Introduction

1. La genèse de l’équipe

2. Le run original d’Arnold Drake (1963-1968)

3. Le run de Kupperberg (1977, 1987-1988)

4. L’arrivée de Grant Morrison (1989-1993)

5. Les années Vertigo (1993-1995)

6. Trois tentatives de retour (2001-2010)

7. Young Animal (2016-….)

7. Young Animal (2016-….)

 

La Doom Patrol fera bien quelques apparitions anecdotiques dans les New 52 (notamment dans la série Justice League, autour de Forever Evil). Mais c’est véritablement Gerard Way qui se posera comme le sauveur de l’équipe, avec son imprint Young Animal. Accompagné par un Nick Derrington impressionnant aux dessins, ils parviennent à renouer avec l’esprit pleinement étrange qui devrait être inhérent à l’équipe. Sur son label Young Animal, Gerard Way voulait ramener l’état d’esprit expérimental, audacieux et étrange des comics de la fin des années 80/début 90, et Doom Patrol en est clairement la tête d’affiche.

Il met notamment au coeur de l’équipe un nouveau personnage, grâce auquel le lecteur peut découvrir, souvent interloqué, les personnages et l’univers de Doom Patrol. Ce personnage, Casey Brinke, est une simple conductrice d’ambulances… Et pourtant, elle est plus importante qu’il n’y paraît. On y retrouve complètement l’esprit de Morrison, avec une dose de bizarreries et un surréalisme propres à Gerard Way tout à fait bienvenus. Negative Man, Robotman, Flex Mentallo, Danny the World (oui, il a grandi !) et Crazy Jane sont de la partie aux côtés d’autres personnages, qui sont pour beaucoup encore en introduction.

Dossier - Doom Patrol : les héros de l’étrange

Le principal souci de cette nouvelle équipe réside dans son chef d’orchestre, Gerard Way. Depuis la sortie du #1 en 2016, seuls douze numéros sont sortis. La série accuse régulièrement des retards conséquents, qui s’éternisent de plus en plus. Gerard Way, malgré son talent, a beaucoup de mal à livrer ses scripts à temps et la série qui devait être le meneur du label Young Animal peine donc à assumer son rôle, emmenant le label avec lui vers le bas. Le numéro #11 de Doom Patrol, censé introduire au crossover Milk War entre toutes les séries Young Animal et JLA… sort plusieurs semaines après ledit événement. Malgré sa qualité, son rythme de publication erratique fait que la série n’arrive malheureusement pas à mobiliser… Et alors que la plateforme de streaming DC Universe prépare une série télé sur l’équipe, leur absence du côté des comics fait peine à voir. Gerard Way a promis néanmoins qu’il n’en avait pas fini avec Doom Patrol, et qu’ils travaillaient à de nouveaux numéros dans un futur proche. On ne peut que l’espérer…

Après 55 ans d’histoires, la Doom Patrol a touché les sommets créatifs et cotoyé les enfers éditoriaux. Et pourtant, elle n’a jamais vraiment réussi à exploser en étant reconnue à sa juste valeur. Même à la grande époque, la Doom Patrol n’a jamais été un best-seller. La Patrouille Z (oui oui, on l’appelle parfois comme ça en VF) a toujours gardé son petit côté étrange, réservé à une petite bande de passionnés complètement allumés (comme Mike & Paul, deux australiens qui “doomsplainent” la série dans leur podcast depuis 2014 – à une époque de grand vide pour l’équipe). Des amateurs de misfits et de freaks, qui cherchent à prêcher la bonne parole de la Patrol en chantant ses louanges depuis des années… souvent dans le vide. J’en parlais le week-end dernier avec un collègue, qui m’a répondu : “Mais c’est des nuls, eux… Personne ne les connait !”. Oui, peut-être. C’est en partie justement pour leur marginalité underground que beaucoup d’entre nous les aiment tant. Parce qu’en lisant leurs aventures, on se sent chez soi…

Comme le dit Morrison lui-même : “Vous vous rappelez quand tous les autres gamins s’inspiraient de Superman et de Batman comme modèles positifs ? Et bien, si vous pouviez seulement vous identifier à un cerveau humain dans un corps de métal ou à un gars entouré de bandages, et si vous étiez bizarres, bienvenue à la maison. Vous êtes entre amis, maintenant.”