché noir du film gay s’est développé en parallèle de l’apparition et de la démocratisation du cinéma. En 1929, sort aux USA, The Surprise of a Knight, premier film pornographique américain uniquement gay. Mais, car il y a un « mais », il semblerait qu’une nouvelle fois, le métrage ne soit pas en faveur de la communauté homosexuelle. Selon l’historien Thomas Waugh, l’un des deux protagonistes étant travesti, et le reste du film s’avérant grotesque, le tout conduit finalement plus à se payer la gueule des gay, en renforçant des stéréotypes, et en étant assez méprisant.

Les années 40s et 50s voient émerger sur le territoire de l’oncle Sam des sociétés dont l’objet est la commercialisation de photos suggestives, notamment par le biais de catalogues, comme le Physic Pictorial en 1951, et quelques films commencent à apparaître, mais peureusement, afin d’éviter les sanctions. Par chance, la démocratisation des caméras 16mm va définitivement permettre la création d’un  marché, très restreint et caché, à la fois professionnel et amateur. Mais c’est véritablement en 1962 que les choses vont bouger. Mais alors que se passe-t-il en 1962 ? L’arrêt Manual Enterprises, Inc. v. Day. Trois ans auparavant, en 1959, Herman Lynn Womack fait publier dans un magazine non explicitement gay, même si tout le monde sait qu’il l’est, un peu comme Justin Trudeau, des photos d’hommes nus. Néanmoins, s’inspirant des meilleures méthodes de 39-45, des voisins partent dénoncer ces publications à la police locale, qui considère, devant l’obscénité et la déviance avérée des photos, que ces dernières ne doivent pas être autorisées à être envoyées par la poste. Mais Womack ne compte pas s’arrêter là, et porte l’affaire devant la Cour suprême des USA, en invoquant l’article 1 de la Constitution, qui prévoit l’interdiction pour le Congrès des États-Unis d’adopter des lois limitant la liberté de religion et d’expression, et notamment la liberté de la presse. De ce fait, la Cour tranche en faveur de l’éditeur, et déclare que les photographies d’hommes nus ne sont pas obscènes, mais qui plus est, que les magazines pornographiques masculins, en particulier ceux destinés aux hommes gay, sont autorisés à être envoyés par courrier. La révolution est en marche, révolution qui se concrétisera pleinement dans les années 60s et 70s. Celles-ci voient se former toute une imagerie propre à la culture gay, avec par exemple, l’émergence de la sous-culture SM lancée par des artistes tels que Touko Valio Laaksonen aka Tom of Finland. Législativement, un certain nombre d’évolution sont survenues, mais restent très insuffisantes. Les mentalités sont quant à elles loin de changer.

Le système juridique reste majoritairement homophobe, et cela, dans tous les USA. Si aujourd’hui, il est évident que certains états sont en retard niveau ouverture d’esprit, on ne va pas se mentir, le Texas, c’est quand même parfois compliqué, à cette époque, même à New York, la discrimination est présente. Parmi les exemples les plus marquants, il est interdit de servir des boissons alcoolisées aux homosexuels, mais aussi, pour deux hommes, de danser ensemble. Mais bon, ça, ça reste logique, vu que comme tout le monde le sait, l’homosexualité se transmet par le toucher, interdire la danse s’avère nécessaire. La police fait des descentes dans des bars gay, fiche les gens, etc… Autant dire que si vous êtes homosexuels, vous êtes mal, mais si en plus vous êtes noirs, vous cherchez clairement la merde. Le ton commence à monter dès le début des années 60s avec un arrêté du maire Robert F. Wagner Jr., qui, voyant l’exposition universelle de 1964 arriver à grand pas, veut redorer l’image de la ville et se débarrasser de tous les bars gay. La délation est encouragée. La police habillée en civil tend des pièges, et les avocats refusent de prendre ce genre d’affaires, par conviction personnelle, ou craignant tout simplement pour leur réputation. En 1965, John Lidsay prend la tête de la mairie de la ville, et… c’est encor pire, surtout lorsque celui-ci se fait dézinguer aux primaires de son parti, et promet de durcir sa politique afin de retrouver la confiance de ses pairs. Pourtant, la crise ne survient que quatre ans plus tard, le 28 juin 1969, dans ce qui sera appelé Les émeutes de Stonewall.

