Pourquoi vous parler de Batwoman aujourd’hui ? Tout simplement parce que prochainement la CW aux USA va accueillir une nouvelle série consacrée à l’héroïne Batwoman, introduite dans le crossover annuel Elseworlds.

Batwoman version CW

Batwoman dont le costume à été révélé peu avant le crossover. On appréciera (ou non, au choix) un costume plutôt fidèle aux comics – bien qu’a mon gout, le bas fasse un peu trop leggings. (D’ailleurs cela me rappelle l’anecdote de Evangelyne Lily sur le tournage de Ant Man & The Wasp qui, lorsqu’on lui demandait si son costume était inconfortable, de nombreux acteurs s’étant plaint des leurs, à répondu que c’était parce que les hommes n’était pas habitué à porter des vêtements inconfortables pour des raisons esthétiques…).

Pour revenir à Batwoman, elle est incarnée par Ruby Rose qui est notamment connue pour Orange Is The New Black. Sa particularité, qui visiblement à été aussi une raison de son casting, étant son engagement dans la cause LGBT, ce qui la rapproche du personnage qu’elle va interpréter.

Ruby Rose

Evidemment, comme souvent cette annonce à été diversement accueillie. D’un coté avec beaucoup de chaleur et de l’autre avec un déferlement de haine propre aux réseaux sociaux, entraînant le départ de Ruby Rose de Twitter. Néanmoins le point commun de beaucoup de réactions, était la méconnaissance, voire l’ignorance totale vis-à-vis du personnage – avec des réactions du type « Ils ont fait une Batwoman une lesbienne ». Non, Batwoman à toujours été lesbienne. Enfin, pas vraiment…

Detective Comics #233

La première Batwoman

Car la Batwoman rousse que nous connaissons n’est pas la première incarnation du personnage. La première est apparue lors du Silver Age dans Detective Comics #233 daté de Juillet 1956 après que l’éditeur du titre Jack Schiff ait demandé à Bob Kane de créer une Bat Familly, inspirée du succès de la Superman Familly. Ce sont donc l’auteur Edmond Hamilton et le dessinateur Sheldon Moldoff qui la firent apparaître pour la première fois dans un comics.

L’idée d’un personnage féminin n’était pas innocent (et pas spécialement dans le but de plus de représentativité). C’était tout simplement dans le but de créer un « love interest » à Batman afin de contrer les accusations récurrentes d’homosexualité pour le héros, notamment à cause du torchon qui fit tant de dégâts dans les comics (« Seduction of the Innocent » de Frederic Wertham paru deux ans plus tôt). Il fut une des inspirations pour la création du Comics Code Authority, organe de censure qui castra littéralement toute tentative de créativité, un peu subversive, pendant un long moment.


Comme vous pouvez l’observer dans cette image, on n’est pas spécialement sur un personnage féministe, mais plutôt sur une représentation un peu sexiste selon les critères actuels. Un personnage éperdue d’admiration pour Batman et d’amour pour Bruce Wayne, utilisant un sac à main/utility case (équivalent féminin de la ceinture de Batman), un miroir compact ou bien un filet à cheveux géant.

Et ouais ! Pas la place d’une nana, ici !

Elle eut même son propre Sidekick en la personne de Bat-Girl, qui cache sous son masque sa propre cousine Betty Kane qui apparaît dans Batman #139 en Avril 1961. Bien sur, celle-ci tombe amoureuse de Dick Grayson.

Après avoir été un peu ringardisée par la nouvelle Batgirl (Barbara Gordon) apparue en 1964, DC mit Batwoman à la retraite. Mais devant la pression des fans déçus, elle réapparaît en 1979 dans Batman Familly #10 pour assister Batgirl dans son combat contre Killer Moth et Cavalier, et continue d’apparaître dans les séries Batman Familly et Freedom Fighters.


Notre Bat-Woman (Kathy Kane) finit pas être tuée par La Ligue des Assassins, et plus précisément par Bronze Tiger, dans Detective Comics #485 daté d’août/septembre 1979.

Detective Comics #485

La nouvelle Batwoman

C’est en 2007 lors de la série 52 qui relate les 52 semaines après Infinite Crisis, un an où Batman, Superman et Wonder Woman ne donnent pas signe de vie, obligeant des héros moins capés à assurer la bonne marche du monde.

52 #11

Renée Montoya, qui s’est fait renvoyer de la police de Gotham, est engagé par La Question pour enquêter sur Intergang. Lors de cette enquête, une escarmouche à lieu dans un lieu appartenant à la famille de Kate Kane. Renée va donc interroger celle qui se trouve être incidemment son ex. Lors de la suite de l’enquête Montoya et La Question vont recevoir l’appui de Batwoman.

52 #11

Nous découvrons alors la nouvelle incarnation de Batwoman, qui se trouve être Katherine « Kate » Kane, cousine de Bruce Wayne par la mère de ce dernier, elle aussi riche héritière.

