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Dossier – Plastique, Québec, et Terrorisme

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Sommaire
Dossier : Plastique, Québec, et Terrorisme

Après un entracte engagé consistant à jeter des sacs de sels sur tous les acteurs du scandale Black Black Canary, ou BBC pour les intimes – dédicace à Tyler Knight-, tout était bien parti pour enfin m’attarder sur mon prochain chef d’œuvre d’investigation : le corps d’Apollon des temps modernes d’Henry Cavill. Mais, malheureusement, force est de constater que j’ai encore une fois tristement échoué, en dérivant vers un autre sujet, qui j’espère, ravira les petits, les grands, ainsi que les amateurs de plastic, permettant de ce fait aux corses et aux basques de participer. Mais d’abord, un petit point histoire-géographie.

I – Le Québec, plus qu’une simple province canadienne

Le Canada, c’est 3 territoires et 10 provinces, et parmi celles-ci, une que tout le monde connait : Le Québec. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En effet, il faut comprendre que quand Jacques Cartier fout les pieds en Amérique du Nord en 1534, il ne s’est pas tapé la traversée de l’Atlantique pour aller chercher du sirop d’érable, et est bien décidé à contribuer au premier empire colonial français. Ainsi, est créée la Nouvelle-France, au drapeau marqué par ses lys, vice-royauté qui perdurera tout de même jusqu’en 1763. A cette époque, le Canada n’est qu’une des diverses colonies constituant cette monarchie, dont la capitale créée pourtant bien des années plus tard, en 1608, est la ville de Québec. Comme sur le reste de ce nouveau territoire, la langue officielle est bien entendu le français. Tout cela va perdurer pendant plusieurs longues années, jusqu’à ce que, comme d’habitude lorsque tous les dirigeants d’Europe décident de montrer en même temps qu’ils ont la plus  grosse, la guerre éclate. Et cette guerre, qualifiée sobrement « Guerre de 7 ans », bien que quasiment exclue des manuels d’histoire européens, est pourtant considérable. Une véritable guerre mondiale au sens littéral du terme, qui se conclut par la défaite du Roi de France, de l’archiduché d’Autriche, et du Saint-Empire face à la Grande-Bretagne et la Prusse.

Ainsi, en 1760, la Nouvelle-France se rend, Québec ayant été prise un an auparavant, et en 1763, suite au Traité de Paris, Louis XV auquel il a été laissé le choix, préfère céder à son ennemi la Nouvelle-France, plutôt que les Antilles.  Avec les provinces du Canada et de l’Acadie, et les territoires du Haut du Mississipi et des Grands lacs, The Province of Quebec est formée, et c’est un peu le début des emmerdes pour les britanniques, qui ont un peu trop poussé à bout les habitants. En effet, en plus de leur imposer des taxes histoire de renflouer les coffres après la guerre, Londres tente de gérer cette nouvelle terre dont elle ne connait rien avec des lois inadaptées, et pour couronner le tout, les lois anglaises sont imposées à tous. Et alors que la colère monte, arrive dès 1773 les prémices de la Guerre d’Indépendance, et les anglais commencent à flipper. Entre les français et les américains qui s’allient, et la colère des francophones qui grimpe depuis dix ans, il y a quelque chose de pourri dans l’ancien royaume de Nouvelle-France. En 1774 est donc promulgué L’Acte de Québec, rendant aux français des droits issus de leur pays d’origine,  les laissant pratiquer leur religion –catholique-, les habitants d’Albion étant anglicans, et la Province de Québec est agrandie. Et enfin, Lafayette et Washington débarque, l’occasion pour tous de choisir un camp. Certains restent fidèle à la couronne de France et aident les américains, certains se sentent plus assimilés aux britanniques, et enfin, troisième catégorie, certains loyalistes anglais se tirent au Québec lorsqu’ils voient la défaite venir pour leur équipe vers la fin de la Guerre d’Indépendance.

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Seul problème, même si Washington décide de ne pas aller les poursuivre, ces soldats se réfugient dans une province qui est certes britanniques, mais se retrouvent en minorité face aux francophones deux fois supérieurs en nombre. L’impossibilité de s’intégrer se fait donc vite sentir, les natifs anglais voulant qui plus est de nombreux privilèges sur le reste de la population. Le gouvernement voit la catastrophe arriver, et décide par l’Acte constitutionnel de 1791, de scinder le territoire en deux, divisant la province en un Bas-Canada francophone, et un Haut-Canada anglophone. Néanmoins, après plusieurs années, les Canadiens-français se rendent compte qu’ils se sont fait entuber, et qu’un bon nombre de lois les désavantagent totalement. En 1834, un cahier de doléance est envoyé directement à Londres pour expliquer leur situation, mais la capitale, en plus de mettre trois hivers à traiter la requête, répond par la négative, et renforce le pouvoir des anglophones, mettant le feu aux poudres. Entre révolte armée, et répression sanglante, le gouvernement cède, mais à sa manière, en unissant de nouveau les deux Canada en 1840, tout en prenant des mesures claires et précises visant à intégrer convenablement les francophones, de plus en plus nationalistes. 1867 marque un tournant pour le Canada. En effet, les britanniques décident progressivement de découper le pays ainsi que de l’agrandir.  Scindé une nouvelle fois en deux provinces, le Québec –français- et l’Ontario –anglais-, viennent se greffer à l’ancien Canada, la Nouvelle-Ecosse et Nouveau-Brunswick. Par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, ce nouveau Canada devient, bien qu’il ne soit pas entièrement souverain sur certains plans politiques, indépendant. Le Québec et ses habitants peuvent enfin jouir d’un territoire reflétant leur culture et leur langue. Enfin, dans l’idéal…

