Introduction

1. Qu’est-ce qu’un sidekick ?

3. Et chez les vilains ?

2. La fonction du sidekick

4. Briser ses chaînes

3. Et chez les vilains ?

Théoriquement, un antagoniste ne peut pas avoir de réel sidekick, car il implique une relation de confiance alors que le super-vilain ne l’accorde pas en général. Il préfère s’entourer d’hommes de main, motivés par une récompense plutôt que par la volonté de suivre un personnage inspirant, à l’exception des sbires fanatiques. Encore une fois, le comics a de spécial sa quantité de publications sur les mêmes personnages pendant des dizaines d’années, et certains criminels auront droit à leur propre série à commencer par le Joker en 1975 et la Secret Society of Super-Villains un an plus tard (à ma connaissance en tout cas, si vous avez quelque chose de plus vieux, n’hésitez pas à le mentionner). Ils commencent donc à être les propres protagonistes de leurs histoires, sans compter l’attachement que nous avons à force de les voir évoluer en même temps que les super-héros. C’est après cette démarche que nous constaterons les premiers cas de sidekicks maléfiques, même si leur statut est très discutable.

L’amour

Qu'est-ce qu'un sidekick ?

Il est encore une fois difficile de situer le premier sidekick de super-vilain, mais l’une des pionnières est selon moi Terra dans les années 80. Cette dernière se fait passer pour une héroïne auprès des Titans, alors qu’elle travaille finalement pour Deathstroke dont elle est amoureuse. Elle peut donc être considérée comme sa sidekick puisque Slade a beaucoup d’autorité sur elle, qu’elle est jeune et qu’elle partage ses motivations à cause de son amour pour Deathstroke. Cependant, cette romance n’étant qu’unilatérale, la relation de confiance l’est également et on le voit bien dans le célèbre récit The Judas Contract. Il en est de même pour une autre femme aveuglée par l’amour qui arrivera dans la série animée de Batman quelques années plus tard, Harley Quinn. Certainement pas l’égal du Joker, elle est un soutien dont il profite sans toujours lui redonner la faveur, bien que leur couple chaotique est difficile à ranger dans une case. Et pourtant, elle permet d’humaniser le Joker en même temps qu’elle dénonce ses mauvais comportements (dans Batman : TAS, tout du moins), ce qui rend le tout très problématique et laissé à l’interprétation de chacun. Il faudrait juste un couple où règne la confiance entre deux super-vilains, vous me direz, mais ça ne fonctionne pas non plus comme le prouve le très récent duo de Doomsday Clock Mime et Marionette. Les deux personnages s’aiment, mais sont du coup sur un pied d’égalité, et aucun n’est le sidekick de l’autre.

La famille

Qu'est-ce qu'un sidekick ?

Outre l’amour entre deux personnes, l’autre cas de figure d’un sidekick lié à un super-vilain semble être son propre enfant. Deathstroke, encore lui, a ainsi la parfaite sidekick avec la cinquième Ravager Rose Wilson, sa fille illégitime. Seul hic, elle était manipulée par son père et finira par rejoindre les Teen Titans, donc le statut est à nouveau discutable. Il est déjà rare qu’un super-vilain arrive à avoir un enfant, mais ce dernier semble plus facilement refuser son héritage pour choisir le bon côté, à l’instar de Rose justement, mais aussi de Soranik avec son père Sinestro. Dans ce cas, peut-on considérer Talia Al Ghul comme la sidekick de son père Ra’s ? Sachant que ce vieux monsieur dépend plus de sa fille que l’inverse, c’est tout aussi compliqué. Quant à Osiris et Black Adam, c’est carrément la nature de ce dernier qui est confuse, super-vilain qui n’en est pas toujours un (idem pour Holly Robinson et Catwoman). Le plus probant restera finalement Scorn, petit frère de Wrath et miroir maléfique de Robin dans la série animée The Batman, et qui fera une courte apparition dans le run de John Layman et Jason Fabok sur Detective Comics en 2013.

Deathstroke, le croque-mitaine du sidekick

Il n’est d’ailleurs pas anodin de voir Deathstroke comme ennemi des Titans, et en particulier comme la némésis de Dick Grayson. Il sera assez simple de faire un lien entre Batman et le mercenaire, tous deux étant de parfaits combattants avec énormément de ressources, et Dick prouve qu’il n’est plus un sidekick au moment précis où il vainc Deathstroke. Il abat alors l’ombre de Bruce et devient son égal, et ce n’est pas pour rien que Dick abandonne le costume de Robin quelques numéros avant l’affrontement, comme s’il ne pouvait pas le défaire avec. Le mercenaire essaie d’ailleurs, dans la série animée Teen Titans, d’engager Robin comme son élève, évidemment forcé par son grand ennemi.

