Introduction

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Salve de films DC en développement chez Warner

Au cours du mois de décembre 2018, beaucoup de rumeurs de films en développement sont apparus aux quatre coins du web. Le premier porte sur Blue Beetle, sous son incarnation Jaime Reyes, scénarisé par Gareth Dunnet-Alcocer. Quelques années auparavant, un film en team-up Blue Beetle/Booster Gold géré par Greg Berlanti était déjà annoncé en développement. Mais cette nouvelle annonce montre que la nouvelle équipe de Walter Hamada cherche à développer d’autres possibilités. L’un des intérêts d’un film Blue Beetle porté par Jaime Reyes est notamment de mettre en scène le premier super-héros latino-américain, rejouant ainsi la carte Black Panther en apportant plus de diversité dans l’univers cinématographique de DC.

Quelques jours après, c’est du côté de l’univers magique que s’annonçait un nouveau film, porté par une super-héroïne : Zatanna. Déjà préconisée pour le Justice League Dark de Del Toro (qui semble pour l’instant au point mort), un film se préciserait avec la magicienne dans le rôle titre. Entre Wonder Woman, Birds of Prey, Batgirl et Supergirl, il semblerait que l’héroïne soit décidément vraiment nous le nouveau créneau de DC (et ils n’ont sans doute pas tort !). Peut-être qu’un film Zatanna chercherait à anticiper enfin un futur film Justice League Dark pour la fin des années 2020 ? On peut toujours rêver… Cependant, aucun scénariste, ni aucune équipe n’a encore été annoncé. Sans doute sommes nous encore simplement dans la folle rumeur…

Enfin, dernière annonce encore plus surprenante : le développement d’un film… Plastic Man. Et autant je suis fan absolu du personnage créé par l’excellent Jack Cole (probablement l’un de mes favoris chez DC), autant là je dois avouer que j’ai du mal à comprendre la cohérence de fond. Bien sûr, il y aurait aussi moyen de jouer sur la diversité de tons et de styles, Platic Man apportant un registre comique certain (qui ne plaira sans doute pas aux partisans du #DCisDark). Le plus drôle, c’est qu’une scénariste est rattachée au film : Amanda Idoko ! Quelle stratégie y a-t-il là-derrière ? Probablement aucune : on lance des idées, et on voit ensuite ce qui semble le mieux. C’est aussi une manière de faire…

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 4 : Automne

Border Town annulé

C’était le fer de lance du renouveau de Vertigo. Premier titre sorti hors du Sandman Universe, Border Town s’est soldé avec un petit succès dans les ventes. Plus de 15.000 exemplaires vendus pour le #1, et une réimpression, c’est plutôt pas mal pour les standards actuels de Vertigo. Surtout pour une série aussi politiquement chargée que Border Town, qui s’attaque à la question sensible de l’immigration (pas toujours avec la plus grande subtilité, d’ailleurs). Son auteur, Eric Esquivel, commençait à se placer sur la watch-list des étoiles montantes de l’univers comics. Mais à l’heure de #metoo, même les auteurs à l’apparence progressiste peuvent y prendre pour leur grade.

L’histoire remonte à plusieurs années. Cynthia Naugle, aujourd’hui designeuse de jouets, était autrefois assistante au marketing d’un comic shop. Là-bas, elle sera abusée de différentes manières par son responsable, qui continuera au fil du temps à lui mettre différentes formes de pression. Des années après, en décembre 2018, cette dernière décide enfin de réagir et confronte son abuseur, à travers un long message en privé. Ce dernier lui répond vite-fait en 5 minutes à quelque chose qui lui a pris des mois, des larmes et énormément de courage à rédiger. Alors elle sort de l’ombre avec un long témoignage, gardant l’anonymat de son abuseur. Cependant, assez vite, les éléments se recoupent pour découvrir son identité : Eric Esquivel, scénariste de Border Town.

De là sortent d’autres dossiers et d’autres histoires sordides sur le bonhomme. Assez vite, DC s’empare de l’affaire en interne, demandant à Esquivel de réagir… ce qu’il ne fera pas. Et assez vite vient également la réaction du reste de l’équipe créative. Tamra Bonvilain, coloriste, a réagi à la polémique en affirmant qu’elle avait déjà entendu des rumeurs sur le scénariste, mais jamais aussi graves. Pareil pour Ramon Villalobos, le dessinateur. D’un commun accord, les deux décident de quitter l’aventure créative Border Town. Et le lendemain, DC annonçait la nouvelle que Border Town était annulé, rendant les numéros remboursables.

