En avril, nous avons pu assister à l’épisode final de cette série singulière qu’est Gotham après 5 saisons à tenter de divertir son public dans le monde de Batman, et ce sans le Chevalier Noir jusqu’à ce dernier chapitre. Alors, nous allons voir aujourd’hui si toute cette genèse en valait la chandelle et mérite un coup d’œil.

Ne lisez pas cette critique si vous n’avez pas vu l’épisode ou si vous n’avez pas peur des spoilers.

Et vous excuserez mon langage par moments, c’est sur le coup de l’émotion.

Gotham, le final : C’était à chier

D’abord, voilà un petit avis sur les saison précédentes. Quand Gotham a commencé et que beaucoup doutaient déjà de la pertinence d’un tel projet, surtout en voyant les références bien trop évidentes qui ne feront que vous faire lever les yeux au ciel pendant 40 minutes, le résultat était finalement acceptable. On s’ennuie, mais il y a une certaine ambiance aidée par une photographie qui a pour elle de proposer quelque chose de différent. Seulement, lorsque cette première saison fut rallongé de pas mal d’épisodes, on est vite passé au freak of the week carrément chiant raconté par des scénaristes qui ont lu le premier paragraphe de la page Wikipedia de tous les vilains de Batman. On en retiendra finalement quelques personnages se démarquant comme le Pingouin et Bullock, tandis que Fish Mooney créait un malaise à chaque intervention. Aussi, Ben McKenzie prenait son rôle encore au sérieux et son Gordon n’était pas encore un sociopathe.

Arrive la saison 2 où le ton change quelque peu, on arrête de s’emmerder mais par contre on arrête aussi d’écrire un scénario qui mène quelque part. À partir de là, la série ne va chercher que le spectacle, à un moment où tout le monde et sa grand-mère se mettent à regarder Game of Thrones et The Walking Dead pour pouvoir réagir en premier à la mort de « ce mec là, je sais pas son nom lol, mais je suis fan hein ». Mais quand GoT tente en même temps de raconter une histoire et développer ses personnages, Gotham ne va pas se casser le cul. L’objectif est de surprendre le spectateur avec des morts, des explosions, des romances et des références à Batman pour les derniers que ça intéresserait. Du coup, on explose un mec au lance-roquettes, Alfred gifle une gosse, les personnages changent de comportement tous les 3 épisodes, Gordon se tape quelqu’un, on sexualise Poison Ivy encore mineure, on tue, on ressuscite, trahison, disgrâce, etc.

Finalement, la série va suivre la santé mentale de son pire personnage, Barbara Kean, qui a complètement pété un plomb du jour au lendemain (mais maintenant ça va mieux) et joue la fofolle sadique « parce que c’est ça que vous aimez chez Harley Quinn non ? Mais c’est pas elle hein, on a pas le droit de l’utiliser de toute façon ». À force que Gordon (qui a arrêté d’essayer d’être comédien apparemment) bute tous les criminels avant même que ce branleur emo de Bruce n’ait fini de coudre son costume, sans parler du vrai bonhomme de Gotham qu’est Alfred, l’homme qui a déjà fracassé la Terre entière, femmes et enfants compris, on se demande pourquoi la ville aurait besoin de Batman dans quelques années à part pour enfermer ses figures paternelles. Leslie Thompkins sert de love interest à qui veut bien d’elle alors que c’est bien le seul perso féminin qui échappe à ce traitement d’habitude et Barbara est là, en liberté, étant une psychopathe ou une femme aimante au gré du scénario.

Qu’est-ce qu’on se marre

Bref, l’acting s’effondre (ou en tout cas les acteurs ne prennent plus rien au sérieux), l’univers de Batman est attaché à une chaise dans la cave des scénaristes, et la surprise prend le pas sur la cohérence. Et bizarrement, de ça en ressort quelque chose d’assez amusant. Une fois qu’on a fait une croix sur le bon sens, Gotham devient un rare cas de série tv nanardesque où chaque retournement provoque un rire peut-être un peu nerveux. Tout ce qui s’y passe est tellement improbable et servi par les dialogues les plus nuls de l’histoire que je ne peux m’empêcher de me marrer dans quelque chose de similaire à l’esprit de Joël Schumacher.

