Disclaimer : Cette review n’est pas 100% DC friendly.

Le Black Label, meilleure blague de 2018.

Venez, accourez, prenez place, asseyez-vous, le popcorn est fourni par la maison, les tomates aussi. Aujourd’hui, le rédacteur le moins objectif de Earth-Prime se farcit un comics, et le fameux nouveau label luxueux, dont le seul véritable prestige est celui d’offrir au lecteur une place confortable et de choix pour assister au remake du Dernier jour d’un condamné, avec DC à la place du futur mis à mort. Le Black Label, c’est le prestige de voir les seins d’Harley Quinn sur du papier glacé, avec un Sean Murphy sur ton épaule pour t’expliquer que ce détail fera de White Knight un chef d’oeuvre. Le prestige de voir The Other History of The DC Universe repoussé jusqu’à nouvel ordre, c’est à dire, potentiellement l’année prochaine, potentiellement dans deux ans, et potentiellement lorsque les pages de ton comics commenceront à être difficile à tourner à cause de ton l’arthrose, dans un demi-siècle. Un marasme de marketing et d’éditorialisme qui en dit long sur la capacité des têtes pensantes à s’en tenir à une simple ligne directrice. Le prestige, de voir un label tellement dans la déchéance, qu’il se retrouve après 6 mois à peine à commettre un drive-by, assassinant la gamme DC Classique et lui volant ses titres afin de pouvoir survivre. Le prestige donc, de voir The Killing Joke, Watchmen, et The Dark Knight Returns aux côté d’oeuvres tellement majeures qu’elles se distinguent des autres, non pas par la qualité de leur scénario, mais en montrant en page 16 le chibre turgescent d’une chauve-souris orpheline. Vous ne rêvez pas, vous êtes en 2018 chez DC, et l’année suivante s’annonce déjà mémorable. Avec un peu de chance, Miller réussira peut être à sortir son Superman, censé marquer la sortie du Black Label des mois après la sortie effective de ce dernier, Snyder pourra nous parler une nouvelle fois de Batman, et cela en trois numéros, correspondant à son style habituel d’écriture en trois actes -anecdote/intrigue/retour sur l’anecdote-, et Johns aura peut être l’occasion de nous présenter Three Jokers. Enfin, si l’intrigue Rebirth/Doomsday Clock se conclut l’année prochaine, et si on ne lui donne pas d’autres titres à assurer. Gary Frank est lent, certes, mais une équipe créative fonctionne à deux. Spoiler : Shazam en comics est déjà là, le film arrive vite, à qui la priorité va-t-elle être donnée ?

« No means Yes » – Azzarello et Didio devant les critiques des fans

La forêt est en feu, tout est détruit. Azzarello se tient droit, fier de son cynisme, fier de sa connerie. Dire qu’il y a dix ans, cet homme pondait Joker et Luthor. Dire qu’il réussissait à offrir un des meilleurs titres des New 52. Dire qu’il a fait une partie de l’histoire de Vertigo… Une balle de sniper correctement dirigée aurait largement suffit, mais cette fois, j’ai la rage. La frappe chirurgicale peut commencer. Batman : Damned, c’est la rencontre de deux univers. La fornication sous xanax entre le Dark DC Comics et MTV qui auraient donné un gosse qui ferait passer le plus gros consanguins du Moyen-Âge pour le prix nobel de physique. “Le trash fait vendre, le sexe fait vendre, et Brian semble bien déterminé à gagner le concours de celui qui aura la plus grosse dans la catégorie Subversif pour être subversif”. Voilà ce qu’a dû se dire Didio lorsque, fumant un énorme cubain, il a validé le projet, juste avant de tirer au sort quels personnages il buterait dans Heroes in Crisis. Quatre-vingts ans de publication pour en arriver à Harley déguisée en Joker, tentant de violer Batman sur le toit du comico de Gotham, avant que celui-ci ne reprenne connaissance et ne la tue. Bill Finger et Bob Kane sont morts il y a longtemps, heureusement pour eux. Mais nous y reviendrons. Batman, el famoso psychopathe de Gotham. Bruce Wayne, qui à l’âge de dix piges, commence à braquer son flingue en plastique derrière le crâne de sa mère, car elle vient de se disputer avec Papa, et que ce dernier est parti. Un gosse qui a quand même bien dans l’idée de faire sauter le caisson de sa mère, mais qui se demande si la faire pleurer, ce n’est pas aller un peu trop loin. Entre une gifle avec élan de daronne, lui expliquer que tuer ne résout pas les problèmes, ou simplement le prendre dans ses bras, l’embarras du choix était pourtant laissé à Martha. Mais visiblement, un discours sur le port d’arme, à ce moment précis, est sans doute le plus adapté.

