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Grant Morrison de retour chez DC avec The Green Lantern

C’est peu dire que l’écossais fait partie du panthéon des auteurs DC de ces 30 dernières années. Entre Arkham Asylum, Animal Man, Doom Patrol ou The Invisibles, entre ses runs dantesques sur Batman et JLA, entre 52, Final Crisis et Multiversity ou encore All-Star Superman, Morrison fait partie des grands noms de l’éditeur. Et pourtant, il s’était fait plutôt rare chez l’éditeur ces dernières années. Après un passage controversé sur le titre Action Comics durant les New 52, il a simplement offert à l’éditeur Multiversity (sur lequel il travaillait depuis un long moment) et son Wonder Woman Earth One. Il faut dire que l’homme est occupé, ces temps-ci, notamment par la production de l’excellente adaptation d’Happy! et sa charge de rédacteur en chef pour Heavy Metal… sans compter tous les projets qu’il cherche à lancer sur le grand ou le petit écran, comme une série Invisibles actuellement en développement.

Et pourtant, un beau jour, Grant Morrison déjeune tranquillement avec Dan DiDio, co-publisher bien connu de DC. Ils discutent ensemble de l’état de l’éditeur, et le grand Dan balance le sujet Green Lantern sur le tapis : combien c’est difficile de trouver un auteur qui trouve quelque chose de bon à dire sur cette frange de l’univers qui mériterait d’être développé… Morrison réagit en disant : “Tu sais ce qu’il faudrait faire sur Green Lantern ? Voilà quelques idées !”, pitchant ainsi concept sur concept, histoire sur histoire. DiDio (malgré certains choix douteux) n’est pas bête et flaire le bon coup. Il commence à dire à l’écossais : “Mais, tu ne voudrais pas l’écrire, toi ?”. “Non, non, j’ai pas le temps”, répond le magicien chauve, avant de continuer à pitcher encore et encore. Et à la fin du déjeuner, l’éditeur finit par convaincre Morrison de reprendre le titre en paire avec Liam Sharp, centré sur Hal Jordan. Le #1 sort début novembre 2018

Pour l’instant, il est encore dur de savoir combien de temps durera ce run, qui débute très bien. Morrison et Sharp parviennent à apporter beaucoup d’ambition et d’amplitude sur le titre, en lui apportant une vibe old-school, assez 80’s. Pour un peu, on aurait presque l’impression de se retrouver dans la période pré-Emerald Twilight, avec ce bon vieux Hal Jordan, cowboy de l’espace. C’est à la fois très bon, assez rafraichissant, et en même temps, je reste un peu questionné sur ce côté passéiste. Mais peut-être qu’il vaut mieux un très bon comics vaguement passéiste qu’une croûte qui se réinvente dans le vide…

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 4 : Automne

Annulations pour le New age of DC Heroes

Le mois de novembre a été l’occasion pour DC d’annoncer encore plus d’annulations pour la ligne New Age of DC Heroes : Sideways et Curse of Brimestone. Dès le mois d’août, The Immortal Men de Jim Lee et James Tynion IV était annoncé annulé. Puis en octobre, c’est The Unexpected qui recevait le coup de grâce. Sachant que les New Challengers de Scott Snyder n’étaient prévu que pour 6 numéros, cela fait que les seuls survivants restent Silencer, Damage et The Terrifics. Une occasion de revenir sur l’histoire étrange de cette initiative qui sentait déjà le soufre dès sa création.

Annoncée en avril 2017 sous le titre Dark Matter, ces nouveaux titres étaient censés être un nouvel imprint de DC, porté par l’event Metal de Snyder et Capullo. L’objectif : créer un nouvel espace de créativité pour les artistes, sur des nouveaux personnages ou des réinventions, avec une perspective creator-owned. En octobre 2017, DC en a révélé un peu plus, en annonçant de nouveaux titres et surtout un nouveau nom : New age of DC Heroes. Une manière de marketer plus facilement des nouveaux personnages, et d’expliciter très forts (pour ceux qui n’auraient pas compris) : le futur de DC Comics se joue ici.

Sur le papier, c’était une très bonne idée : injecter du sang neuf dans les héros DC, offrir une carte blanche à des créateurs, qui reçoivent aussi de plus grosses compensations financières en cas de succès et d’adaptation sur d’autres médias. A l’arrivée, le résultat est plutôt mitigé. Les artistes n’ont pas attiré autant que prévu sur les ventes, et beaucoup d’entre eux ont quitté l’aventure après quelques numéros seulement. En plus, pas mal de héros sont réminiscents de personnages classiques de la concurrence et n’injectent pas tant de nouveauté que ça à l’univers DC. Malgré quelques titres sympas (j’ai personnellement pas mal de sympathie pour Sideways, The Terrifics et Silencer), cette ligne n’a jamais vraiment réussi à prendre. Une certaine déception pour cette recherche de fraîcheur, qui ne s’est peut-être pas concentré sur les meilleurs éléments. Une nouvelle qui peut laisser sceptique et peut-être même pessimiste sur les autres nouvelles orientations lancées par DC cette année passée…

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 4 : Automne