Qu’est-ce que l’actu ? C’est Twitter, le réseau social préféré de Neal Adams pour pousser son coup de gueule. L’artiste connu pour ses réactions enflammées, autant que pour son run sur Green Lantern/Green Arrow, s’indigne d’une situation lui ayant été rapportée (par on ne sait qui) :

Parmi les contacts pris par l’artiste, les rédacteurs du site/magazine Bleeding Cool. Comme on peut s’en douter, aucun artiste n’a été refusé ou viré pour son opinion politique. Seul certains extrêmes sont refusés, non pas dans la pensée politique, mais sa manifestation dans le comics créé. Je pense là à Holy Terror que Frank Miller pensait publier chez DC Comics.

Pour rester dans la même idée d’un artiste très engagé dans une pensée politique controversée, Ethan Van Sciver n’a pas été viré par l’éditeur pour son affiliation. Il a par ailleurs quitté de lui-même l’éditeur l’année dernière. Pourtant, il manifeste pleinement ses idées politiques (très controversées) sur les réseaux sociaux. Chose qui aurait pu amener l’éditeur à réagir, mais ce serait ne pas différencier la vie professionnelle et la vie personnelle. Car ces idées ne se sont jamais intégrées dans ses travaux chez l’éditeur.

L’éditeur ne manquait pas d’occasions. En 2017, l’artiste a été pris pour cible lors de violences à Charlottesville, puis de nombreuses accusations sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à faire l’objet de plusieurs articles journalistiques. Le sale coup de pub aurait pu motiver l’éditeur à réagir, mais aucune annonce n’a été faite, et aucune conséquence n’a été connue concernant Ethan Van Sciver. Il est à la fois l’exemple le plus clivant, le plus connu et extrême, mais illustrant à quel point le parti politique défendu n’est pas un facteur capable de refuser un artiste.

Neal Adams semble avoir eu des retours exagérés de certains artistes, ayant possiblement usé de leurs convictions politiques comme d’un motif. Effectivement, Ethan Van Sciver profite d’une certaine notoriété que d’autres artistes peuvent ne pas avoir. En janvier 2017, suite à l’élection présidentielle, Marvel possédait une majorité d’artistes républicains. Chose qui menait à débat, et une remise en question de la fonction du comics, et son impact politique.

Au delà du comics, l’opinion politique fait partie de l’individu et non de l’artiste. Il est libre d’intégrer ou non ses convictions, et les partager à travers le comics. C’est ce qu’a pu réaliser Howard Chaykin avec diverses œuvres exposant une critique sociale et politique forte. Il est loin d’être le seul.

La véritable problématique est : Les éditeurs peuvent-ils considérer la critique politique dans des comics modernes par l’engagement de l’artiste ? Est-ce une liberté d’expression que l’éditeur doit accepter dans le comics mainstream ? Car le problème n’est pas tant la défense de tel ou tel parti politique, mais bien le message politique et sa représentation.

4 Commentaires

  1. Bon, j’étais parti pour donner mon opinion sur les questions, mais au final j’ai pas envie d’en débattre :) .

    Chouette chronique en tout cas !

  2. “Au delà du comics, l’opinion politique fait partie de l’individu et non de l’artiste”. C’est mon avis PERSONNEL mais je suis pas d’accord avec cette phrase. Tu dis qu’un artiste a la choix ou non d’intégrer ses opinions politiques dans son oeuvre, mais bon, a moins de prendre le terme politique dans un sens très restreint, je pense que le politique constitue une partie intrinsèque de l’artiste. Techniquement une oeuvre d’art c’est une production sensible qui est là pour susciter un ressenti, une émotion, et le vécu de l’artiste influence forcément son oeuvre même de manière inconsciente.