Je crois profondément que c’était une bonne décision de la part de DC que d’annuler Border Town et de virer proprement Esquivel. Néanmoins, ça reste une mauvaise nouvelle pour Vertigo. Après le scandale du bat-pénis, DC a déjà dû saboter une partie de ses plans pour toutes les lignes “matures” de la maison, en atténuant certains éléments. L’abandon du titre-phare du nouveau Vertigo, associé à des scandales sexuels sur un créateur-maison ne fera sans doute pas beaucoup de bien à ce relaunch…

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 4 : Automne

Elseworlds : le crossover CW cru 2018

Depuis plusieurs années, Berlanti s’amuse à connecter ses séries entre elles sur la CW, avec le grand crossover annuel. Chaque année, la chaîne regorge un peu plus d’ambitions pour cet événement attendu par beaucoup (il se murmure même que certains ne regarderaient que le crossover chaque année, mais chut !).

Cette année, le crossover a débuté avec un bel esprit comique, en échangeant les rôles de Flash et Green Arrow. Mais il a aussi apporté son lot de belles choses, qui ont su réjouir beaucoup de monde : un petit séjour à Gotham et l’introduction de Batwoman, le Monitor, John Wesley Shipp qui reprend son collant de Flash, Superman et Loïs Lane, beaucoup de fan service, et beaucoup de moments pénibles avec Felicity.

Mais peu importe ses qualités et ses défauts, ce crossover a été essentiellement conçu comme un prologue pour le projet le plus ambitieux réalisé par la CW ces dernières années : une adaptation à sa sauce de Crisis on infinite earths. Pour une petite analyse/projection, je vous renvoie à l’article de Mocassin sur le sujet.

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 4 : Automne

Sortie d’Aquaman

Fouillez au fond de votre mémoire, dans vos souvenirs les plus profonds ! Rappelez-vous bien… En octobre 2014, à une réunion d’actionnaires, Kevin Tsujihara, boss de Warner Bros., annonce les projets à venir pour les films DC : Batman v Superman (2016), Suicide Squad (2016), Wonder Woman (2017),  Justice League part one (2017), The Flash (2018), Aquaman (2018), Justice League part two (2019), Shazam (2019), etc. Certains d’entre eux sont arrivés jusque sur nos grands écrans, d’autres sont des petits anges partis trop tôt qui n’arriveront sans doute jamais (ou pas avant un moment). Depuis, bien d’autres films ont encore été annoncés et sont en production. Mais l’un des derniers survivants de cette période d’annonces glorieuse (hum…) reste bel et bien Aquaman. L’un des rares (avec Shazam et Wonder Woman) dont la production n’a jamais trop varié, où le scandale n’est pas tombé. Rendez-vous compte, c’est le dernier film dont la mise en place a commencé au temps où Charles Roven était encore dans le coin à la production (et il paraît loin, ce temps…).

Voilà qu’enfin, il y a quelques semaines, Aquaman est arrivé chez nous, avec ses blagues, ses muscles de Jason Momoa, son univers marin, son parti-pris résolument comics et sa bande originale… bon, qui vaut ce qu’elle vaut. Quoi qu’on pense de ce film au niveau critique, il est parvenu à détrôner tous les autres films de l’univers DC en terme de résultats, dépassant le milliard de dollars, notamment grâce à un public chinois plus qu’enthousiaste. Peut-être parviendra-t-il même à dépasser The Dark Knight Rises pour devenir le plus grand succès de DC, ever. Qui aurait cru ça de l’underdog qui “parle aux poissons”, comme on en parlera récemment dans un podcast spécial ? Maintenant, on attend de voir si Shazam parvient à réaliser le même exploit.

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 4 : Automne

Bilan des ventes annuelles de comics

Autrefois, en 2011, l’initiative New 52 avait donné un coup boost aux ventes de comics, bénéficiant à toute l’industrie dans sa marge de progression. D’année en année, le marché recommençait enfin à progresser, à aller de l’avant. Malheureusement, toutes les histoires ont une fin : 2017 a mis un coup de frein à la progression. Pour la première fois depuis 6 ans, en 2017, les ventes étaient à la baisse. 2018, malgré un premier tiers tout aussi mitigé, revient légèrement à la hausse pour un résultat assez équilibré par rapport à 2017, grâce à une augmentation de… 0,6% ! L’industrie reste donc encore loin des résultats de 2016. Il semble donc que la stagnation des ventes se confirme, et il n’est pas étonnant dans ce contexte de voir DC multiplier les initiatives pour chercher de nouveaux marchés dans une économie plutôt grise.

Au niveau des surprises de l’année, alors qu’on nous annonce régulièrement le déclin des singles au profit des formats reliés, 2018 vient contredire la tendance. Sur le direct market, les périodiques sont en progression de 3,3%, tandis que les reliés sont en baisse de 6,6% par rapport à l’année passée. Une donnée qui reste néanmoins à relativiser, puisque ces recueils se trouvent ailleurs que dans les comic-shops (comme en ligne, ou en librairie).

Cette année encore, DC finit 2è des ventes, que ce soit en quantité de comics vendus (33,82%) ou en revenu engendré (30,04%). Ils parviennent à caser 3 titres dans le top 10 des ventes de périodiques, à savoir Action Comics #1000 (le n°1 de l’année), Batman #50 (en 3è place) et The Batman who laughs (en 9è position).