Introduction

1. La genèse de l’équipe

2. Le run original d’Arnold Drake (1963-1968)

3. Le run de Kupperberg (1977, 1987-1988)

4. L’arrivée de Grant Morrison (1989-1993)

5. Les années Vertigo (1993-1995)

6. Trois tentatives de retour (2001-2010)

7. Young Animal (2016-….)

6. Trois tentatives de retour (2001-2010)


Au cours des années 2000, DC cherchera à faire revenir sur le devant de la scène son équipe de l’étrange, à travers trois essais plus ou moins anecdotiques, sur lesquels il est possible de revenir plus brièvement.

Le premier à s’y attaquer sera John Arcudi, pour un run d’une vingtaine de numéros, dans un style beaucoup plus classique que la période Morrison/Pollack. Il introduit quatre nouveaux personnages, ne gardant que Robotman (plus ou moins…), le reste de l’équipe ayant été tué par accident par Dorothy. Il réoriente la série autour d’une série d’action classique, à tendance humoristique. Les membres de la Doom Patrol conservent une petite excentricité, mais perdent aussi énormément de leur piquant et de ce qui les rendait spéciaux. Chez lui, on trouve une équipe corporate de heroes for hire, bossant pour l’entreprise Jost Enterprises. Le run est loin d’être mauvais, avec un ton léger et un esprit assez proche de la Justice League International… mais pas forcément approprié pour Doom Patrol.

Le deuxième à tenter de relancer l’équipe est John Byrne, qui comme à son habitude, a voulu montrer l’étendue de son génie en supprimant toute la continuité pour faire les choses à sa sauce. Il réintroduit la Doom Patrol comme si c’était la première fois, jetant aux oubliettes le travail de Drake, Morrison, Kuperberg, Pollack et Arcudi. Il repart avec l’équipe originale, soit les quatre membres introduits par Arnold Drake, auxquels il adjoint Grunt, un gorille à quatre bras, Vortex, citoyen du futur, et Nudge, une jeune femme télépathe. Votre appréciation pour le run de Byrne sera sans doute équivalent à votre attachement à l’histoire de l’équipe et à votre tolérance pour des types d’un certain âge qui embrassent des filles de 12/13 ans. Arnold Drake, lui, n’a jamais caché son dédain pour le bonhomme.

Dossier - Doom Patrol : les héros de l’étrange

Enfin, le dernier essai sera signé Keith Giffen, qui rêvait depuis un moment d’écrire la Doom Patrol. Infinite Crisis permet de réintroduire la continuité et l’héritage de la patrouille, tout en gardant les errances du run précédent. Mais on voit assez rapidement que Giffen n’a pas non plus beaucoup d’estime pour ce travail, tuant Nudge dès les premières pages et faisant fuir Grunt (prends ça, John Byrne !). Le travail de Giffen est un véritable retour aux sources. Même s’il n’amène pas ses lecteurs aussi loin de Morrison ou Pollack dans l’étrange et l’excentrique, il parvient à retrouver l’esprit de Doom Patrol grâce à un amour communicatif pour ses personnages et leur continuité. Tant et si bien que ça n’en fait pas franchement une lecture facile pour les débutants. La série est annulée une fois de plus après 22 numéros, notamment en prévision des New 52, qui voient tout l’univers DC rebooté.