Autre point point à soulever à son sujet, vous aurez remarqué que les exemples liés à Slade – et en général ceux d’un amour non mutuel – concernent très majoritairement des femmes dépendant d’un homme. Les mœurs étaient certes différentes à l’époque, mais il s’agit en réalité d’un choix logique. Les créateurs de Slade, Marv Wolfman et George Pérez, mettent bien en avant qu’il s’agit d’un mercenaire machiste et détestable, une sorte d’exagération du mâle alpha qui n’a aucune considération pour les femmes, une pastiche prophétique puisqu’elle préfigure l’actioner des 80s au cinéma et les comics des 90s qui aimeront beaucoup copier et parodier Deathstroke dans tous les coins. Slade est en effet vu comme un individu qui ne vit que pour son contrat et sa récompense, et n’a aucun mal à manipuler une adolescente qui a eu le malheur de tomber sous son charme viril. Il était encore à l’époque un véritable super-vilain, c’est à dire tout sauf un modèle à suivre, et ceci explique cette manie de le voir, ainsi que les autres criminels, profiter honteusement d’une femme, puisque le public est censé ne pas cautionner ce comportement et peut-être permettre une prise de conscience sur des sujets comme les femmes et les enfants battues.

Pour revenir à l’idée initiale, l’amour permet difficilement de créer un véritable sidekick, à l’instar du fanatisme qui ne crée aucune confiance du mentor envers son apprenti. La relation parent/enfant pourrait fonctionner, mais la tendance est de voir la progéniture s’émanciper de leur destin criminel. Si on sort de DC un instant, l’univers étendu de Star Wars met en évidence cette contradiction chez les vilains avec la Règle des Deux des seigneurs Sith, impliquant que l’élève se doit de trahir son maître pour prendre sa place. Il reste alors des hommes de main mineurs, Query et Echo pour le Riddler ou Gaggy (plus récemment Archie) pour le Joker, mais on douterait de leur fidélité mutuelle en cas de coup dur. Finalement, le seul exemple probant qui me vient à l’esprit est Dex-Starr, le chat Red Lantern qui accompagne Atrocitus et qui ont une vraie confiance l’un pour l’autre. La création de Geoff Johns et Ivan Reis est donc le premier véritable sidekick de super-vilain, en 2008 donc, mais il y a encore des contestations possibles. Atrocitus ne cherche-t-il pas plutôt à se faire justice ? Est-il donc un anti-héros ? On peut aussi discuter du fait que Dex-Starr n’est qu’un chat sans conscience, est-ce que ça fonctionne quand même ? Sans parler du fait qu’un anneau pourrait lui en donner une, ou encore peut-être qu’il est un chat conscient s’il arrive à exprimer une émotion humaine comme la haine. Vous avez quatre heures pour répondre à ces problématiques.

9
Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter
8 Fils de commentaires
1 Réponses de fil
1 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
7 Auteurs du commentaire
BlueClaygankasongoPara le pacifique ParademonGeronoHous Auteurs de commentaires récents

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
plus récent plus ancien
Notifier de
Ludovic448
Ludovic448

On veut un film sur Robin maintenant ahaha. Très bon dossier ! Les sidekicks sont des personnages essentiels pour humaniser nos personnages (exemple flagrant pour Batman avec sa Bat-Family pas assez mise en valeur).

mavhoc
mavhoc

Comme d’habitude : excellent dossier ! Un plaisir total à lire !

GeronoHous
GeronoHous

Super dossier!

J’ai pris beaucoup de plaisir à te lire! Je ne connais pas trop encore l’univers Young Justice mais tu me donnes carrément envie de m’y pencher!

Para le pacifique Parademon
Para le pacifique Parademon

Dossier très sympa :)

kasongo
kasongo

« …ou encore Blue de DC Planet » :D

Claygan
Claygan

Très, très bon Sledgy, bravo !

trackback
Review VF - The New Teen Titans volume 1 | DCPlanet.fr

[…] un pur chef d’œuvre. Et si le sujet des Titans vous intéresse, je ne peux que vous conseiller un petit dossier sur les sidekicks que j’ai écrit et que tous les sites spécialisés nous […]

Blue
Blue

Chaque fois où je ne me sens pas super bien, je relis ce dossier. Il ne m’a jamais trahi. Le style est lourd, léger, professionnel comme dirait Heenok le sage.