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Nouveaux titres pour Vertigo

Dès l’annonce de la ligne Sandman Universe, les éditeurs de DC avaient annoncé une volonté de faire revenir Vertigo sur le devant de la scène. C’est dans cette orientation qu’une série de nouveaux titres, supervisés par l’éditeur exécutif Mark Doyle, est annoncée en juin 2018. Ils sont au nombre de sept : Border Town, Hex Wives, American Carnage, Goddess Mode, High Level, Safe Sex et Second Coming. Toutes les séries cherchent très clairement à s’ancrer dans leur époque, en traitant de thématiques telles que l’immigration, le fanatisme religieux, le féminisme ou encore le monde numérique. Soit des sujets d’actualité qui résonnent beaucoup dans le contexte occidental contemporain, et notamment dans l’Amérique post-Trump.

Pour l’instant, le relaunch de Vertigo n’en est qu’à ses balbutiements. La plupart des nouveaux titres ont plutôt bien commencé leur course au niveau des ventes (autour de 15.000 exemplaires pour tous les premiers numéros, ce qui est plutôt pas mal au vu des standards récents du label). La qualité, cependant, reste encore un peu variable. Si certains titres comme American Carnage font l’unanimité dans la critique, d’autres divisent davantage, à l’image de Goddess Mode. Sans parler de Border Town, qui (comme on le verra) s’est déjà vu annuler suite aux accusations portant sur son scénariste Eric Esquivel

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 2 : Printemps

Jim Lee, nouveau directeur créatif

Comme nous l’avons déjà vu, 2018 a été une année mouvementée pour DC Entertainment, et ce mois de juin en est peut-être le plus grand révélateur. Tout au long de l’année, les têtes pensantes se sont livrées à un véritable jeu de chaises musicales, notamment suite à l’échec de Justice League. Et l’une des grandes nouvelles, c’est l’arrivée de Jim Lee à la place de Chief Creative Officer (ou directeur créatif), en lieu et place de Geoff Johns (on parle de lui tout de suite !).

Concrètement, cela signifie que Jim Lee, en plus de son travail de co-publisher aux côtés de Dan DiDio, assume une position stratégique fondamentale de DC Entertainment. Jusque là, son rôle était essentiellement limité au secteur comics de DC : manager l’orientation générale des comics, manager les éditeurs et les équipes, négocier les contrats avec les acteurs du secteur, etc. En devenant CCO, Jim Lee prend du galon, et met un pied également dans tout le secteur créatif de DC Entertainment, à savoir non seulement les comics, mais aussi les jeux, la télévision, l’animation ou encore le cinéma.

S’il est encore un peu tôt pour voir véritablement les résultats de cette nomination stratégique, il faudra bien observer ses actions dans les mois et années à venir.

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 2 : Printemps

Geoff Johns annonce Killing Zone et Mad Ghost

En parallèle de la promotion de Jim Lee, DC a également annoncé le départ officiel de Geoff Johns de l’exécutif de la maison. Nommé comme CCO en 2010, il a réussi à faire coexister sa place de scénariste de comics avec ses autres responsabilités créatives, en étant notamment l’un des architectes actifs de la série Flash sur la CW. Suite aux remaniements internes liés à Batman v Superman et Suicide Squad, Geoff Johns avait été promu à la tête de DC Films aux côtés de Jon Berg en mai 2016, avant d’être carrément nommé Président et CCO de DC Entertainment, tout de suite après l’initiative Rebirth.

Dès janvier 2018, suite à l’échec de Justice League, Geoff Johns s’était déjà vu officieusement rétrogradé au profit de Walter Hamada à la tête de DC Films. Ce mois de juin en a vu l’officialisation. Depuis, Geoff Johns n’assume plus de rôle dans l’exécutif de DC Entertainment, pour se concentrer uniquement sur le créatif avec deux projets. D’abord, sa société de production Mad Ghost, sous contrat exclusif avec Warner, avec laquelle il continue de produire des séries et des films DC. Aussi, avec son imprint Killing Zone, d’où il supervise notamment la série Shazam.

