Dernier tome de Justice League en librairie, mais aussi de cette série Rebirth. Ce sixième volume voit l’occasion pour Bryan Hitch, auteur des cinq premiers tomes, de laisser sa place à Christopher Priest. Ce dernier est également connu pour son travail récent sur Deathstroke Rebirth, proposant des récits à la fois complexes et qui poussent à la réflexion sur des problématiques de notre époque. A son tour, la Ligue de Justice va être confrontée à une menace insidieuse, qui va remettre son pouvoir et sa légitimité en question. Ce changement d’équipe artistique permet-il à Justice League Rebirth de sauver la face, après le run très controversé de Hitch? Petit résumé des impressions de ce Procès de la Ligue de Justice, mais aussi petit bilan pour cette fin de route de Justice League Rebirth.

LE DILEMME D’AIDER LES GENS OU DE COMBATTRE LA CRIMINALITÉ

Au cours d’une intervention de la Ligue pour libérer les victimes d’une prise d’otage, une erreur entre nos héros et les forces de l’ordre provoque la mort accidentelle d’une femme. Désormais, la légitimité de la Ligue est remise en question. Ses membres doivent rendre des compte à la justice américaine, et comparaître devant un tribunal afin de juger leurs droits et leurs actions. Malheureusement, un ennemi mystérieux ne le voit pas de cet œil, et décide d’éliminer publiquement les accusateurs, nuisant davantage l’image de la Ligue. Entre catastrophe naturelle, prévention d’une énième invasion extra-terrestre, ou crise humaine et environnementale, la Ligue doit faire face sur tous les fronts. Des tensions commencent à se créer à l’intérieur même de l’équipe, et le rôle de Batman en tant que leader est également contesté. Le scénariste semble avoir décidé de remettre la Ligue de Justice au plus près de thématiques humaines. Fini les missions d’intervention pour sauver la Terre, souvent présentée comme le symbole de l’humanité et de la vie. Ici, la mission a un côté plus juridique et moral. Les protagonistes se voient descendre de leur statut de dieu pour revêtir celui de super-héros terriens dont les actes, bien qu’ils soient nobles, ne font pas toujours l’unanimité.

justice league  tome 6

DES THÉMATIQUES PERTINENTES ET LÉGITIMES

Une des originalités de cet arc est de donner un « titre » qui accompagne les différentes péripéties des numéros. Ils ont pour but de résumer brièvement les enjeux sans pour autant gâcher la surprise. Nombre d’entre eux feront penser à des messages vus dans des films, des épisodes de séries tv, des musiques ou des comic books. A ajouter les nombreuses références qui émanent de l’esprit de Simon Baz et de Barry Allen, les tweets des civils sur internet, ou les talk show à l’américaine, et vous aurez une idée des intentions de Priest. Il veut faire comprendre aux lecteurs l’importance de la place du média de nos vies. Ballotés dans tous les sens, les héros refont face à leurs conflits internes de chaque héros: Wonder Woman avec le pouvoir de la Ligue, Flash usant de ses connaissances scientifiques pour résoudre les crises, Superman n’est pas à l’aise avec le rôle de leader, Batman est obsédé par le contrôle, les Green Lanterns avec leur place de dernier-venus… Il y a comme une volonté de déconstruction du héros, pour comprendre ce qui les rend fort de collaborer ensemble. C’est assez rare de lire un récit auto-suffisant dans son intrigue, éducatif dans ses thématiques abordées, sous être naïf dans sa forme. Alors oui, il n’est pas exempt de défauts. Il y a de multiples péripéties, complexes, et parfois brutales dans leur résolution. Mais cela ne gâche en rien la lecture pour celles et ceux qui aiment la réflexion derrière. Si vous avez adhéré à Deathstroke Rebirth, vous devriez retrouver le même style. Enfin, ce tome est assez fourni dans son roster car on notera l’apparition de la Ligue de Justice d’Amérique aux côtés de la Ligue de Justice, ainsi que le retour (aux allures de teasing) de J’onn J’onzz, le Limier Martien.

