L’histoire que je vais vous raconter se passe dans les bureaux de la rédaction de DC Planet, un vendredi matin. Oui, oui, nous avons des bureaux. Pour nous rendre visite, il suffit d’emprunter un cosmic treadmill ou une autre forme d’outil de voyage inter-dimensionnel et par un petit jeu de hacking psycho-cognitif, vous vous retrouvez dans les luxueux bureaux de la rédaction. Il y a quelques semaines, donc, l’ambiance était bien calme. Chacun zonait dans son petit bureau, à lire des comics, rédiger son mémoire, jouer à Kingdom Hearts 3 ou à mettre en page des dossiers. Soudain, notre rédactrice en chef adorée a lancé un appel dans le couloir : « Dites, les gars, pour la sortie de la série Doom Patrol, on ne pourrait pas en profiter pour en parler, faire quelque chose ? Des idées ? ». Honnêtement, sur le coup, l’appel général a eu peu d’échos. Si le chat d’Harley n’avait pas miaulé à ce moment là, ç’aurait été le grand silence. C’est alors que tous les regards se sont tournés vers moi. Soudainement épris d’un grand sentiment de responsabilité, j’ai pris le taureau par les cornes, je me suis enfermé dans mon bureau pour réfléchir et méditer.

J’ai fomenté des théories, émis des hypothèses et planifié un tas de choses sur mon magnifique tableau blanc. Après 3 jours et 3 nuits, sans rien manger ni presque boire, j’ai accouché d’une idée merveilleuse : la semaine Doom Patrol. Il faut dire que dans l’histoire récente, on a rarement vu quelqu’un parler autant de son dossier que moi avec celui que j’ai écris sur la Doom Patrol (sans compter Sledgy7 avec son dossier sidekick, il est hors catégorie). Dans tous les podcasts, je me prend au moins un petit tacle (plutôt justifié) sur la Patrouille Z. Cette équipe est très chère à mon coeur, et j’ai tendance à réagir assez passionnellement quand on en parle. Alors en l’honneur de la sortie de la série vendredi, aujourd’hui, je vais vous expliquer pourquoi, avec beaucoup de subjectivité, tant en étant quand même un peu objectif.

Ce que m’a apporté Niles Caulder

Laissez-moi d’abord vous raconter comment j’ai rencontré Niles Caulder. C’était à l’époque des New 52. Même si je lisais beaucoup de séries régulières, je n’étais pas très fan de ce que faisait DC à l’époque. C’est à peu près le moment où j’ai commencé à me plonger dans les classiques des 20/30 dernières années, et notamment en lisant tout ce qui est sorti sur Justice League depuis la grande Crise de 1985. C’est là que j’ai lu Justice League Year One de Mark Waid, où il faisait intervenir un petit tandem de personnages étranges : la Doom Patrol. Piqué par la curiosité, j’ai récupéré Doom Patrol #19, Crawling from the wreckage part 1, soit le début du run de Morrison (on vous en parle cette semaine !). J’ai trouvé ça nul, et j’ai rien compris. Affaire pliée ? Pas vraiment. C’est après mes explorations dans le Silver Age que j’ai fini par m’intéresser vraiment à la Doom Patrol, dans sa version originale d’Arnold Drake. C’est là que j’ai vraiment rencontré Niles Caulder et tous les autres. 

Bien plus qu’aux X-Men auxquels ils sont souvent comparés, la Doom Patrol d’Arnold Drake m’a davantage fait penser aux Fantastic Four de Lee et Kirby (dont je suis très fan). On retrouve chez eux la même formule d’entité familiale (là où les X-Men émanent davantage d’un environnement semi-scolaire) et quelques similarités anecdotiques. Clairement, on sent que Drake a été inspiré par la dynamique de l’équipe de Marvel. Mais il ne s’est pas contenté de reproduire la formule : il l’a emmenée plus loin. Contrairement à l’équipe de Reed Richards, la Doom Patrol n’est pas une équipe de célébrités. C’est une équipe de losers regardés de travers par le monde. Un peu comme si toute l’équipe était composés de The Thing. La Doom Patrol d’Arnold Drake était profondément étrange, inadaptée au monde qui l’entourait. A part Rita (qui est un peu la normie du groupe, quoi qu’on en dise), ils ne sont pas beaux ou enviés. Ils sont rejetés par les autres, toujours en proie aux moqueries et aux insultes. Si le monde les regarde, c’est pour les considérer comme des phénomènes de foire. 

