Introduction

1. La genèse de l’équipe

2. Le run original d’Arnold Drake (1963-1968)

3. Le run de Kupperberg (1977, 1987-1988)

4. L’arrivée de Grant Morrison (1989-1993)

5. Les années Vertigo (1993-1995)

6. Trois tentatives de retour (2001-2010)

7. Young Animal (2016-….)

3. Le run de Kupperberg (1977, 1987-88)

 

La mort de l’équipe n’a malheureusement pas réussi à émouvoir assez les foules pour espérer un renouveau immédiat. Il faudra attendre patiemment plusieurs années avant de voir la Doom Patrol réapparaître dans les pages des comics. Mais grâce aux appels du pied d’un petit nombre de fans, l’équipe renaîtra de ses cendres, et particulièrement grâce à l’action d’un jeune auteur, Paul Kupperberg. Fan de l’équipe originale d’Arnold Drake, ce dernier a fait des pieds et des mains pour essayer de remettre l’équipe sur le devant de la scène. Ce sera chose faite en 1977 dans les pages de Showcase #94, ressuscité pour l’occasion, après plusieurs années de hiatus.

Dans cette nouvelle itération de l’équipe, Robotman est le seul survivant du cataclysme de 1968. Il revient avec un nouveau corps dans les locaux de la Doom Patrol pour y trouver de nouveaux occupants : Celcius, indienne et leader de la nouvelle équipe, Tempest, noir et vétéran du Vietnam et enfin Valentina « Negative Woman » Vostok, une jeune femme russe possédée par le Negative Spirit. Cette New Doom Patrol revête une dimension internationale, cherchant à surfer sur la vague des X-Men propulsés par Claremont chez Marvel depuis 1975… ironie de l’histoire assez délicieuse lorsqu’on connaît les affres d’Arnold Drake contre les mutants de Marvel, qui était persuadé que Stan Lee lui avait piqué son idée. Les 3 numéros de cette nouvelle équipe provoquent l’enthousiasme des lecteurs, ouvrant la possibilité d’une nouvelle série Doom Patrol… mais le destin en décidera autrement. L’inflation, le prix du papier, la récession économique et le blizzard auront raison d’un tas de titres DC. Avant même sa conception, la « DC Implosion » aura raison de la New Doom Patrol.

Dossier - Doom Patrol : les héros de l’étrange

Il faudra attendre plusieurs années pour voir l’équipe revenir sur le devant de la scène. Kupperberg, toujours passionné, casait des références à l’équipe sur les titres qu’il écrivait ça et là ça et là. Robotman et Mento sont venu prêter main forte à Beast Boy dans New Teen Titans. Et progressivement, le bruit est revenu, l’enthousiasme s’est réveillé, tant et si bien que DC a approuvé une nouvelle série Doom Patrol, écrite par Paul Kupperberg. L’équipe comprend toujours l’indéboulonnable Robotman, Celcius, Negative Woman et Tempest, en y ajoutant les jeunes recrues Lodestone, Karma et Scott Fisher. Ce run, articulé autour du retour du Chief et de Negative Man, n’est malheureusement pas resté dans les annales. Plusieurs problèmes se sont posés.

Le premier souci repose sur l’art. Si les premiers numéros, illustrés par Steve Lightle sont très solides, son remplacement par Erik Larsen (à cause des fameux « différends créatifs » qu’on connaît toujours) ne fonctionne pas forcément aussi bien. Entre Lightle et Larsen, on passe d’un dessin réaliste porté par une mise en scène intéressante à un style porté sur l’action, avec des visages aux expressions pour le moins… limitées. Assez rapidement, le public s’est plaint, notamment en fermant le porte-monnaie. Un deuxième problème repose sur les personnages en eux-mêmes. Dès les numéros de Showcase de 1977, certains lecteurs expriment dans le courrier des lecteurs qu’ils ne comprennent pas trop pourquoi les nouveaux membres sont aussi beaux et pas assez étranges. Cela continuera dans la suite de son run. Ses nouveaux personnages ne fonctionnaient tout simplement pas, surtout Karma (un punk qui sonnait aussi punk qu’un Steve Buscemi ridé jouant au teenager dans un lycée). Et enfin, un dernier souci, sans doute le plus grave : Paul Kupperberg n’avait tout simplement rien compris à Doom Patrol. Plutôt que d’en faire une équipe de rejetés et d’exclus, il les a transformé en team de superhéros à la mode, à l’image des X-Men ou des New Teen Titans.

Depuis, Kupperberg a fait son méa-culpa, invoquant son inexpérience et son jeune âge. La légende raconte même qu’il serait allé s’excuser auprès d’Arnold Drake lui-même pour avoir ruiné son équipe. Les ventes baissent drastiquement, DC appelle un jeune écossais recouvert de gloire pour Arkham Asylum et Animal Man : Grant Morrison. C’est lui qui reprendra les rênes au numéro #19.