L’archer vert revient cet hiver pour défendre les opprimés de sa ville de Seattle. Après un premier passage très réussi sous la collaboration de Lemire à la plume et Sorrentino au de crayon, c’est une nouvelle équipe qui a la charge d’écrire la suite de l’histoire de Green Arrow dans l’ère New 52. Mais qui dit changement d’équipe, dit également une nouvelle vision dans le développement du personnage. Qu’en est-il de ces récits regroupés dans cette deuxième intégrale? Peut-on s’attendre à un travail d’aussi bonne qualité malgré le changement de l’équipe artistique?

FROM SEATTLE WITH LOVE

C’est au départ avec une certaine curiosité qu’on retrouve Oliver Queen. Après les nombreux combats auxquels il a du faire face dans la première intégrale, et qui l’ont complètement remis en question sur son rôle dans la famille ou dans la société, Green Arrow voyage sur une route perdue pour s’accorder une pause avec le monde. Il en profite pour s’interroger sur soi-même. Vers quel but doit se tourner un homme qui dispose d’autant de compétences et de ressources que lui? C’est également une question que l’auteur, Benjamin Percy, aborde avant de réellement se lancer dans les différents arcs qui vont se succéder tout au long de cette intégrale. Hormis une introduction assez surprenante et brouillonne, Oliver Queen se résout à revêtir le costume. Le justicier sera confronté à des défis de moins grande envergure que la guerre des Outsiders, mais plus sociétaux comme le racisme, le fanatisme et l’opposition de classes sociales extrémistes. Impossible de ne pas remarquer une connotation avec le fascisme, ou encore la séropositivité. Et c’est un bon plutôt positif, le public pouvant mieux se projeter ou s’identifier dans des intrigues plus réalistes et terre à terre. Mais cela peut également poser problème, car ce sont des questions qui ont maintes fois été traitées, déformées, réinterprétés. Le risque c’est qu’elles peuvent ne plus correspondre au message que veut transmettre l’auteur.

 

LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT

Malheureusement, Benjamin Percy ne parviendra jamais à nous surprendre et ce, peu importe l’arc que vous lirez. Ils démarrent tous correctement, le message est suffisamment distillé pour que l’on sache rapidement contre quoi et contre qui Green Arrow se bat. Cependant les péripéties vont enchaîner dans la démesure, numéro après numéro. Cela va se ressentir sur la qualité, et provoquer un tel bordel que l’on sent que l’auteur est presque obligé d’expédier ses conclusions, comme un chirurgien de guerre qui ampute dans l’urgence un membre pour éviter davantage le massacre de la narration. Les conclusions sont beaucoup trop rapides, pas le temps de souffler que l’on enchaîne sur le récit suivant. Il manque clairement des pages, ou du moins quelques cases, pour être satisfait des résolutions des intrigues. Enfin, les trois arcs de cette intégrale sont banales, et ne risquent pas rester dans les mémoires tant ils n’apportent rien de neuf au personnage ou à l’univers dans lequel il évolue.

Côté personnage, on n’est pas sur un mauvais traitement, mais plutôt sur un développement très minimaliste. On retrouve Emiko, la demi sœur de Oliver, qui doit s’habituer à sa nouvelle vie de pré-adolescente. C’est le personnage secondaire qui est le mieux traité d’ailleurs. Quant au reste, du premier tome de cette intégrale, il ne reste que Henry Fyff, mais ne vous attendez pas à le voir briller. Exit Naomi ou les Outsiders, Green Arrow se verra accompagné d’un loup dorénavant dans ses missions, et fera même équipe, pendant un temps, avec Tarentula. Cependant ces nouveaux rajouts sont mal exploités, et souffrent de la comparaison avec le traitement qu’on avait eu sur une Naomi, Shado, ou Diggle, dont les absences se ressentent cruellement ici.

Enfin, concernant les dessins, ce sont quatre artistes qui se répartissent le travail alors que l’on avait essentiellement Sorrentino sur le run précédent. Sans trop s’attarder dessus, il n’y a pas de comparaison possible avec Sorrentino. Ces deux styles sont distincts, et Archer, Fiorentino, Dallochio, et Kudranzki arrivent à fournir un dessin de qualité très correct. Les personnages sont illustrés avec finesse, et propre. C’est pour l’encrage que c’est mitigé. Tantôt les séquences durant la nuit sont réussis, tantôt lorsqu’on passe dans des environnements lumineux et clairs, la couleur verte du costume perd est beaucoup moins mise en valeur lorsqu’on lui oppose des teintes de rouge ou de bleu. Davantage de scènes dans des endroits sombres ou brumeux auraient mieux mis en valeur l’aura de Green Arrow.

Green Arrow Intégrale Tome 2 n’a rien à voir avec la précédente intégrale, tant au niveau de la narration ou du dessin. Le run de Percy se veut plus terre à terre avec des questions davantage ancrées dans notre actualité ou de la société de manière générale, ce qui n’est pas un mal. Cependant, la qualité de son travail reste très classique et n’arrive jamais à décoller ou nous surprendre. On sent l’essoufflement de la période New 52, et Green Arrow en est un bon exemple. Pas nécessairement indispensable à votre collection, ce tome peut néanmoins mériter une première lecture. Dans le cas contraire, vous pourrez vous diriger vers Green Arrow Rebirth.

 

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- Un héros encore plus ancré dans la société
- Une régularité dans le dessin qui reste correcte...
Les -
- Une sous exploitation des personnages secondaires
- ... mais un choix discutable pour le travail de l'encrage
- Un essoufflement dans l'écriture en cette fin de l'ère New 52
- Des fins de récits trop brutales
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Madeath
Madeath

Totalement d’accord. Le premier tome était très intéressant et bien construit avec un bon début et une bonne fin. Dans ce deuxième tome, il y a plusieurs arcs qui au début ont l’air intéressant mais avec une fin qui gâche tout, trop rapide et qui enlève l’intérêt amené durant les chapitres. Heureusement B.Percy a fortement remonté son niveau sur le Rebirth !
Mais ce tome 2 est très dispensable

Apokolips
Apokolips

Le tome 1 peut-il être lu seul ? Les arcs qu’il contient sont-ils tous terminé avant le début du 2 ? J’ai la douloureuse expérience de subdiego qui a vu tous ses arcs massacrés au changement d’auteur entre les deux tomes…