Je ne suis pas un cerveau dans un corps de métal, je ne suis pas en fauteuil roulant et je ne suis pas possédé par une entité d’énergie qui irradie mon corps en me forçant à me masquer sous des bandages. Mais j’ai connu les regards de travers, les insultes et le rejet. Parce que j’étais trop ceci, pas assez cela, j’ai passé ma primaire à me faire insulter par des plus forts que moi, et le reste de ma scolarité à me faire traiter de mec bizarre. Les problèmes et les luttes de la Doom Patrol étaient en partie les miens, et en lisant leurs histoires, j’avais l’impression de retrouver ce que j’avais vécu jadis. J’avais l’impression faire partie de cette équipe, de cette famille dysfonctionnelle et géniale, que j’ai juste découvert un peu trop tard. 

C’est un événement ! 

Pour moi, comme pour beaucoup de fans de la Patrouille, le fait qu’ils aient droit à leur propre adaptation en live-action est beaucoup plus important qu’on ne le pense. Si la série reste fidèle à son matériau originel (ce qu’on espère pour l’instant…), elle offre une petite lucarne de plus à toutes celles et tout ceux qui se sentent invraisemblables. Comme d’autres séries (ou films), Doom Patrol a le potentiel de dire de façon beaucoup plus massive que des simples pages de comics à tout ceux qui se sentent différents ou rejetés qu’ils n’ont pas à se sentir honteux. Elle peut parler au coeur de celui qui est mis de côté pour son handicap physique, de celle qui est insulté pour sa maladie mentale, de celui qui est un petit peu queer ou tout simplement atypique. Et pour ça, le choix d’un acteur comme Brendan Fraser pour Robotman, lui qui a lutté pendant des années avec la dépression suite à une agression sexuelle, me semble aller dans le bon sens.

Comme je le disais, j’ai découvert la Doom Patrol un peu trop tard. Après une longue lutte pour être normal, entre temps, j’avais déjà appris à accepter ma différence, à m’entourer de gens qui ne me regardaient pas de travers. Mais j’espère de tout coeur que certains qui en ont besoin aujourd’hui découvriront la Doom Patrol. Et même si la série passe à côté, peut-être qu’elle les emmènera vers les comics d’Arnold Drake, de Grant Morrison ou de Rachel Pollack, de Gerard Way et de Keith Giffen. Non seulement ce sont de bons comics, très créatifs et gentiment psyché, mais en plus, je pense qu’ils sont salutaires pour beaucoup. En tout cas, ils l’ont été en petite partie pour moi.

Le programme de la semaine

Du coup, cette semaine sera un petit peu placée sous le signe de la Doom Patrol, avec un article par jour lié à l’équipe. Et voici le programme des hostilités  !

Mardi 12 Février
Legion of the strange : plongée dans la tête des fans de la Patrol (myplasticbus)

Mercredi 13 Février
The script of : Arnold Drake (myplasticbus)

Jeudi 14 Février
Showcase : Doom Patrol #19 (Harley)

Vendredi 15 Février
La Doom Patrol sur les écrans (myplasticbus)

Samedi 16 Février
Doom Patrol, critique du pilote (Justafrog)

Dimanche 17 Février
Par où commencer Doom Patrol ? (myplasticbus)

En espérant que ce petit programme vous plaise et vous aide à découvrir l’équipe en amont de la série… au pire, prenez votre cosmic treadmill et venez boire un thé dans mon bureau à la rédaction !

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Sherlock Chimp
Sherlock Chimp

ça va être une excellente semaine :)

GeronoHous
GeronoHous

Très très bonne idée qui me permettra de découvrir une équipe que j’ai entraperçu dans JLA: Year One également et qui m’a beaucoup plu ;)