Gotham a en effet un côté Batman Forever/Batman et Robin. La série, pour essayer de caresser le fan de Batman qui ne lit pas de comics dans le sens du poil, va à tout moment « rendre hommage » à tous les films de la chauve-souris en copiant tout bêtement certains aspects. On se retrouve avec un plagiat moldave de Bane de The Dark Knight Rises dans cette dernière saison par exemple, le Pingouin veut devenir maire comme dans Batman Returns, et ce précieux Jérôme/Jeremiah proto-Joker que certains aiment tant n’est finalement qu’une chimère mélangeant Jack Nicholson et Heath Ledger indigne du personnage (et ce même si l’acteur est bon à la base), de même que le Riddler (pourtant mon préféré du lot, je crois) cherche par moments à reproduire le jeu de Jim Carrey.

Ainsi, vous retrouverez plein d’événements connotant Batman Begins, The Dark Knight, les films de Burton et même Batman de 1966. En fait, Gotham semble s’inspirer de celle-ci le plus, surtout dans ce final, et ce qui expliquerait ce côté loufoque. Cependant, qu’arrive-t-il lorsque l’on mélange Burton et Batman ’66 et qu’on vide sa pharmacie avant l’écriture de son épisode ? Bah ça donne Batman et Robin et sa fille spirituelle qu’est Gotham, avec ces lumières cheloues, ces cadres reprenant l’impressionnisme allemand version carrefour, le surjeu des acteurs, même la musique aussi bien soit-elle est similaire aux morceaux d’Elliot Goldenthal, et des moments bien drôles.

Bon, et ce final du coup ?

Je dois bien avouer que c’est dans un état second et aux côtés d’un de mes francs compagnons amoureux de Batman que j’ai regardé cet ultime épisode, car c’est comme ça que devrait se consumer cette série. Dans ce dernier épisode, qui se projette dans le futur, on a le droit à tout ce qui fait la série une telle merveille. Les scénaristes vous font des petits clins d’œil en vous montrant les cheveux roux de Barbara et la moustache de Gordon, mais faut pas déconner, c’était juste pour le buzz et on la jarte au bout de 2 minutes. Étrangement, il ne s’agira pas vraiment d’un tour d’horizon de tous les personnages de la série, mais une nouvelle enquête entourant les principaux protagonistes. Le dangereux malade commissaire Gordon – car un dialogue de Bullock ne sauve pas les actes de Jimbo dont nous avons été témoins, ça marche pas comme ça – a une nouvelle enquête comme s’il s’agissait d’un épisode standard à la différence qu’il sera aidé par un justicier masqué qui apparaît au même moment que Bruce revient en ville mais ne vient pas à la fête en son honneur, on aura vu plus discret.

Ensemble, ils vont pouvoir défaire le Jeremiah qui a fondu à Ace Chemicals naturellement, et s’il était temps de créer une vraie rivalité entre Batman et le Joker, c’est un peu raté de ce côté. Le maquillage du clown est pourtant réussie, et la scène avait du potentiel, mais finit sans apporter une once d’émotion. Entre temps nous avons la pire version de Harley Quinn jamais vue, les mecs n’ont clairement pas compris son utilité même si on peut prétexter que c’est pas vraiment elle (en tout cas, elle gagne l’award de la pire actrice alors que la concurrence est très rude). Je ne fais même plus attention à des moments comme ceux où Selina tient un flingue devant toute le GCPD et personne bronche ou quand les deux autres vilains dont nous allons parler sautent du camion blindé, apparemment laissé ouvert (oupsi, lol), où ils sont menottés tandis que le chauffeur continue son petit chemin. Et puis Alfred ne met de patates à personne, c’est triste.

Il reste pourtant un point positif à tout ça. À travers toutes ces saisons et leurs arcs narratifs absurdes, un duo a su honnêtement me plaire. Le Pingouin et le Riddler ont une certaine alchimie qui marche réellement, et s’ils m’ont fait rire, parfois à contrecœur, j’ai une véritable sympathie pour ces deux acteurs et leurs personnages. Même si j’aurai apprécié les voir en couple comme ce que semblait vouloir faire la série à un moment, ce qui aurait été une prise de décision osée mais dans le bon sens du terme, il faut admettre que j’avais le sourire aux lèvres à chacune de leur interaction durant cette saison. Pour cet épisode final, ils embrassent totalement leur côté humoristique et ressemblent à leur version des années 60 même dans leur tenue. C’est avec eux que je me dis que les acteurs comme les scénaristes s’amusent avec Gotham et ne cherchent plus à proposer quelque chose hors de leur portée, c’est à dire un vrai prélude à Batman de plusieurs saisons.

