L’anti-héroïne la plus bankable du moment revient pour un troisième tome, depuis le dernier relaunch DC, sous la plume d’Amanda Conner et de Jimmy Palmiotti. Mais ce volume est également marqué par le retour de Paul Dini, créateur du personnage, à l’écriture d’une mini-série. Décortiquons ensemble ce nouveau volume de Harley Quinn Rebirth.

Toujours dans la surenchère

Suite aux événements du tome précédent, des fourmis géantes ont été libérées sur Coney Island et veulent libérer leur chef, Zorcrom, une entité ultra puissante voulant conquérir le monde. Les auteurs vont introduire un élément intéressant dans la réflexion de ce nouveau personnage : le fait qu’il ne connaisse pas ce monde et qu’il souhaite en découvrir plus avant de le coloniser. On aurait pu assister à un voyage initiatique à travers le monde et ses cultures multiples, à un road trip dans les déserts californiens et ses paysages à couper le souffle. Mais ce serait mal connaître les scénaristes qui, cantonnés à leurs gags gentillets depuis leur reprise du titre, vont simplement lui faire manger des sandwichs au pastrami et apprécier la poitrine imposante des jeunes New-Yorkaises. Le seul intérêt de cet arc est de faire revenir un personnage habitué du titre, Power Girl, ainsi que l’une de ses collègues de la JSA, Atlee. Le clin d’œil au run de Palmiotti, Gray et Conner sur le personnage est sympathique mais n’apporte rien de plus au récit.

Cependant, le run suivant, teasé tout au long du second volume, se devait de sortir du lot. Cette fois-ci, c’est au tour du maire d’engager des cannibales pour se débarrasser des sans-abris qui dorment dans les rues de New-York (parce que c’est bien plus simple que d’ouvrir des refuges, c’est bien connu). Malheureusement, le scénario est aussi creux que le précédent, à coup de blagues qui ne font pas rire et autres bastons gratuites afin de remplir un quotta de violence pour le personnage. Mais cet arc se veut surtout moralisateur envers le sort des personnes SDF dans les grandes villes, dont les représentants préfèrent installer des bancs à accoudoirs ou faire patrouiller des vigiles dans les parcs plutôt que de traiter cette situation à la racine. Le seul problème c’est que ce comics ne considère pas du tout ces gens comme des personnages à part entière, mais plutôt comme une foule seulement bonne à se faire décimer, ce qui ne sert absolument pas le propos initial.

Un futur plus radieux ?

On part ensuite l’an 2167 où des combats font rage pour savoir qui sera digne de retourner dans le passé pour venger la mort de Batman, assassiné par une certaine Harley Quinn. Cet arc, dont on peut voir des aperçus dans les numéros précédents, se démarque peu pour son originalité. Cependant, il a le mérite d’introduire une héroïne intéressante et prometteuse qui, je l’espère, aura sa place dans le titre par la suite. Mais surtout, les dessins de Joseph Michael Linsner sur les scènes du futur apportent un vent frais à la série. La transition entre les artistes est malheureusement trop brutale lorsque vient le temps de la rencontre entre les deux univers.

Mais un détail m’a particulièrement surpris lors de cette lecture. Conner et Palmiotti ont réussi à donner une caractérisation assez maline au personnage le plus insupportable de la série jusqu’alors : Red Tool. La lecture est plaisante et apporte un très léger espoir quant à la suite du run.

Puis viens, pour terminer, le récit « Harley aime le Joker » par Paul Dini et Jimmy Palmiotti, reprenant un design cartoon à la Mad Love. On y suit les deux vilains dans des aventures rocambolesques pour fuir leur ennemi de toujours, Batman. Bien qu’il soit plaisant de revenir aux sources du personnages, la mayonnaise a du mal à prendre. Le choix d’Urban Comics de publier ces Back-ups en une seule et même histoire est discutable. On ressent péniblement les coupures entre chaque partie et ce qui marcherait certainement en mini-sketchs ne convient pas à une lecture bout à bout. De plus, la fin ouverte (menant en VO à deux épisodes spéciaux non présents ici) est désagréable et il en ressort une impression mitigée, comme si la présence du créateur du personnage sur le titre devait assurer à elle seule sa qualité.

Après les zombies dans le tome précédent, c’est au tour des insectes géants et des vampires cannibales de faire leur apparition dans les pages de ce comics. A croire que les auteurs ne savent plus quoi inventer pour faire exister leur titre. Malgré un sous-texte qui peut paraître intéressant, celui-ci est souvent très mal exploité, martelé à coups de dialogue moralisateurs plutôt que judicieusement intégré à l’histoire. On en ressort avec une impression de déjà vu, et les maigres bons points ne viennent pas relever le niveau général de cette série. Il est dommage de voir un personnage comme Harley Quinn, synonyme de liberté et d’émancipation, enfermé dans de tels carcans.

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Les +
- Les dessins de Joseph Michael Linsner
- Red Tool est moins inintéressant
Les -
- Des menaces disproportionnées
- Des arcs sans originalité
- Les messages éclipsé par la forme
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