Du côté des dessins, le tome semble être à destination du grand public. Les artistes, bien que différents et uniques dans leur style, nous présentent des numéros dans un style assez cartoon, avec des traits simples sur les visages, sans aller non plus dans le grossier. Il y a très peu de splash pages, ce qui va dans le sens que l’histoire se veut moins grand spectacle comme l’aurait été un Bryan Hitch.

justice league  tome 6

RIDEAU DE FIN POUR LA SÉRIE MAIS PAS DE JUSTICE LEAGUE

S’il y a bien une chose qu’il faut retenir de Justice League Rebirth, même si pas mal de lecteurs souhaiterait penser le contraire, c’est que la série phare de DC aura été très controversée depuis ses débuts. Laisser les clés de la plus grande équipe de super-héros de la Terre à Bryan Hitch était un pari osé, mais surtout risqué. Lui qui est connu pour ses récits aux enjeux cosmiques démesurés, avait déjà eu du mal à respecter les délais pour son Justice League of America de 2015. En comparaison au run précédent de Justice League sous Geoff Johns, les tomes déroulaient un fil conducteur confronté au fur et à mesure à des nœuds de plus en plus difficile à résoudre. Tout n’est pas à jeté, surement pas. Mais Bryan Hitch n’aura pas su laisser son empreinte, la faute à des récits trop tirés par les cheveux, et des résolutions des arcs bâclées. On ne retiendra de bon que la fin de son run, ainsi que ce dernier arc réalisé par Priest.

justice league  tome 6

Ce tome six signe la fin de la série Justice League Rebirth, et on peut dire qu’il s’en sort bien dans l’ensemble. Le propos et le ton du récit marquent une rupture avec celui de Bryan Hitch, mais ce n’est pas plus mal de lire la vision de Christopher Priest sur ces derniers numéros. Évoquer des problématiques pertinentes et complexes sur le plan humain, quoi de mieux que d’y mêler la Ligue de Justice, ce groupe aux héros venus de toutes les horizons. Dommage que l’on n’ait pas retrouvé plus souvent cette qualité dans l’ensemble des tomes.

BON / 10 Notre avis
{{ reviewsOverall }} / 10 Votre avis (0 votes)
Les +
- Christopher Priest
- De bonnes thématiques ...
- La JL et JLA qui collaborent ensemble
- Les références de Simon Baz, Barry Allen, et des "titres" insérés dans les numéros (ex: The Martian, Watchmen, Men in Black, Godzilla, Les Experts, Star Trek, South Park...)
Les -
- Des résolutions d'intrigues brutales par moment
- ... qui peuvent paraître complexes dans ses propos
Ce que vous en pensez... CONNECTE-TOI POUR DONNER TON AVIS !
Order by:

Sois le premier à donner ton avis.

User Avatar
Vérifié
{{{ review.rating_title }}}
{{{review.rating_comment | nl2br}}}

Voir plus
{{ pageNumber+1 }}

4
Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter
4 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
1 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
3 Auteurs du commentaire
MadeathFish talkerThe Bat Auteurs de commentaires récents

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
plus récent plus ancien
Notifier de
The Bat
The Bat

Je trouve un « bon » beaucoup trop peu pour ce tome. Selon moi on tient aisément l’un des meilleurs runs sur la JL. Extrêmement riche, actuel, inventif. En 10 numéros Priest parvient à être plus dense que les les runs de Johns et Hitch réunis. C’est d’autant plus fou que l’auteur ne remplit que le job de fill-in en attendant Snyder et ironiquement il surpasse ses prédécesseurs et son successeur (bien que je n’ai pas beaucoup lu de sa JL à Snyder). C’est terriblement frustrant qu’un run aussi intelligent, subtil et humain n’ait duré que quelques mois… Bref une vraie pépite auto-contenue à ranger pas loin des runs de Giffen, DeMatteis, Morrison ou Waid.

Madeath
Madeath

Je n’avais mais alors pas du tout aimé le run de Bryan Hitch qui était totalement rocambolesque et où les discussions entre les personnages ne volaient pas bien hautes. Pour terminer Priest reprend le run. J’aime beaucoup la série Deathstroke mais j’avoue avoir été plutôt déçu par ce dernier tome de JL mais principalement a cause de mes attentes. En ayant lu le synopsis et l’intérieur du volume, je n’ai pas eu satisfaction. Je m’attendais vraiment a un récit plus terre a terre. Le premier chapitre met très bien en scène une multitude d’événements qui mène a un échec de la mission. Mais les conséquences n’ont pour moi pas suffisamment d’impact sur la fonction de la ligue. Certes les médias en parlent beaucoup et la ligue se pose des questions mais il y a trop d’intrigues secondaires qui se placent dans les numéros et l’histoire du fan psychopathe ne m’a pas emballé. Je voulais un véritable procès et que l’ennemi principal soit le peuple contre une JL qui doit tout faire pour se racheter

trackback
Review VF - New Justice Tome 1 | DCPlanet.fr

[…] tout simplement le relaunch de Justice League Rebirth. Après le travail de Bryan Hitch et de Christopher Priest, c’est Scott Snyder qui se voit confier les rênes de la série. Ainsi, l’auteur de […]