Batman continue son épopée personnelle dans les pages de ce sixième tome. Le mariage est en chantier mais quelques détails restent à régler dans les rues de Goham City. Et pas seulement. On retrouve évidemment le talent d’écriture de Tom King, assisté par trois artistes accomplis que sont Joelle Jones, Mikel Janin et Tony S. Daniel. Tout pour faire un excellent volume me direz-vous… C’est ce que nous allons découvrir ensemble.

L’assaut est éternel

Dans le tome précédent, Batman passait du bon temps à la fête foraine avec Selina, Loïs et Clark. Ce temps est aujourd’hui bien révolu car il doit partir en mission dans un monde où la guerre sévit jour après jour. Mais une promesse est un promesse et Wonder Woman et lui sont chargé de remplacer le Gentil Homme dans ce combat sans fin.

En reprenant le concept d’un épisode d’Action Comics des années 2000, Tom King vient créer une situation intéressante : confronter la vie des deux héros en proie à des hordes constantes de monstres et celle de Selina et du Gentil Homme voulant revoir sa femme quelques instants. Ce moment, comme suspendu dans le temps, est mis en avant par un ressort scénaristique intéressant et donnant au récit une autre dimension. L’auteur parle certainement de ce qu’il connait : Le peu de temps passé auprès de ses proches lorsqu’on choisit de dédier sa vie au combat et la difficulté de sortir indemne de ce genre de vie.

Mais King parle surtout d’amour. Pas l’amour fou, pas l’amour parfait. Avec cet arc, il résume en deux numéros trente ans de relation entre Batman et Catwoman. Il évoque le fardeau du costume, la distance que cela forme entre lui et sa future épouse et la tentation de succomber à une relation facile, avec quelqu’un bien plus proche de son monde. Car oui, Bruce et Selina sont opposés sur bien des aspects. L’un mène une vie dédiée aux autres, sans repos, l’autre n’a toujours vécu que pour elle, sans pression. Est-ce possible, cependant, de faire abstraction de cela, voir même de l’utiliser à leur avantage ? Il est intéressant de relire ces pages après la lecture du fameux Batman #50 (à découvrir prochainement dans le tome 8). Car tout devient limpide et évident.

Vilains in Crisis

On l’a bien compris, pour le scénariste, les héros sont avant tout des femmes et des hommes. Mais c’est aussi le cas pour les vilains. Lorsque Poison Ivy réduit le monde en esclavage et que seuls Batman et Catwoman peuvent l’arrêter, il n’est pas question de grand combat « Batman vs Justice League Zombie » mais simplement de diplomatie. Là où certains préfèrent offrir du spectacle pur et dur au lecteur (ce que je ne déprécie en rien mais qui commence à se faire monnaie courante, notamment depuis l’arrivée des univers cinématographiques, et qui utilise très souvent des ressorts narratifs pauvres et vus et revus), Tom King préfère prendre son temps pour s’intéresser aux personnes et à leurs actes. Chacun d’eux a un objectif précis, qui apporte aussi bien à la trame globale qu’à la caractérisation ponctuelle d’un protagoniste.

Si chaque numéro apporte des réflexions intéressantes et des histoires travaillées, le véritable récit se fait à long terme. C’est ainsi que l’on retrouve ici les conséquences de la guerre des rires et des énigmes (à retrouver dans le tome 4). Mais il s’agit surtout des prémices du futur événement Heroes in Crisis du même auteur avec l’évocation du Sanctuaire, lieu où chacun peut tenter de récupérer de cette vie hors norme.

Batmanpoint

Et on sent également que l’auteur a cet événement en tête en lisant la conclusion de l’arc suivant centré autour de Booster Gold. On entre ici dans un univers dystopique où les parents de Bruce Wayne ne seraient pas morts. King va utiliser le fait que le personnage vienne du futur et ait connaissance de toutes les aventures des super-héros d’aujourd’hui pour placer une multitude de références à l’histoire de ceux-ci. Cela concerne autant le récit principal que de petits intermèdes nous présentant la situation des membres de la bat-family. Cela apporte un humour bienvenu dans une histoire vraiment très sombre. C’est également le cas du personnage principal qui tombe toujours à côté en voulant imaginer des plans bien trop compliqués toujours voués à l’échec. La relation Booster/Skeets vient appuyer cela avec une relation amour/haine vraiment drôle et des répliques bien écrites.

Malheureusement, contrairement à son habitude, le scénariste n’apporte que peu (voire aucune) caractérisation aux personnages secondaires du récit. Que ce soit Batman, Catwoman ou encore la famille Wayne, rien ne filtre. Seul Bruce semble affecté par les événements mais de manière peu intéressante à savoir, de manière caricaturale, « Mes parents… Je veux mes parents… point ».

Ces trois numéros font donc office d’ovnis dans les pages du titre Batman. Seul un léger élément le relie à l’histoire de la chauve-souris mais le héros et les thématiques abordées sont bien différents. L’histoire n’en reste pas moins intéressante et permet une pause bienvenue dans le run global de King.

Ce qu’il faut souligner également, c’est la qualité graphique de cet ouvrage. Là où Joelle Jones livre un travail vraiment correct dans les premiers numéros, c’est Mikel Janin qui sort du lot. Le dessinateur est au sommet de son art et nous livre des planches magnifiques, détaillées (Coucou Donald !) et remplies de poésie. Tony S. Daniel est très convainquant sur les plans rapprochés, fixes mais moins précis lors des scènes d’action.

En définitive, ce sixième tome de Batman Rebirth a vraiment beaucoup de qualités. L’écriture de King met en avant l’émotion des situations et des personnages. Si l’action est très peu présente, la tension dramatique de ces trois arcs apporte au lecteur l’envie d’en apprendre toujours plus. Seule ombre au tableau la faible caractérisation des protagonistes secondaires dans le dernier arc qui présente pourtant un univers sur lequel on aurait souhaité en apprendre plus. Côté graphique, Tom King sait choisir des artistes de talent et la série Batman en bénéficie très largement.

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- L'écriture de King toujours aussi intéressante
- La relation Batman/Catwoman est très juste
- Des artistes de talent dans chaque partie
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- Le dernier arc n'est pas cohérent avec le reste du run
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Apokolips

C’est beau, c’est bien écrit, que vouloir de plus ? La dernière histoire un peu trop wtf par rapport au reste du run cependant.

Reptile
Reptile

Pour le coup moi j’ai absolument adoré la dernière histoire avec Booster Gold, ce on humoristique et clownesque du personnage dans une situation plus que merdique qu’il crée lu même j’ai adoré…

Ce tome est vraiment bon, les 3 histoire m’ont convaincu alors que sur le papier elle ne laisse rien présager de fabuleux (pour ma part en tout cas)