Des titres Shazam chez DC, il en existe assez peu qu’on puisse considérer comme moderne. Il s’agit en réalité d’un personnage attirant les artistes, emprunt d’une certaine nostalgie. Le personnage issu de la maison d’édition Fawcett Comics, s’est trouvé plusieurs artistes ayant laissé une marque plus ou moins forte, de Roy Thomas à Geoff Johns, les aventures du personnages lors des années 2000 sont marquées par le scénariste Judd Winnick.

Shazam / Superman : Origines d’une rencontre

Judd Winnick a développé une réelle passion pour le personnage de Shazam, et l’a associé à plusieurs reprises avec Superman. En ayant connaissance de cette rivalité entre Superman et Shazam, cette mini-série n’est pas une simple origin-story secondaire. Né quelques années Superman, Shazam est un symbole rival de Superman. En présentant Shazam comme un super-héros émergeant dans les jeunes années de Superman, c’est une concordance temporelle qui s’impose, un univers protégé par les deux plus grands super-héros du Golden Age.

Origines moderne bien avant celles imposées par Geoff Johns, celles-ci ont une valeur symbolique bien plus forte, et bien plus fidèles au personnage en tant que personnage unique et seul. Judd Winnick en fait un garçon solitaire vivant dans la rue, plein de valeurs humaines associé à un esprit positif malgré l’environnement hostile. Héritage du Golden Age joyeux et facile, qui va devoir se faire à l’idée des dangers réels qui peuplent la rue, et les responsabilités du héros. Superman va tenir cette posture de mentor, peu habitué à ce rôle et méfiant d’un héros aussi puissant que lui. Le récit ne tombe jamais dans l’affrontement facile, mais mobilise des forces issues des deux univers pour amener une puissance capable de rivaliser avec deux héros aussi puissants.

Dans le style du tonnerre et de l’éclair

Car cette introduction positive va vite laisser place à une tonalité plus sérieuse, dramatique. Billy Batson doit ouvrir les yeux, sans jamais remettre en question son caractère jovial qui le définit. Judd Winnick traite de thématiques fortes avec brio, et échappe au récit d’origines secrètes conventionnelles. Car Shazam/Superman : Premiers coups de tonnerre est un récit complet possédant une emprunte artistique unique et forte. La mini-série ne comporte qu’un élément relatif à ces rencontres commandées : l’association de super-vilains. Sivana et Lex Luthor, rencontre de deux autres copies aussi opposées qu’associées, se retrouvent dans une caractérisation entremêlée bien pensée. Car Judd Winnick profite de ce parallèle entre Superman/Shazam et Luthor/Sivana pour mêler les différentes références de chaque univers. S’en dégage une grande connaissance des deux univers aux références fines et discrètes, tout en étant pertinente dans son rapport à l’intrigue comme à la caractérisation.

Cette lecture révèle un travail de fond sur l’élaboration de cette relation entre Shazam et Superman. Seulement, de prime abord, l’album peut laisser planer l’idée d’une rencontre bateau. Cette impression peut être à la fois justifiée par son concept reposant effectivement sur la rencontre et l’association contre une même menace. Mais réduire le récit à ce degré de lecture relève à passer à côté de son contenu et des nombreuses sous-lectures qu’il offre.

S’y ajoute la présence de Joshua Middleton aux dessins. Son style oscille entre forme arrondies, souples et étirées à l’extrême, relevant un aspect cartoon à la manière d’un C.C. Beck moderne. L’esquisse laisse cette impression de récit frais et jovial, appuyant une représentation du monde à travers les yeux de Billy Batson. La couleur vient contrecarrer cette perception, et joue un rôle primordial dans l’identité artistique de l’album. Les couleurs relèvent de nombreuses nuances d’un bleu-turquoise, comme un filtre artisanal, apportant une neutralité générale. Ces couleurs évoquent le ciel, le temps orageux, et l’impersonnalité de la ville urbaine, le milieu commun et l’indifférence. Car ces couleurs, utilisées volontairement de manière abusive, ont pour principe de faire ressortir les deux symboles rougeoyants que sont Superman et Shazam. Un véritable travail de l’icône et du symbole héroïque.

Cet album grand format, faisant la part belle au récit et à ses planches sublimes, est un must-have assez méconnu, et à un prix très raisonnable vu l’édition et la qualité du contenu. Shazam/Superman : Premiers coups de tonnerre est un album qui ravira les amateurs de comics et de bande-dessinée en général. Il ne nécessite aucune réelle connaissance des personnages, et possède une capacité de relecture et d’interprétation rare.

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- Lecture historique et symbolique
- Une histoire au delà de la simple origine
- Une esthétique unique et particulière
- Le juste milieu entre le jovial Golden Age, et l'écriture dramatique du Modern
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- Un design de monstres peu inspiré ?
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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urbanvspanini10
urbanvspanini10

Très bon comics. Le dernier numéro reste celui qui m’a le plus touché et surpris. L’auteur maîtrise clairement cet mini. Un must-have. Même si je dirais que j’ai trouvé les 3 numéros assez classique, c’est que au dernier numéro que ça a réellement décollé pour moi.

Si on devait faire une adaptation au ciné d’une rencontre entre Batman et Superman faudrait prendre cet série comme base.

The Bat
The Bat

Merci pour la review ! Y a quand même quelque chose que je ne comprends pas : le jovial du Golden Age ? Pour moi le Golden Age est loin d’être aussi marrant. Au contraire même. Des précisions là-dessus ?