Après l’Homme d’Acier l’année dernière, c’est au tour de Batman de fêter ses 80 ans dans le même temps que ce Detective Comics #1000, numéro anniversaire du titre qui l’a vu naître. Naturellement, DC en a profité pour inviter plusieurs auteurs et dessinateurs célèbres, ayant pour la plupart marqués le Chevalier Noir par le passé, dans ce comics de 80 pages à l’honneur d’un des plus grands héros de notre génération. Faut-il encore que les équipes créatives proposent quelque chose à la hauteur de la chauve-souris et c’est ce que nous allons voir tout de suite (et mes plus plates excuses pour le retard de cette critique).

Des styles familiers à Detective Comics

Le bal est ouvert par le duo des New 52 qui rappelleront certains bons souvenirs mais surtout des mauvais lorsqu’ils étaient (ou sont encore régulièrement) à l’écriture de Batman, Scott Snyder et Greg Capullo. Leur récit se concentre sur le côté détective de Bruce Wayne alors qu’il suit une piste sur une enquête qu’il n’a jamais pue résoudre. L’équipe créative ne change pas de style, la partie graphique et l’écriture ressemble à ce qu’on voyait pendant leur run, mais Snyder compense son côté caricatural en inventant un groupe assez cool que tous les fans des détectives de DC apprécieront. On va pas beaucoup plus loin dans ce que ça raconte, mais cette première partie est agréable.

Dans le même genre, Paul Dini et Dustin Nguyen refont équipe pour ce Detective Comics #1000 et la saveur est la même qu’à l’époque. Dans un style interview, les différents vilains racontent leur altercation avec Knute Brody, le pire homme de main du milieu. Les dessins sont très sympas et l’écriture de Paul Dini est toujours aussi efficace et légère. Il s’agit sûrement de ma partie préférée, déjà fan du duo pendant leur run et dans ce qu’ils ont entrepris séparément.

Kevin Smith continue en utilisant Matches Malone, l’alias de Bruce dans la pègre, afin de retrouver l’arme qui a servi à tuer ses parents. La discussion des deux hommes est parsemée de dessins de combats qui semblent sans rapport si ce n’est un point commun qui sera finalement tout le propos de ce récit. L’auteur apporte donc un symbolisme supplémentaire à Batman appréciable (quoiqu’un de mes camarades trouvait ça plutôt malsain, ce qui est compréhensible), même si mon côté rabat-joie se dit quand même que cet apport ne doit pas être très efficace (vous comprendrez en le lisant). Il est accompagné de Jim Lee, qui dessine de jolies planches, ce qui se faisait rare ces dernières années, surtout quand on voit la couverture standard immonde.

Certains manquent de place

Toutes les équipes n’arrivent malheureusement pas à écrire quelque chose de qualité dans le peu de pages leur étant réservés. Dennis O’Neil et Steve Epting ont juste décidé de montrer le pire côté de Batman, ce qui ne serait pas si dérangeant si c’était suivi d’une réflexion par notre héros, ce qui n’est pas le cas. Au lieu de ça, on se retrouve avec une histoire qui semble coupée au milieu. C’est étrangement la même chose pour l’un des grands collaborateurs d’O’Neil sur Batman, Neal Adams, et de Christopher Priest, qui n’est pourtant pas le dernier des manches donnent l’impression qu’ils n’ont pas compris qu’il fallait une histoire pertinente en 10 pages et on termine leur partie en se demandant à quoi cette lecture a pu nous servir. De plus, l’artiste fait de gros efforts pour offrir des planches correctes, mais il n’est malheureusement plus au niveau. Certains pourront également mettre le récit de Warren Ellis et Becky Cloonan dans ce même panier puisqu’il ne s’agit que d’une démonstration des talents de ninja de Bruce, mais le texte et les dessins sont tout de même assez divertissants pour l’accepter.

Passé, présent et futur de Batman

Certains duos ont aimé se projeter dans le futur du Chevalier Noir, comme c’est le cas de Brian Michael Bendis et Alex Maleev. Le Pingouin devenu vieux raconte à un Bruce Wayne tout aussi âgé la façon dont il a appris qu’il était Batman depuis tout ce temps. Pour le coup, son flashback n’est pas inspiré du tout. Une simple réflexion, comme tout le monde se l’est faite, mais les dessins rattrapent la chose. C’est tout de suite plus intéressant du côté de Geoff Johns et Kelley Jones, dont le style graphique fonctionne toujours autant. Ici, Batman et sa (vraie) famille semblent avoir réussi leur mission : vaincre le crime à Gotham. On se retrouve devant un récit sans grande ambition, mais avec une certaine mélancolie.