Élevée par son père, le colonel Jacob Kane, depuis la mort de sa mère et de sa sœur lors d’une prise d’otage. Kate suis le traces de ce dernier en faisant West Point, prestigieuse école qui forme les futurs officiers de l’armée US. Néanmoins elle va se faire renvoyer du corps des marines, en vertu de l’article 125 du code de Justice Militaire surnommé « don’t ask, don’t tell», qui si elle mettait fin à l’interdiction pure et simple de l’homosexualité dans l’armée US, instaure un compromis hypocrite qui permet d’être homosexuel mais en contrepartie de le cacher. Dans le cas contraire, le militaire est renvoyé. Cette loi date de 1993 sous l’administration Bush par Colin Powell et fut annulée par l’administration Obama en 2010. Cette loi aurait conduit au moins 14000 soldats à démissionner.

Mais revenons à Kate Kane. Désœuvrée, elle sombre dans l’alcoolisme. Mais après avoir été sauvée par Batman, elle décide donc de mettre à profit son entrainement militaire pour protéger la population de Gotham. Son père découvre ses activités et décide de l’envoyer parfaire son entrainement aux quatre coins du monde.

Après le retour de Batman, ce dernier lui propose de rejoindre Batman Inc. Son réseau de Batmen autour du monde, qu’elle refuse d’abord. Elle finira par rejoindre plus tard les rangs de la Bat famille.

Elle est accompagnée pendant un moment là aussi par Bette Kane, qui entre temps est devenue Flamebird et a fait partie des Teen Titans. Kate pense qu’elle n’est pas prête et lui impose un entrainement avant de partir en mission. Manque de chance, celle-ci le prend mal et part en mission seule, confirmant les craintes de sa cousine et se faisant poignarder par un malfrat. Un schéma qui n’est pas sans rappeler celui de Batman avec certains de ses Robin.

Batwoman #4

Comme tous les supers héros, sa vie personnelle est compliquée. Mais elle finit par trouver un semblant de stabilité auprès de l’inspectrice Maggie Sawyer, qu’elle finit par demander en mariage.

Batwoman #17

Il semble que l’idée de mariage ait été abandonnée par DC Comics pour des raisons floues, laissant les fiançailles s’évanouir dans l’oubli sans donner suite. L’explication officielle étant que « les super héros ne sont jamais heureux en amour », mais cela ressemble quand même à une reculade un peu lâche de peur d’un buzz négatif.

Depuis Rebirth, et à la demande de Batman lui-même, Kate à prit la tête d’une équipe composé de Red Robin, Spoiler, Orphan et, plus surprenant, Gueule d’Argile. Bruce veut que Kate mette à profit sa formation d’officier pour former et diriger une équipe sans grande expérience pour conter une menace assez peu précise mais qui a poussé Batman à agir. Et pour éprouver sa jeune équipe, Kate va affronter son propre père.

Detective Comics #934

Dans un édito présent dans l’édition Urban de 52, Dan Di Dio évoque l’impact qu’a eu, dans la presse le dévoilement de la nouvelle Batwoman et le fait qu’elle était lesbienne. Il dit que le bruit fait à l’époque l’avait étonné. En effet Kate n’était pas la première femme ouvertement homosexuelle dans l’écurie DC puisqu’il y avait déjà Renee Montoya. Mais la présence du symbole en forme de chauve souris en a fait une formidable chambre d’écho. Plus de 10 ans plus tard non seulement l’écho est toujours présent mais il à été amplifié par les réseaux sociaux.

Conclusion

J’ai choisi de vous exposer ses deux versions du personnage parce qu’elles représentent deux reflets de leurs époques respectives. D’un coté dans les années 50 on a une Batwoman amoureuse transie, n’existant que par Batman, et pour Batman sans autre réel rôle que contrer les accusations d’homosexualité à l’encontre du héros. Elle était la représentante d’une époque ou la place des femmes est loin d’être ce qu’elle est aujourd’hui – et donc forcement un peu sexiste. En tout cas, une chose est sure, le personnage ne passerait pas le test de Bechdel.

De l’autre nous avons une héroïne indépendante, forte et désintéressée par le fait de rejoindre la Bat-Familly et, elle-même, homosexuelle. Reflet d’une époque un peu plus ouverte (mais pas suffisamment pour mettre en scène un mariage entre femmes). La parfaite symétrie entre les deux personnages est trop parfaite, à mon avis pour être fortuite. En tout cas c’est réussi. Aujourd’hui le personnage fait parti intégrante du roster de l’éditeur aux deux lettres, et va même le représenter sur le petit écran. Il est indéniable, que c’est parce que cette Batwoman dit quelque chose du moment. Et ce malgré les commentaires désobligeant.

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Apokolips
Apokolips

Un très beau personnage la plupart du temps très bien écrit (hors fin des new 52, catastrophique…). Elle a apporté du sang neuf dans la batverse et c’est tant mieux !

Mocassin
Mocassin

Nan mais tqt, l’actrice elle-même ne semble pas connaître le personnage si l’on en croit son interprétation dans Elseworlds !

Para le pacifique Parademon
Para le pacifique Parademon

Intéressant !