Pourtant, ils essaient quand même, car Batman est là, cachée dans l’ombre, refusant de retrouver sa Selina chérie (pour le coup, ça tombait juste et en plus on ne voit toujours pas Batman) et préférant aider à capturer les trois criminels en cavale. On sent une vraie peur de cet être obscur dans le cœur du Pingouin et du Riddler, mon dieu est-ce qu’ils ont réussi à établir un vrai Batman dans cette série ? Attendez, est-ce que je pourrais terminer sur une bonne note ? Non, après le discours de Gordon qui a les yeux de Legolas et voit à des centaines de mètres un bonhomme perché sur une gargouille dans le noir, la caméra se rapproche pour nous montrer la vengeance, la créature de la nuit, BATMAN. Et c’est ainsi, que se termine Gotham, sur ce plan d’une gêne sans précédent, nous rions aux éclats, on se repasse la scène en boucle, le fan de Batman en moi a envie de mourir. Le costume de Batman de mon pote pour fêter ses 7 ans/20.

Alors, est-ce si mauvais que ça Gotham ? Oui, clairement. La série ne va nulle part dans un premier temps et finit par accepter son côté loufoque et insensé pour continuer de nous faire rire ou de réellement intéresser les gens qui consomment leurs séries comme une télé-réalité et voir qui meurt/qui baise et pouvoir en parler en soirées (style les personnes qui regardent Walking Dead sans aimer les films de zombies). Le Batverse se fait pisser dessus, le show essayant de nous prendre par les sentiments pour nous faire déglutir leur médiocrité.

Se plaçant comme le meilleur nanar de cette décennie, Gotham aura su m’ennuyer, me foutre en rogne et me faire marrer durant toutes ces années. Ratant ses personnages et son ambiance, cet enfant de l’esprit Schumacher, soit un Batman ’66 raté, me manquera parce qu’il n’y avait rien de mieux que de mater les épisodes entre amis et bien rigoler. Une mention pour le Pingouin et le Riddler, qui pour le coup semblaient assumer cette absurdité et ont créé une sympathie autour d’eux et seront les seuls regrettés. C’est quand même con d’avoir loupé Bruce l’enfant à problèmes et Gordon le sadique, mais heureusement nous avons Alfred pour remettre tout le monde à sa place à grand coup de virilité sur le coin de la gueule comme le prouve ce bel hommage. Admirez l’élan qu’il prend.

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Les +
-Le duo Pingouin/Riddler
-On rigole bien
-Se démarquait tout de même du reste
-Le plan de fin, magistral
Les -
-Schumacher dans le fond et la forme
-Barbara et Gordon, deux vilains avec une fin heureuse
-De qui vais-je me moquer maintenant ?
-Sacrifie la pertinence pour le spectacle
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Leonidas
Leonidas

Cette review résume parfaitement ce qu’est Gotham. C’est nul, les producteurs sont en roue libres, les scénaristes roulent leur tête sur leur clavier pour écrire le script, les acteurs sont complètement paumés, mais c’en est drôle tellement c’est n’importe quoi. Et le fait que la série se prenne au sérieux ajoute la petite touche nécessaire pour que cette série accède au panthéon des nanars.

Apokolips
Apokolips

Bon, bah, je n’ai jamais vu aucun épisode cette série. Je ne sais pas pourquoi mais je ne suis pas sûr de la commencer un jour…

Billy Batson
Billy Batson

Épisode assez minable et constitue une supplémentaire occasion manquée. Si cette dernière saison avait donné lieu à quelques perles, il est regrettable que ce final soit loin de toute espérance. C’est d’autant plus affligeant que la série a toujours proposé quelques bonnes idées et finir sur une telle note est lamentable. Et oui, le plan final provoque un malaise comme rarement atteint auparavant. Ce costume est une catastrophe, cette incrustation est risible. Quitte à jouer la carte Schumacher, reprendre le costume de Batman Forever et le repeindre en noir aurait fonctionné davantage. Nolan l’avait fait pour ses screen tests et cela passait crème.
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Ben-j
Ben-j

C’est quoi encore cette critique de merde sur ce site de kikoo? lol Soit il a rien compris à la série soit il aime débiter de la merde !