Pour résumer l’affaire, le Stonewall Inn est un bar gay tenu par la mafia, voulant capitaliser sur ces clients particuliers qui s’y retrouvent en masse, bien content qu’un lieu les accueille, leur serve de l’alcool, et leur permette de bénéficier d’une certaine protection. En effet, le patron est prévenu des descentes à coups de pots-de-vin, et se débrouille pour rendre folles les forces de police. Sauf que, ce 28 juin 1969, des policiers en civil entrent dans le bar, révèlent leur identité, et là, c’est le drame.  Eh oui, parce si cette opération a pu être tenue secrète, c’est grâce au très petit nombre d’agents envoyés, trop petit même, et ça, à huit contre un bar entier, ils vont vite s’en rendre compte. Finalement, ce sont eux qui finissent par se réfugier dans le bar, prenant un chanteur folk en otage, pendant que la foule tente de les enfermer définitivement à l’intérieur, avant d’essayer de mettre le feu à l’établissement. Au fil des heures, le reste du NYPD débarque en renfort, le reste de la communauté LGBT ayant entendu parler de l’incident aussi, et le tout finit en un match de 2000 membres de la communauté LGBT face à 400 policiers, et même les forces anti-émeute n’arrivent à rien, étant en sous effectif. Après plusieurs nuits de confrontations, la quarantaine qui avait été mise en place autour du quartier est levée. Une fois l’émeute passée, la police et le maire de New York se font beaucoup plus frileux au niveau des arrestations et du harcèlement envers la communauté LGBT. Un an jour pour jour après l’incident, le 28 juin 1970, une manifestation est organisée sur les lieux pour se remémorer l’événement, cette manifestation sera nommée Gay Pride. Un nouvelle vague de revendication  pour les droits LGBT sera ainsi lancée et perdurera. Maintenant, vous savez d’où ça vient.

En 1971, Boys and the Sand est le premier véritable long métrage pornographique projeté au cinéma, incluant une introduction et des crédits, et devient un succès critique et commercial, étant même analysé par Variety. Le premier long métrage pornographique hétéro du même type n’arrivera que l’année suivante. Le film marque les débuts d’une prolifération du cinéma pornographique gay, et d’un marché qui ne fera qu’augmenter, causant à partir des années 80s, un certain nombre de questions éthiques, comme le fait qu’un grand nombre d’acteurs jouant dans ces productions soient en vérité hétéro, et ne soient là que pour l’appât du gain. Depuis les années 2000s, le cinéma porno gay est toujours en pleine augmentation. Bien que générant logiquement moins d’argent que le cinéma hétéro, le porno mondial représentant tout de même un chiffre d’affaire de 97 milliards de dollars par an, gay ou non, il n’y a de ce fait pas de soucis à se faire pour ce genre cinématographique.

Le cinéma gay prenant sa part dans la caisse du porno

Cum Together !

Tout ça pour dire que Justice League : A Gay XXX Parody est finalement la conséquence d’un long combat qui a débuté bien des années avant sa création. Comme dit précédemment, à part savoir que le film a été tourné à Barcelone, peu de détails sont parvenus quant à sa production. Au casting, on retrouve donc pour vous imprégner de l’ambiance des noms extraordinaires de pornstars, Brandon Cody en Superman barbu à souhait, Ryan Bones en Batman, Manuel Skye en Alfred, Francois Sagat en Aquaman, Johnny Rapid en Flash –cocasse n’est-il pas ?- , et le controversé Colby Keller en Green Lantern. Controversé pour quoi ? Vu que le mec passait son temps à se faire insulter sur tous les forums, j’ai tenté de me renseigner, et il s’agirait visiblement de sa position politique, pro-Trump, mais uniquement dans la mesure où il espère qu’il torpillera son propre parti et le capitalisme avec, en particulier dans le porno. Une position assez paradoxale, consistant donc à critiquer ce avec quoi il gagne son beurre. Mais le plus étonnant dans ce casting qui ne vous dira probablement rien, surtout si vous êtes hétéro, est sans doute Manila Luzon en Wonder Woman, Manila Luzon étant l’identité médiatique de Karl Philip Michael Westerberg, célèbre drag queen américain. Remarquez, de vous à moi, cette Wonder Drag reste par moment bien plus féminine que la Wonder Woman de Injustice. Bordel, NetherRealms, c’était quoi cette merde ?