Il faut bien admettre qu’avec du recul, la nouvelle laisse quand même un petit sentiment d’ambivalence. D’un côté, après deux ans de vaches maigres, les amateurs du scénariste (dont je fais partie) ont pu retrouver doucement leur auteur sur les étalages des comics… et ça, c’est une bonne nouvelle dont on commence à voir les fruits avec Shazam #1 ! Mais pourtant, depuis sa prise de recul, on ne peut que constater que Geoff Johns apportait un contrepoids dans l’exécutif face à Jim Lee et DiDio qui manque cruellement. Avec Rebirth, Johns avait réussi à insuffler une cohésion éditoriale (certes controversée) et un retour aux personnages qui a fait du bien à DC. Maintenant qu’il n’a plus son mot à dire, on retrouve un certain sentiment de navigation à vue, où chacun fait ce qu’il veut dans son coin. C’est comme ça qu’on se retrouve avec un Scott Snyder tout-puissant qui fonce dans son plot tête baissée, et que tout ce qu’on nous avait teasé depuis 2 ans semble parti vers le néant. Et ça, c’est triste.

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 2 : Printemps

Time-Warner officiellement acheté par AT&T

Le mois de juin 2018 voit aussi une petite news côté business, car malgré tout, les comics font partie de l’industrie du divertissement, quoi qu’on en pense en termes artistiques… Petit retour sur les événements : en octobre 2016, le géant des télécommunications américain AT&T (1e fournisseur d’accès à internet et 2è opérateur mobile du pays, 1e opérateur de PayTV) annonce son intention de racheter Time-Warner, maison mère de DC Comics, pour plus de 80 milliards. Mais très vite, le département de la justice américain s’oppose à l’acquisition et intente un procès. Pourquoi donc ? Let’s find out !

D’abord, pourquoi AT&T a exprimé sa volonté de racheter Time-Warner ? Tout simplement pour consolider leur activité et se renforcer, afin de résister aux géants comme Google, Amazon, Facebook ou Apple, eux-mêmes producteurs de contenus. Entre HBO, Warner Bros. et CNN, Time-Warner possède une série d’entreprises intéressantes pour cette consolidation. Par exemple, à travers cet achat, AT&T pourrait mettre en avant tout ce que possède Time-Warner sur les plateformes lui appartenant déjà. Concrètement, plutôt que de payer des droits pour proposer HBO à ses abonnés DirecTV (leur opérateur du câble), AT&T pourrait le proposer gratuitement, ou à prix drastiquement réduit. Un avantage certains pour gagner en nombre d’abonnés.

Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. Le risque étant qu’AT&T s’argue de l’exclusivité du catalogue (massif !) de Time-Warner, ou qu’il en profite pour augmenter les droits de licence à ses concurrents. Ou bien encore qu’AT&T privilégie son propre contenu audiovisuel au détriment de celui de producteurs indépendants ou de celui de ses concurrents. Or, le 12 juin, le juge fédéral Richard J Leon approuve l’acquisition, permettant aux deux entreprises de fusionner. Pour l’instant, les effets ne se font pas encore sentir chez DC, qui a essayé d’anticiper les enjeux à travers ses chaises musicales dans l’exécutif. Mais cela rajoute néanmoins encore un intermédiaire supplémentaire. Autrefois, DC Entertainment était une tentacule de Time-Warner. Désormais, DC n’est plus que le petit orteil d’un géant. Déjà que Time-Warner ne savait pas trop quoi faire de cette division, ce n’est pas dit que le nouveau groupe en sache davantage… Pour poser la question avec les mots de Pete Townshend : “Meet the new boss, same as the old boss” ? On verra bien…

Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 2 : Printemps

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Sherlock Chimp
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Petite question: pour avoir lu le run de Pollack sur la Soom Patrol, est-ce que tu le recommanderais pour quelqu’un ayant déjà lu celui de Morisson? Et si oui, aurais-tu une idée de où se le procurer? Il est totalement introuvable sur des sites comme amazon ou autre…

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Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 3 : Été | DCPlanet.fr

[…] si ce n’est pas fait à la lecture de la première et seconde partie avant, […]

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Dossier – 2018, une année chez DC Comics - Partie 4 : Automne | DCPlanet.fr

[…] si ce n’est pas fait à la lecture de la première, seconde et troisième partie avant, […]