C’est l’heure de l’événement tant attendu : le mariage de l’homme chauve-souris et de la femme chat. Celui-ci a énormément fait parler lors de sa sortie en VO mais a le droit à une sortie bien plus intimiste de notre côté du monde. Accompagné de plusieurs autres récits, ce huitième tome de Batman Rebirth est un tournant dans le run de Tom King. Découvrons ensemble de quoi il en retourne. 

Le dimanche à Gotham, c’est le jour de mariage 

Le ton est donné dès les premières pages du récit. On y trouve un épisode parfait pour refaire le point sur les événements précédents et sur la relation des deux protagonistes principaux. Un épisode qui revient sur l’Histoire de la relation entre Batman et Catwoman au fil des publications, de Batman #1 (1940) à l’arc Silence (2002). Et c’est à Mikel Janin que revient la tâche de réécrire ces scènes iconiques. Il produit un travail remarquable, avec un style moderne mais emprunt des codes des années originales de publication. Joelle Jones dessine le scénario fill-in qui, sans être grandiose, ajoute des éléments de caractérisation aux personnages.

Il faut également saluer le travail de publication d’Urban Comics qui, en plus de ses habituelles Variant Cover de fin de numéro (très nombreuses du fait du mariage), nous livre le script de cet épisode ainsi que les extraits originaux de chaque référence. 

Et ainsi arrive le point culminant du run de Tom King sur le personnage de Batman. Le mariage. Tous les éléments développés depuis le début de la série amènent inéluctablement à ce numéro et à sa conclusion. Il s’agit d’une suite logique avec, toujours, une caractérisation importante des personnages, de leur relation, de leurs atouts et surtout de leurs faiblesses. 

Graphiquement, ce numéro est composé d’une alternance entre histoire présente illustrée à nouveau par Mikel Janin et souvenirs passés. Et à cette occasion, l’auteur invite une quantité phénoménale d’artistes pour illustrer ces pages. Des artistes dont le talent n’est plus à prouver et qui dans l’ensemble produisent un travail formidable. On a l’impression de se trouver dans une véritable galerie d’art qui remonte l’Histoire des deux héros. Le tout sert le scénario, sous forme de vœux mutuels que les personnages semblent se déclarer. Comme s’il était nécessaire de se remémorer leur vie afin de franchir cette nouvelle étape importante.  

La partie classique est composée d’une succession de diptyques avec, d’un côté Batman, de l’autre Catwoman. Tous les préparatifs nous sont racontés. On assiste notamment à la demande aux témoins qui nous apporte une très belle scène entre Alfred et son protégé. Puis vient l’heure de l’union et avec elle la réponse de la principale intéressée. Et les pièces s’assemblent. Tous les éléments disséminés par King dans les épisodes précédents sont réutilisés pour apporter une justification logique. L’émotion est présente, comme dans la majorité de ce run.

Arrive alors l’épilogue, qui vient nous rappeler que l’auteur a écrit seulement la moitié de ce qu’il avait à dire sur ses personnages, que cet épisode est loin d’être le dernier et que, maintenant que les enjeux sont posés, tout peut repartir. 

Alone in the dark 

Mais avant cela, Urban nous propose de nous plonger dans un univers alternatif. Celui de The brave & the bold #197 par Alan Brennert et Joe Staton publié en 1955. En plus d’apporter un pause bienvenue après le mariage et sa révélation, le numéro nous permet d’entrer une fois de plus dans la psychologie du chevalier noir, thème récurrent du run de Tom King. A la lecture on ne peut s’empêcher de penser au récit A la vie, A la mort du même auteur.

Mais plus intéressant encore, on nous donne à voir ici un homme perdu, ayant peur d’être seul et de perdre tout ceux qui l’entourent. La séparation psychotique entre le personnage de Batman et Bruce Wayne est également un enjeu important du récit. En cela, ce numéro fait écho à la suite de ce tome, où la personnalité de Bruce Wayne est mise à rude épreuve et Batman va finir par prendre le dessus. L’arc qui nous est proposé à la fin de ce volume est l’un des (si ce n’est LE) plus mémorable, écrit par l’auteur. Il met en scène le procès de Mr. FreezeBruce Wayne a été sélectionné comme juré. 

L’histoire est écrite comme un polar, avec une ambiance très sombre appuyée parfaitement par les dessins de Jorge Fornes. Il pose subtilement les bases du contexte post mariage, à savoir un Batman détruit psychologiquement, sans cesse sur la corde raide. La dualité entre Bruce Wayne et son alter-ego permet d’appuyer l’ambivalence des sentiments du personnage, tiraillé entre son bonheur propre et celui des gens qu’il s’est juré de protéger. En cela, l’analogie religieuse (évoquée également dans le tome précédent), est vraiment pertinente et sert la caractérisation du héros. Pour les habitants de Gotham, Batman est une figure déïque, infaillible et protectrice. Un par un, Tom King, à travers Bruce, va avancer les arguments pour montrer que le héros de la ville n’est pas ce que les gens croient. Batman n’est pas un dieu. Au final il est bien plus que ça. Il est humain.

Et c’est ce qui fait de ce run complet une telle réussite. L’auteur s’est d’abord intéressé à la personnalité réelle de Bruce, à ses doutes et à ses désirs, et les a partagés avec le lecteur. Il franchit maintenant un cap en imposant cette humanité à l’entourage du chevalier noir. Il entame une désacralisation complète du personnage qui va l’emmener dans ses derniers retranchements.  

Ce tome est une réussite totale. Si certains regretteront le résultat du mariage, on ne peut qu’être admiratif de la qualité d’écriture de l’auteur. Celui-ci apporte une conclusion logique à cette première moitié de run tout en apportant une bouffée d’air frais pour la suite de son titre. La partie graphique n’est pas en reste avec une multitude de dessinateurs de talent qui servent pleinement le propos de l’ouvrage. Batman ressort transformé de cette aventure et la suite promet de grands bouleversements dans l’univers du héros.  

Excellent / 10 Notre avis
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Les +
- Une histoire cohérente et passionnante
- Des artistes en très grande forme
- Un arc final qui restera dans les mémoires
Les -
- Certains artistes en deçà lors du mariage
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knightwing
knightwing

Je suis d’accord… Voilà, voilà ^^

Apokolips
Apokolips

Beaucoup ont craché sur la conclusion de ce mariage. Pour ma part, elle est parfaite, une lecture rare qui m’a donné des frissons tout du long ! Merci Tom King (et toute la dream team dessin) !

kaboom
kaboom

Comme quoi on n’est pas tous égaux face à Tom King. Personnellement ça fait 8 tomes que je m’ennuie à mourir.

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Review VF - Batman : Les derniers jours du Chevalier Noir | DCPlanet.fr

[…] complétement dans le sens des dernières publications sur les deux personnages (à lire dans la review de Batman Rebirth Tome 8). Le récit nous en apprend beaucoup sur les motivations du personnage à favoriser son combat à […]