Alors de quoi ça parle ?

Superman est mort, tout le monde se rend à son enterrement. Batman pleure, et Wonder Woman se maquille, tandis qu’un certain Barry Allen observe la scène de loin. Un enterrement classique en somme. New York est toujours ravagée suite à la bataille menée contre Doomsday. Bruce monte sur un toit, jette son masque et s’en va. Néanmoins, Alfred part le chercher, et le lui ramène dans la Batcave, le priant de continuer le combat. Le Bat de Gotham accepte, mais alors qu’il part préparer son équipement, il perçoit la présence d’un homme derrière lui. Se retournant en lui jetant un batarang, l’intrus l’esquive, et se révèle être The Flash. Ce dernier demande à l’homme chauve-souris pourquoi il semble si désespéré. Bruce révèle son identité, et explique qu’il n’est qu’un homme, et que si Superman n’a pu s’en sortir, il ne pourra rien faire pour lutter contre la menace qui arrive : Darkseid.

Plusieurs jours ont passé. Nageant en plein mer, Aquaman découvre le journal du matin qui flotte sur sa principauté. La une du jour : « Green Lantern est sorti du placard ! ». Le prince des mers aborde un promeneur venu faire sa balade du matin sur la plage, et lui demande où il peut trouver le chevalier d’émeraude. Dans un entrepôt, Alan Scott affronte des bad guys, mais a visiblement perdu ses pouvoirs par la magie du manque de budget. N’est pas Axel Braun qui veut. Aquaman apparait pour l’aider et à deux, ils mettent à terre les vilains. Après les présentations, l’homme au trident sponso Croustibat demande ce que veut dire sortir du placard, et le gardien de la volonté lui répond que les journalistes en font trop avec son homosexualité. Wonder Woman débarque, et plusieurs blagues de cul plus tard du style « Je vois que Aquaman te rend humide », un  « Je n’aime pas les femmes ! » lancé à Wonder Trap qui répond « Ne juge pas un comic book à sa couverture », et un « Je sais quelle arme est la plus grosse » en comparant le trident et l’épée de l’amazone, tout ce petit monde rejoint Batman qui a besoin d’eux.

Bon, Darkseid débarque, et n’est pas venu cueillir des fraises. Les uns après les autres, nos héros se font fracasser. Flash se fait exploser la tête sur un mur, Aquaman a droit aux yeux lasers, Green Lantern a récupéré sa bague mais se prend une droite, le kick-boxing de Bruce ne suffit pas, et quant à Wonder Woman… Disons qu’elle fait mumuse avec son lasso de manière assez aguicheuse avant d’elle aussi s’en prendre une. Quant tout semble perdu, Superman revient à la vie au maximum de sa puissance, fonce sauver ses amis, et utilise ses yeux lasers pour réduire en cendres Darkseid épuisé de ses combats précédents. Tout le monde est sauvé, Wonder Woman tente d’embrasser Flash qui la rejette, étant une femme, et les femmes n’étant pas attirantes –cette dernière phrase retranscrit le contenu de l’épisode, et non pas les pensées de l’auteur de cet article-. Fin.

En résumé, passé le côté porno, les deux premiers épisodes ainsi que le dernier, le troisième n’apportant rien, sont à la fois terriblement cons, mais aussi totalement géniaux. Manila Luzon est sans doute la meilleure interprète de Wonder Woman tout média confondu depuis Linda Carter, dégageant un charisme que Job dans Banshee ne renierait pas. Seule Lucy Lawless, si elle avait été choisie, aurait pu lui faire de l’ombre.

Conclusion : Que ce soit humoristiquement ou pornographiquement, si vous voulez vous taper des barres, Justice League : A Gay XXX Pardoy est fait pour vous !  

 

4
Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter
3 Fils de commentaires
1 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
4 Auteurs du commentaire
TommyAmesephisBrady12MoiToutSimplement Auteurs de commentaires récents

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
plus récent plus ancien
Notifier de
MoiToutSimplement
MoiToutSimplement

Blue a day like an other.

NO HOMO.

Amesephis
Amesephis

Eux au moins ils ont green lantern ^^

Tommy
Tommy

Ca a l’air bien meilleur que BvS.