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Mais -parce qu’il y a un mais-, tout ne se passe évidemment pas comme prévu. Au cours des années suivantes, le Québec, ainsi que le Canada connaissent tous deux un fort essor industriel, mais la crise économique va progressivement pousser les habitants à remettre en doute l’idée du modèle fédéral, jugeant le gouvernement du pays en partie responsable de ce qui arrive. Alors qu’ils n’avaient pas totalement disparu mais s’étaient grandement calmés, les mouvements indépendantistes reviennent progressivement en force, allant jusqu’à revendiquer un nationalisme québécois, et sont soutenus par divers homme politiques allant de députés au premier ministre de la province. La crise s’intensifie, et la colère monte. Durant la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni coupe les fonds alloués au Canada pour se consacrer à la reconstruction d’Albion, les ressources n’arrivent donc plus outre Atlantique, et ce sont les USA qui contribuent alors au développement industriel du Québec, jetant encore un peu plus d’huile sur le feu dans une contrée qui prône de plus en plus le rejet du Canada.  Tandis qu’entre deux guerres, le pays à la feuille d’érable devient enfin souverain via le Statut de Westminster, le fameux krach boursier de 1929 met l’économie du pays en position banqueroute, le clivage continue de se former, et les carabistouilles d’Hitler ne vont pas arranger les choses. Les Canadiens-français, majoritairement non touchés par la propagande militaire, cette dernière n’étant pas traduite car le gouvernement du pays n’en voyait pas l’intérêt, sont, contrairement au reste des autres habitants, contre une politique interventionniste dans ce conflit mondial. Une fois le petit moustachu défait, le Québec se démarque par une période ultra-conservatiste socialement ainsi qu’économiquement, que certains qualifieront de « Grande Noirceur » qui se termine en 1960. Les dix années qui vont suivre vont ainsi nous amener au cœur du problème, la Crise d’octobre 1970.

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II – Just Watch Me !

Assez oublié, laissez-moi maintenant vous conter l’histoire d’un des événements les plus traumatisants pour le Québec, et dont la plupart d’entre vous n’avez probablement jamais entendu parler. Bien que passée la Grande Noirceur, les salaires continuent d’augmenter, le Canada traversant une relative période de prospérité, le taux de chômage atteint des sommets. De plus, une fracture sociale se creuse entre les anglophones, possédants à la fois les usines – leur assurant le monopole économique- et la plupart des postes à responsabilité dans le gouvernement et la fonction publique –leur assurant le monopole politique- , et les francophones, condamnés à effectuer des métiers d’ouvriers. Ainsi, alors que le Québec amorçait une Révolution Tranquille, le tout va assez rapidement tourner vinaigre. Dès 1963, le Front de libération du Québec (FLQ) est formé par des nationalistes québécois prônant l’indépendance de la province. Mais cette fois, terminées les manifestations pacifistes. Après plusieurs attaques à la bombe sur différentes casernes militaires et une sur une voie ferrée manquant le premier ministre du Canada, la banque nationale du pays est braquée, et des armes commencent à disparaitre dans les bâtiments détenus par l’armée. En 1968, un québécois, Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin, devient officiellement premier ministre du Canada. Et comme si tout n’étais pas assez compliqué, les choses ne vont pas aller en s’arrangeant. En effet, le nouveau dirigeant du pays décide d’aller parader à Montréal à l’occasion des feux de la Saint Jean. Mais cela n’est pas au gout des souverainistes québécois, dont le mouvement compte de plus en plus de partisans, et la fête dégénère logiquement en émeute. Trudeau répond par la force, dans un événement que l’on nommera plus tard le « Lundi de la matraque », où près de 300 personnes sont arrêtées, et où 200 autres sont blessées. Entre Pierre Elliott et la province, la guerre est déclarée, et le degré de violence ne va pas arrêter d’aller crescendo. Plus d’une trentaine d’attentats à la bombe éclatent, causant majoritairement des dommages financiers –moins de 10 morts et une quarantaine de blessés-, et la plupart des auteurs sont arrêtés. Le Québec est dans une impasse, mais en octobre 1970, les deux camps passent à la vitesse supérieure.