Le lecteur aura aussi l’occasion de découvrir Batman, génie reconnu, fonçant tête baissée dans un bar où tout le monde veut sa peau, pour chopper la star locale par le col. Vous vous souvenez d’Etrigan/Jason Blood, demon millénaire ? Laissez-place à J Blood Dee Mann rappeur au charisme du niveau de celui de Maitre Gims en concert au prestigieux Carrefour Nantes, faisant exploser l’échelle de Villejuif. Azzarello oublie aussi au passage qu’il lui est demandé un titre Batman, et non un catalogue de personnages d’une possible Justice League Dark, chose qu’il fait très bien. La merguez party de l’occulte, où toutes les stars sont invitées dans l’enfer qu’est Batman : Damned, mais plus pour faire acte de présence, que pour servir véritablement à quelque chose -sauf Deadman à la limite-. Et puis vient le main-event, le summum du out-of-character, la petite touche de chantilly périmée sur la montagne de merde subversive : la scène de la tentative de viol. Le viol, c’est mieux que le meurtre, c’est un crime, et en plus c’est sexuel, du pain béni pour obtenir la couronne du plus graveleux. Depuis le temps, on le sait, l’auteur aime l’inclure dans ses récits. Suggéré dans Wonder Woman, et déjà employé pour faire du trash, qui plus est avec une once de zoophilie dans Hellblazer, rien de tel pour donner un peu de piquant à une oeuvre. Le problème ne tient pas ici au viol en lui-même, mais à sa justification. “No means Yes”, c’est bien Brian ! Tu veux un 36 tonnes pour un peu plus de subtilité ? Et ensuite ? “Tu l’as tué, tu dois mourir, donc te violer te hantera, et te tuera un petit peu !”. Pauvre Bermejo, artiste quant à lui au sommet de son art, contraint de se coltiner un écrivain en pleine phase d’AlanMoorite aiguë dans sa période “j’aime les récits de tritons démoniaques qui violent des femmes dans une piscine, et je pense que les super-héros sont une catastrophe culturelle”. Après avoir émergé, Batman répond à cette tentative de sexe forcé, en étranglant Harley jusqu’à ce qu’elle meure d’étouffement -de toute façon, selon la clown, il a apparemment aussi tué le Joker, donc nous ne sommes plus à ça près-. Enfin, le meurtre, c’est dans le meilleur des cas bien entendu, nous ne partirons même pas dans la théorie tournant sur plusieurs forums, selon laquelle, Batman la violerait aussi à son tour, le tout suggéré par certains plans un tantinet limites et l’ambiguïté du texte qui l’accompagne. Et vous savez quoi ?  Cela ne m’étonnerait qu’à moitié. Didio a bien validé tout le reste, un peu plus ou un peu moins, quelle importance ? 

« Alors que Batman poursuit sa descente dans la folie des bas-fonds de Gotham Cityn il doit essayer d’exorciser certains de ses démons… « 

Voilà ce que le synopsis de ce deuxième numéro nous apprend. Le seul ayant besoin d’exorciser ses démons ici, c’est Azzarello.

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The Bat
The Bat

Certainement l’un des pires comics depuis des années. Sans exagération hein. Et même si Bermejo c’est joli, la lourdeur de son style et l’immondice que nous délivre Azzarello font de ce comics un truc à vomir. On parlait du Batman qui tue et qui utilise des flingues comme l’horreur de la caractérisation du personnage sans qu’on puisse s’imaginer qu’un jour on aurait un Batman violeur, ou au minimum un agresseur sexuel…

Cielo
Cielo

Au moins les dessins sont beaux :D

Resendes
Resendes

Très bonne review Blue ! Si seulement ce cas extrême pouvait faire sauter Didio et Brian ..

Sindri Windback
Sindri Windback

Alors le comics est peut être médiocre, voir lamentable, je l’ai pas lu, mais j’ai trouvé que le cynisme/mauvaise foi de l’article décrédibilisait un peu la review et rendait surtout l’article assez désagréable à lire. Après ça reste mon avis personnel.

MoiToutSimplement
MoiToutSimplement

Batman Damned est une purge

Yann Moix
Yann Moix

Il y aura donc que tonton Miller qui peut faire quelque chose de bien chez DC …

Jo Ker
Jo Ker

Mais WTF ? Vous êtes sûrs qu’on parle du même duo qui nous a pondu Joker et Luthor ?
J’attends la sortie VF du titre pour le lire et c’est (c’était ?) une de mes plus grosses attentes mais là, j’ai de gros doutes. M**d* alors !!!
Merci Blue en tout cas pour la review, ça a au moins le mérite de t’avoir inspiré un joli texte ;)

Diacelium
Diacelium

« Hello, dark knight, my old friend »

Balaxang
Balaxang

En fait Batman Damned c’est la suite spirituelle de Batman Cacophony, Kevin Smith finira son histoire… je le sens arriver…

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