    Bien sur dans ton article tu parles d’expression plus directe de l’opinion politique, avec notamment des exemples comme Miller ou Chaykin, mais bon nier le fait qu’un comics puisse être politique, c’est un peu nier leur aspect artistique et vecteur d’idées et d’émotions. C’est quand même ramener le comics à un simple aspect entertainement qui serait juste là pour proposer des bagarres de super héros (coucou le comicsgate).

    Je suis d’accord sur le fait qu’il ne faille pas sur le principe renvoyer un artiste pour ses opinions politiques même si comme l’explique l’article ça n’a pas vraiment eu lieu. Mais en fait je ne suis pas d’accord avec lui sur le pourquoi il ne faut pas le faire. Pour lui, les comics ne sont pas politiques donc pas de problème. Moi je pense plutôt que toutes les opinions politiques qui ne sont pas de la haine ou du harcèlement doivent pouvoir être exprimées avec n’importe quel personnage, et que les lecteurs doivent pouvoir être capable de ne pas accepter la vision d’un auteur et de ne pas confondre pensée d’un auteur et pensée d’un éditeur, mais bon ça on en est encore loin.

    • Je suis entièrement d’accord du point de vue de la création personnelle (comics indé, où Chaykin exalte pour reprendre ton exemple). Seulement, et c’est certainement une erreur de ma part de ne pas l’avoir précisé, mais le retour de Neal Adams aurait valu pour l’un des Big Two, voir les deux, où il a eu certains contacts qui ont pu lui confirmer que les informations étaient bien fausses. Donc, ce n’est pas considérer le comics comme un simple entertainment, mais restreindre l’analyse aux comics mainstream.

      De ce point de vue, on peut intégrer Chaykin sur certains points (Challengers of the Unknown, quelques elseworlds), ou encore le TDKR de Miller. A noter que toutes ces oeuvres datent d’une équipe éditoriale passée depuis bien trop longtemps (et que je regrette fortement à titre personnel). Un message politique peut être appuyé de différentes manières, mais il est aujourd’hui résumé à peu de choses, sinon qu’il disparaît. On a par exemple le personnage de Green Arrow qui, s’il ne défend pas de valeur sociale, est souvent hors-sujet (New52, que de bons souvenirs !). Politique et comics ne sont pas incompatibles donc, mais une liberté très fine est laissée aux artistes. Un éditeur ne cherche pas à être associé à tel ou tel pensée.

      Ce que je cherche justement à exprimer, c’est cette absence de réaction de l’éditeur face à la personne et sa conception de la politique, et donc, que l’éditeur cherche à rester apolitique. Mais comme tu le dis, la confusion entre idée de l’éditeur et idée de l’artiste, le problème persiste.

  3. Article qui pose réflexion, j’aurais voulu savoir si par artiste tu comprend aussi les scénariste de comics ou seulement les dessinateurs ?

    Pour les problématiques que tu pose :
    Déjà de base l’éditeur de comics accepte une forme de politique avec les Super-Héros contre les Super-Vilains.

    Généralement le fait d’exprimer une opinion politique dans un comics ne me dérange pas, tous dépend de comment cela est fait. Par exemple Captain America : Sam Wilson était politique mais c’était pas dérangeant comme cela était imposé.

    Pour moi toutes personnes peut exposer son opinion politique, c’est une liberté d’expression propre à tous le monde. Mais faut que l’opinion ne soit pas non plus irrespectueuse avec les autres, mais bon c’est une frontière flou (Par exemple si un comics féministe critique les hommes, tu va forcément avoir des individus qui vont râler pour divers raisons, doit t’on à ce moment là interdire le comics ?)

    Autre chose qui à tendances à m’agacer c’est que certains comics se récolte des polémiques assez débiles lié à la politique (Par exemple, le premier numéro de CA : Sam Wilson est passé à la télé parce que CA combattait des américains qui empêchait les immigrants de venir aux Etats Unies, autant vous le dire c’était pas pour le féliciter pour qu’il est passé à la télé).
    Laissait faire les auteur leur trucs !

    Voilà c’était mes réflexions. Bonne chroniques :)

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