Harley Quinn, ou le personnage qui, depuis les New 52, n’a fait que sombrer. Rebirth n’a malheureusement rien changé aux actes d’une équipe créative qui n’a pas vraiment grand chose à faire de son personnage, et se contente de bien peu pour donner aux nouveaux fans du personnage ce qu’ils demandent : une Deadpool girly. De cette démarche purement mercantile a émergé tout un univers d’un goût étrange. C’est au croisement de plusieurs conséquences, et à travers l’événement de ses 25 années d’existence que ce tome trouve son sens.

25 ans, l’âge de la remise en question ?

Une remise en question à faire, non pas dans l’essence du personnage, mais bien dans l’organisation du titre, et dans son contenu. Dans ce tome, Harley vit dans son (fameux) taudis, avec son gang, et ses proches. Il s’ouvre sur l’arrivée de ses parents, possédant l’étiquette de « parents moyens » sur le front. Prétexte à la blague, et à une éventuelle introduction dans l’univers vaste du personnage, ces quelques pages posent déjà de nombreux problèmes qui se répéteront au fil de l’album. Harley est cataloguée comme personnage fou et dangereux. Pourtant, elle oscille entre ce caractère dans les scènes d’action, et le caractère d’une adolescente légèrement déjantée dans sa vie personnelle.

Amanda Conner et Jimmy Palmiotti ont fait de la folie de Harley un simple masque réversible à volonté par les scénaristes, selon leurs désirs de faire, ou non, des quiproquo intensifiant, ou non, une possible identification au personnage. Car ce volume fourmille d’instants relevant de la vie personnelle, et laisse Harley dans une série de réactions piochant dans le caractère archétypal de l’adolescent moyen. Ceci pour ne parler que de Harley. Le reste des personnages se cantonnent au rôle qu’ils peuvent jouer dans leur relation auprès du personnage principal. Ivy est la meilleure amie/confidente/BFF avec option bisexualité. Catwoman une proche vite écartée par les scénaristes. Son gang ne possède aucun caractère, sinon d’amis proches. La liste est longue, tant les scénaristes cherchent à témoigner du public proche du personnage. L’album nous invite gentiment à nous intéresser aux récits secondaires, tant les prétextes sont multipliés pour faire intervenir chaque personnage.

La violence cicatrise les plaies

Voilà le seul point fort de cet album : ses scènes d’action. Harley se retrouve dans un contexte assez compliqué (rivalité avec un gang adverse, et les forces de l’ordre). Le dessinateur principal, John Timms nous laisse avec un sentiment particulièrement mitigé. La qualité de ses dessins sont assez aléatoires, et surtout, sa technicité ne se révèle qu’avec les scènes d’action, où il opte pour des plans impressionnants. L’action devient intense au point de nous faire oublier l’humour foireux et l’absurdité de l’intrigue. Mieux encore, certains affrontements prennent une dimension sérieuse, mettant Harley face à un danger concret.

S’accorde à cette ambiance, un style souple en pleine harmonie avec l’idée d’un comics focalisé sur un personnage issu de dessin animé, tout en lui conférant une qualité sérieuse. Le problème de son style ne vient pas de ses plans ni de la qualité de ses planches, mais d’une sexualisation véritablement abusive. Tout en passant outre l’humour facile en dessous de la ceinture, John Timms ne cesse de représenter tout personnage féminin dans des positions toujours plus lascives et habillées avec une poitrine toujours plus forte, et des décolletés toujours plus ouverts. Qu’on s’insurge sur la sexualisation dans les comics est assez idiot dans l’idée où la représentation du héros ou de l’héroïne relève de celle d’un mythe ou d’une divinité, mais la limite est ici largement dépassée, car elle ne touche pas uniquement le personnage de Harley, mais bien tout personnage féminin.

Le succès du titre est un mystère qui n’a de cesse de s’épaissir. On tient ici les 25 ans du personnage. Parti d’une représentation d’un fantasme, trouvant son sens dans une interprétation du costume de l’arlequin, il est devenu une machine à clichés, brassant les vulgarités modernes. A l’heure d’aujourd’hui où nombre de fans s’insurgent pour une planche de Heroes in Crisis, voilà peut-être un motif concret pour lire Harley Quinn.

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Les +
- Des scènes d'action parfaitement mises en scène
- L'idée de fêter les 25 ans du personnage ?
Les -
- On recherche toujours une personne sensible à l'humour des auteurs
- Une sexualisation outrancière
- Heureusement que deux scénaristes officient sur le titre
- Des personnages de toute évidence out-of-character
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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