Projet au secret limité, le retour du casting VO de la série animée cachait un projet de long-métrage. Dirigé, une fois n’est pas coutume, par Sam Liu, le projet mise énormément sur un effet nostalgique. Le design de la série animée revient de plus belle, pour une bien belle façade. Le projet oscille entre simplicité perçue par un titre réduit à un principe type des productions super-héroïques basiques, et une exploitation intrigante de l’univers animé laissé à l’abandon.

Justice League : Nostalgie Unlimited

Avec ce type de production, on ne peut se détacher de l’attente du public. A la vue des réactions actuelles, les fans semblent y chercher une connexion forte avec la fin de la série, avec l’univers développé de l’époque, sinon un rapport narratif. La déception générale est-elle une surprise ? Pas vraiment. La production est différente, le casting est réduit, et les moyens avec. S’ajoute à ça le décès de Dwayne McDuffie, scénariste récurrent des premières saisons et s’étant occupé de la construction des saisons de Justice League Unlimited. Evidemment, ce long-métrage allait être différent.

Pourtant, la construction de son histoire repose sur un principe connu de la série animée : s’inspirer de comics existants. Ainsi, Justice League VS Fatal Five n’est pas qu’une opposition saupoudrée de fan-service. L’histoire s’inspire du rôle de Thom Kallor (Starman/Starboy) dans Justice Society of America (2007) de Geoff Johns, mélangé à l’événement The Final Night de 1998 de Karl Kesel et Ron Marz. L’adaptation est arrangée, très libre, et se limite à une inspiration qui se concentre bien plus sur une caractérisation de ses nouveaux personnages que sur une adaptation fidèle.

On trouve évidemment dans l’équipe la trinité, représentative des membres fondateurs, Mister Terrific relatif à Unlimited, et trois nouveaux personnages. Miss Martian, faisant office d’apprentie membre, Jessica Cruz comme recrue potentielle, et Starboy, élément essentiel de l’intrigue principale. S’ajoute à ça les Fatal Five. Le scénario va tourner autour de ce microcosme, et chercher à simuler le vaste univers de la série animée sans parvenir à le représenter. Néanmoins, cette quête, outre des motivations relativement crédibles, tire sa force de ses personnages tentant d’agrandir le collectif que forme la Justice League.

La tête dans les étoiles

A l’image de la série animée, l’histoire se concentre sur un nouveau personnage, censé raconter son périple, et demander l’aide de la ligue. Un schéma utilisé à bien des reprises par la série, trouvant une nouvelle forme ici. Starboy souffre de troubles de la mémoire. L’amnésie trouve tout son sens dans le caractère du personnage, au passif psychologique particulier. L’associer au personnage de Jessica Cruz donne une toute autre perspective d’accroche au personnage de Jessica, la rendant bien plus dense que dans ses premières apparitions dans les comics. Loin du périple initiatique, les personnages sont voués à être qui ils sont. La différence est leur situation sur leur parcours personnel, et l’aide mutuelle qu’ils peuvent s’apporter les uns aux autres.

On peut cependant reprocher bien des choses au scénario. Ses méchants manquent de caractérisation, même s’il faut bien avouer qu’il est assez difficile de demander de rendre les Fatal Five charismatiques à travers une adaptation télévisuelle. Alors que l’histoire se concentre sur des attraits particuliers de Starboy et Jessica Cruz, le rapport de force entre la Justice League et les Fatal Five se trouve assez déséquilibré pour un final bien trop simple, non dénué d’efficacité dans son dénouement. S’ajoute à ça une trinité en retrait, faisant office de symboles et d’exemples à suivre, mais surtout une animation à la qualité très variable. Alors que le design de Bruce Timm (producteur du projet) est respecté, les studios ne sont pas privés de réutiliser les design d’autres Green Lantern issus d’autres productions modernes.

Les problèmes d’animation concernent surtout l’animation en tant que telle. Elle se trouve parfois saccadée lors de plusieurs scènes, comme si certaines images étaient manquantes. De plus, quelques enchaînements de plans sont très étranges, alors que d’autres très osés et intenses. L’animation se trouve dans un entre-deux, avec une qualité moyenne générale, entrecoupées de quelques scènes capables de rompre l’immersion d’un scénario intéressant dans l’attache créée envers ces nouveaux personnages, souffrant d’un final bien trop facile.

En somme, Justice League VS Fatal Five souffre de problèmes techniques, et non de respect à son produit d’origine. Nous pouvons largement regretter une animation aussi faiblarde, mais les qualités ne se limitent pas à un design évoquant la série animée. La nostalgie ne repose pas uniquement sur ce point. Il s’agit d’une histoire inspirée de comics, évoquant la passation et présentant des héros troublés. Un terrain jusqu’alors très peu travaillé par la série concernant l’image du super-héros. Ce long-métrage est un plus apporté, autant lié que détaché de cet univers animé, faisant office de divertissement comme de découverte d’une partie méconnue de l’univers DC.

Bon / 10 Notre avis
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Les +
- Une ambiance d'antan persistante
- Inspirations solides
- Un effet nostalgique très efficace
- Une approche psychologique bien pensée et justifiée
Les -
- Quelques facilités dans le scénario et le design
- Une animation à la qualité variable
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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batmanreturns
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J’ai trouvé également le film « bon » sans plus. La nostalgie est là et heureusement ! Dommage que les vilains soient assez creux par contre, le récit en perd son intensité au fil du film.