La sortie prochaine du film Shazam! en salle de cinéma est aussi l’occasion de (re)découvrir ce héros lors de son reboot des New 52.

SON NOM EST BILLY BATSON

Billy Batson n’est pas comme la plupart des autres enfants. Âgé de quinze ans, cet orphelin vit dans l’attente d’être placé un jour dans une famille d’accueil. Cependant, tout n’est pas si simple car Billy est un garçon en colère, contre le système d’accueil, mais également très touché au fond par l’absence de sa famille. Ces évènements lui ont donné une vision très pessimiste de la vie. Lorsqu’il se voit investi des fabuleux pouvoirs d’un sorcier mourant, Billy Batson acquiert la capacité de se transformer en Shazam, héros surpuissant. Malgré cela, cet alter ego reste en réalité très immature, et n’a pas conscience de son potentiel. En parallèle, on suit le parcours du Dr. Sivana, à la recherche de la source de la Magie. C’est lors d’une fouille archéologique qu’il va libérer Black Adam, possesseur lui aussi des dons du sorcier, qui avait été enfermé à cause de l’abus de ses pouvoirs. Voici le synopsis qui régit ce tome. Si Geoff Johns a conserve, dans les grandes lignes, les éléments qui ont forgé le personnage de Shazam, le propos est lui, sujet à débat.

DANS LE SOUVENIR DE CAPTAIN MARVEL

Délicat de traiter de ce tome sans faire mention des différences avec la version antérieure du personnage. Pour faire court, sachez que Shazam se faisait appeler, dans les années 40, Captain Marvel. Pour des raisons de désaffection du public et de questions juridiques, le personnage s’est vu progressivement changer de nom jusqu’à adopter celui de Shazam dans les années 70. Bien entendu, ce qui va faire grincer des dents, c’est la caractérisation du personnage principal, Billy Batson. A l’origine, c’était un jeune orphelin américain d’environ douze ans, sans domicile, mais qui avait un cœur généreux et purement bon. C’est en cela que le sorcier Shazam reconnut sa valeur, et lui légua ses pouvoirs afin de servir le bien. Avec le contexte d’aujourd’hui, ces codes ne fonctionneraient plus, et passeraient limite pour des clichés. Contrairement à Bruce Wayne (ou même Clark Kent), où le traumatisme subi peut encore passer, il était nécessaire de réactualiser Billy Batson sous une vision plus réaliste de la société et plus impactante sur la condition de l’orphelin. Il ne faut pas s’étonner de voir ce Shazam « nouvelle génération » user de ses pouvoirs pour gagner facilement de l’argent, s’acheter de la bière, ou de s’en prendre à des brutes. Ce seront d’ailleurs les rares séquences d’humour de tout le récit. C’est dommage, car il y a vraiment moyen de se démarquer des autres héros mainstreams, et de toucher un public jeune avec cette histoire de gamin dans le corps d’un super héros. Bien que le récit reste classique dans son développement, le personnage aura le temps d’évoluer pour mieux se rapprocher des valeurs de générosité et d’altruisme.

FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX

D’autres changements ont pris un coup de lifting. L’antagoniste principal, Black Adam, n’est pas présenté comme un simple ennemi. Il apparaît plutôt comme un anti-héros avec son vécu, et ses dilemmes. Geoff Johns redéfinie et recompose aussi la Marvel Family, tout comme le Dr. Sivana, Ibac ou Mister Mind. Autant de personnages issus du répertoire de Shazam, que Johns réécrit les futurs récits. Il y a aussi des défauts propres au scénario, comme des parties qui servent de prétexte à faire apparaître ces personnages justement, ou des éléments trop évidents. Dans l’ensemble, cette réécriture fonctionne si on fait fi de l’ancienne version du héros. Cependant, on ne peut pas dire que l’auteur dénigre son sujet. Il y a de la qualité, un travail de recherche, et une volonté de donner une chance à ce héros.

Pour la partie dessin, il faut dire que le choix de Gary Frank ne pouvait pas être mieux choisit pour mettre en valeur les expressions des personnages. Le dessinateur, comme dans tous ses travaux, a ce talent pour susciter l’empathie. Les scènes d’actions ou les poses des protagonistes sont très soignées, détaillées et mettent bien en avant leur puissance. Cependant, il manque ce petit quelque chose d’enfantin qui collerait bien mieux à l’œuvre, car l’ambiance reste assez grise dans ses couleurs. A noter qu’à l’instar des deux éditions lors de la sortie de Batman White Knight de Sean Murphy, Urban Comics propose aussi une version noir et blanc, inédite, de l’œuvre. Étrangement, grâce à son ton sérieux, et son ambiance de Noël sous la neige, cette version rend hommage au dessin brut de Gary Frank.

Une nouvelle fois, Geoff Johns y présente sa vision d’un personnage, plus moderne avec ses nouvelles bases. Une offense pour les uns, un bon divertissement pour les autres. Il n’en demeure pas moins que Shazam reste une bonne porte d’entrée pour ce héros encore trop peu connu des jeunes générations. Il n’y a pas besoin de se fier à la couverture de Urban Comics pour constater que c’est sur ce dernier modèle que va s’inspirer le film Shazam!

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Les +
- Une réécriture plus moderne et grand public ...
- Un bon point d'entrée sans besoin de lire du Shazam avant
- Le style visuel de Gary Frank (et encore plus sublimé dans sa version N&B)
Les -
- ... qui s'éloigne de la version antérieure de Billy Batson
- Une colorisation un peu terne et grise
- Une ambiance réaliste qui manque d'esprit plus enfantin
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