Après un volume entier hors-sujet, le duo retourne sur le titre dans ce volume bien plus épais. Urban Comics prend conscience de son retard – au même titre que nos reviews – et met les bouchées doubles. On trouve donc dans cet album de presque trois cent pages les derniers arcs de Peter Tomasi et Patrick Gleason sur Superman, ainsi que Action Comics #1000, en guise d’aperçu. On rappelle que les numéros 36 et 37 sont absents car sans rapports avec l’arc en cours, et font partie de l’album Super Sons Tome 3.

Superman & Superboy : Jon Rises ?

Après La Guerre de Darkseid, Apokolyps est laissé sans dirigeant. Lex a été considéré comme le potentiel nouveau leader, faisant suite à Darkseid. Ce teaser se trouve contrecarré par un arc déstabilisant. Superman est désormais vu comme nouveau leader. Peter Tomasi et Patrick Gleason font ici référence à d’anciens comics Superman du Silver Age, appuyés par l’utilisation de personnages secondaires. Le S de Superman est le symbole de la nouvelle ère. Fort attaché à l’identité du titre et son rapport à la famille, les scénaristes embarquent avec Superman, Lois et Jon.

De ce choix ne va découler que situations inattendus, laissant planer cet arc entre événement d’action, confrontant Superman et Lex face à une Apokolyps en guerre, et une tonalité presque comique vu les situations dans lesquelles sont embarquées Lois et Jon. Chacun de leur côté, ils suivent leur cheminement vers la conclusion de l’arc, participant à la résolution. Le récit possède des intentions nobles : faire intervenir Apokolyps en relation avec l’univers de Superman, profiter d’un contexte connecté, et user de références aux aventures passées de Superman. Seulement, l’histoire manque de sens, de causes définis et de conséquences crédibles. Car conséquences il y a. Mais celles-ci tiennent d’une finalité recherchée, causée par des prétextes, et font de cette aventure un simple courant d’air porté par une décision éditoriale discutable.

Combler les absences

C’est en quelque sorte le mot d’ordre de cette fin du titre Superman Rebirth. Après Keith Champagne et James Bonny, c’est au tour de James Robinson de venir remplacer les deux auteurs. S’ajoute à cet arc un numéro spécial. Malgré leur statut de remplacement temporaire, et le manque d’ambition de ces histoires, celles-ci se trouvent être bien plus sympathiques. L’arc de James Robinson interroge sur la mort volontaire, et amène les personnages à s’interroger sur l’existence. Cette thématique se retrouve dans un voyage cosmique entreprit par Superman et son fils. En plus de profiter des illustrations de Ed Benes, ce récit se trouve être l’un des plus intéressants.

Avec lui, un numéro One-Shot consacré à la visite organisée de la Watchtower offerte à des enfants souffrant d’handicaps. La beauté du concept est aussi facile que noble et osée, et profite de superbes illustrations de Barry Kitson. S’ajoute également le numéro spécial, très bel hommage à l’île perdue de La Nouvelle Frontière de Darwyn Cooke et de ce dernier soldat, seul survivant de l’île. Le remplissage n’a jamais eu aussi bon dos, et offre des histoires de bien meilleures qualités, et témoigne d’une diversité d’utilisation du personnage. Figure réflexive dans son rapport à l’univers et familial ou symbole humanitaire, le blockbuster de Peter Tomasi et Patrick Gleason paraissent bien vides à côté.

Crisis on Bizarroworld

L’autre arc du duo Tomasi/Gleason présente le Bizarroworld, et une situation variante de la famille Kent. Les scénaristes profitent du concept inversé de Bizarro pour donner une nouvelle vision de la famille, autre que celle de la représentation d’une famille idéale à l’image de Superman. L’histoire se trouve très particulière. Elle mêle l’ensemble des genres brassés par les aventures précédentes. Il s’agit d’une aventure cosmique, suivant l’aspect feel-good propre à la Super-family, teinté de scènes horrifiques, rythmé par des affrontements titanesques,mêlant à la fois le drame et l’espoir.

Sous cet aspect de crise cosmique d’un univers illogique et ridicule, se trouve un humour très référencé, allant des comics Justice League of America à Robot Chicken. L’humour fait plus ou moins mouche, mais c’est en terme d’interprétation et de message que l’histoire tire sa force. Tomasi et Gleason ne font pas que profiter des libertés accordées par le Bizarroworld par principe, il réside derrière un parallèle à dresser, mais plus encore, représenter l’étranger dans sa forme la plus repoussante. C’est là la force majeure des histoires de Peter Tomasi, cette capacité à nous faire changer de regard sur un élément présenté et accepté. Sans quitter le titre sur un chef d’oeuvre, c’est avec un réel plaisir qu’on retrouve ces deux auteurs dans une histoire de qualité.

Bien loin des récits marquants qu’ont pu être les premiers tomes, ce sixième volume témoigne d’une grande diversité des aventures de Superman. Sous la lumière du blockbuster grand public facile, au numéro sans prétention, ce tome possède une certaine richesse dans le contenu proposé. Mais il faut bien admettre que nous sommes bien loin des grands récits sur le personnage. Le run de Peter Tomasi et Patrick Gleason a suivi un déclin qui touche ici à sa fin, sur une note assez moyenne.

Moyen / 10 Notre avis
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Les +
- Des aventures variées
- Un final émouvant
- Un bon rapport contenu/prix
- De bonnes intentions...
Les -
- ... souvent mal exécutées
- Une partie artistique inégale
- L'arc Imperius Lex
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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knightwing
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Je plussoie cette review. L’arc sur Apokolips j’ai pas du tout aimé, par contre celui avec Boyzarro j’ai beaucoup aimé, et tout particulièrement le numéro 45

Apokolips
Apokolips

Pour moi, c’est mauvais. Jamais Apokolips n’a paru aussi peu effrayante, on se croirait dans un parc d’attraction, tout le monde se ballade en rigolant ! Les one-shot sont légers légers et le dernier arc est bof peut mieux faire. Une conclusion mollassonne. Pour ma part j’ai revendu mes tomes 5 et 6 et je me dis que le run de Tomasi s’arrête avec le très bon tome 4.