James Tynion IV et Alvaro Martinez Bueno voyagent quant à eux dans le passé, lorsque la décision de prendre Dick comme sidekick a été prise. Pour les cinq minuscules pages de ce récit, c’est très sympathique et la réflexion sur Robin tombe juste quoique déjà présente régulièrement ailleurs. Enfin, Peter J. Tomasi et Doug Mahnke s’occupent quant à eux du présent, puisqu’ils doivent surtout teaser le Detective Comics #1001 et la venue d’un « nouvel » ennemi. Le discours est intéressant et affiche bien la mentalité du vilain, tout en ressassant plusieurs combats de Batman. C’est intrigant et bien différent de ce que l’on avait vu de ce personnage ailleurs, en bien.

Pour réellement terminer ce tour d’horizon, je n’ai pas encore parlé de la partie de Tom King et Tony Daniel et Joëlle Jones, mais il s’agit vraiment de l’auteur qui sort des dialogues entre la Bat-Family qu’il avait sûrement de côté depuis un moment. Si son style a tendance à vous déplaire, il est clair que ce passage sera pénible, mais pour ceux qui aiment son écriture et surtout son humour, c’est un moment jovial trop rare que nous avons là.

Un mot sur Detective Comics : 80 Years of Batman

En mars, DC a également fêté cet anniversaire avec le hardcover Detective Comics : 80 Years of Batman qui recueille quelques numéros du titre emblématique. Il est évidemment intéressant de se le procurer si vous n’avez jamais eu l’opportunité de lire la première apparition de Batman, Robin, Batwoman, mais aussi quelques vilains comme le Riddler, Two-Face ou encore Man-Bat. Par contre, avec des personnages aussi anciens, il faut aimer le style des comics du Golden/Silver Age, même si ça vaut quand même l’effort de s’y mettre ne serait-ce que par devoir culturel. Nous avons également droit à des numéros anniversaires précédents, comme le #400 et #500 et d’autres surtout présents pour leur auteur marquant comme O’Neil, Englehart ou Rucka, pour terminer avec le second Detective Comics #27 lors des New 52.

On regrettera cependant que certains numéros sont coupés faute de place ou que certains auteurs/artistes notamment du Bronze et du Modern Age soient absents. Le recueil propose quand même de très bons choix concernant Batman tout en ayant la très bonne idée d’ajouter les premières apparitions d’autres héros bien pulps qui ont servis sur Detective Comics avant le Chevalier Noir ou dans ses backups (Crimson Avenger, Air Wave ou encore Martian Manhunter). Enfin, ce que j’ai préféré reste les mots de quelques intervenants – auteurs, éditeurs et autres – qui s’expriment sur Batman dans ses différentes périodes où on peut apprendre beaucoup de choses, sans compter le petit trésor qu’est le script perdu de Paul Levitz. En vérité, j’aurai voulu plus de ces témoignages et histoires jamais parues car c’est là que se trouvait les vraies découvertes, plutôt que des numéros que j’avais personnellement déjà lu et peut-être vous aussi. Bref, c’est un hardcover très sympathique pour un fan de Batman, mais surtout de comics de toutes époques.

C’était prévisible, mais il y a à boire et à manger dans ce Detective Comics #1000. Difficile de rendre une histoire d’à peine une dizaine de pages ou moins pertinente, mais certains duos s’en sortent bien, tandis que d’autres nous laissent dubitatifs. Tous les aspects de Batman sont abordés et chacun rend son hommage selon sa vision du Chevalier Noir. Ainsi, les fans pourront pleinement apprécier l’exercice, mais les autres seront forcément moins emballés. Malgré cela, ça manque cruellement de profondeur malgré le talent des auteurs – tandis que les artistes font le café malgré certains qui ne sont plus très en forme dirons-nous – et le tout semble assez artificiel. Finalement, tout dépend de vos attentes d’un tel numéro, où la note pourrait descendre si vous souhaitiez du Batman : Black and White alors que celui qui vient juste pour fêter cet anniversaire et se remémorer quelques souvenirs avec Bruce pourrait mettre un bon. Du coup, je mets correct parce que d’une certaine manière, vous avez tous raison.

Correct / 10 Notre avis
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Les +
-Les artistes presque tous en forme
-Des récits pour tous les goûts
-quelques histoires intéressantes qui rendent un bel hommage
-Paul Dini, le #1
-le HC sorti pour l'occasion
Les -
-Manque cruel de place...
-...et d'idées pour certains
-laborieux pour les lecteurs de passage
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