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Le 5 octobre, un diplomate britannique est enlevé par le FLQ qui force la radio à lire en direct le manifeste écrit par l’organisation, prônant l’indépendance et le nationalisme du Québec. Il faudra attendre 2004, dans le numéro #28 de Violence et Société, revue juridique, pour apprendre publiquement que la police locale, ayant infiltrée le réseau, avait conscience que l’enlèvement allait avoir lieu, mais a tout de même fermé les yeux. C’est en effet ce qui ressort du rapport de 1981 de la Commission Keable ou Commission d’enquête sur des opérations policières en territoire québécois. Alors que le gouvernement annonce qu’il ne cédera pas, le ministre du Travail et de la main-d’œuvre du Québec, Pierre Laporte, est lui aussi capturé par les indépendantistes. Des négociations s’entament, mais sont très vite rompues. Les journalistes vont donc chercher le premier ministre national, Trudeau, et lorsque ceux-ci lui demandent jusqu’où l’homme politique est prêt à aller, Pierre Elliott leur répond d’un air assez nonchalant une formule qui restera celèbre : « Just watch me ! ». Trois jours plus tard, le 16 octobre,  la loi sur les mesures de guerre est appliquée, pour résumer, la loi martiale, autorisant le gouvernement à pratiquer des arrestations arbitraires couplées à des mesures de rétentions l’étant tout autant, celles-ci  pouvant aller jusqu’à près d’une centaine de jours. Plus de 400 personnes sont sorties du lit par les forces de police, conduisant le FLQ à franchir lui aussi la ligne, et exécuter le ministre détenu.

Devant ce déluge de violence, le groupe terroriste perd vite la faveur du public, et le gouvernement finit aussi par céder, calmant petit à petit les mesures. La Crise d’octobre est terminée, enfin, pour ce qui est des affrontements armés. En effet, il apparait au cours des jours et années qui suivent, que le gouvernement a bien profité de la couverture que lui offrait la répression du FLQ. Dans Histoire d’un mouvement clandestin de Louis Fournier, il ressort par exemple, que la Gendarmerie royale du Canada s’est introduite pas effraction dans les bureaux du Parti Québécois afin d’y voler les listes du parti, et arrêter certains membres  présents sur lesdites listes, sans explications valables. Selon Antoine Robitaille dans  Québec n’a pas tout une salle de jeu , certains rapports de police, et certaines archives du Centre d’analyse et de documentation du pays ont été détruites. Du peu qui a survécu, comme l’explique Marc Alain dans la revue Violence et Société citée plus haut, on note notamment « qu’il fut également démontré que la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) et le service de police de la ville de Montréal et ce, après les événements d’octobre, commirent des méfaits d’incendies et de vols de façon à pouvoir mieux accuser ensuite le FLQ ».

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Le Québec restera pendant longtemps et encore aujourd’hui traumatisé par cet événement, ayant été pris entre deux feux, avec d’un côté, des indépendantiste représentant une idéologie souverainiste très forte et partagée par une bonne partie des habitants de la province, mais étant allés trop loin, et un gouvernement devenu arbitraire, ayant un peu trop bien profité de ses prérogatives en période de loi martiale.

III – Plastique, entre caricature et idéologie perdue

Ce qui nous amène enfin à DC Comics, maintenant que le contexte a été posé. C’est en 1982 que Plastique, de son identité civile, Bette Sans Souci,  apparait dans le septième numéro de la série The Fury of Firestorm, sous la plume de Gerry Conway. Et à cette époque, l’auteur ne va pas bien. Le Monsieur est en plein questionnement sur sa carrière, et pour cause, à l’exception de cet ongoing sur Raymond et Stein, les deux séries que lui a confiées DC cette année là sont Atari Force et Swordquest. Voulant essayer d’introduire une problématique d’actualité dans son récit, il se tourne donc vers l’histoire de ses voisins du Nord, et tente d’adapter à sa propre sauce le conflit ayant déchiré le Québec près de dix ans auparavant. Néanmoins, la où un peu de nuance aurait été de mise, d’autant que le Parti Québécois, indépendantiste, gouverne la province jusqu’en 1985, l’américain va traiter le  sujet sans demi-mesure. Et c’est là que ça coince un tantinet, lorsque le tout va s’enfoncer dans la caricature.

Bien que le FLQ ne soit jamais cité, les faits sont là. Plastique, une terroriste indépendantiste séparatiste québécoise envoie un des membres de son organisation en mission kamikaze, celui-ci ayant pour ordre de se faire sauter au niveau d’une réserve de gaz du New Jersey, les capitalistes américains étant en train de voler les ressources du Québec. Selon un article de Steve Requin, de ComicOrama, cela pourrait faire référence à une vieille rumeur du temps de la Grande Noirceur selon laquelle du minerai issu d’Ungava, circonscription québécoise plus connue pour son gin, aurait été vendu aux américains afin de renflouer les caisses. Mais rien n’a jamais été prouvé. Néanmoins, dès le début, les bases sont posées, et ce qui était à l’origine historiquement une série de bombes, pour la plupart, étant plus là pour causer des dommages financiers que blesser des civils, se transforment ici en attentats-suicides.

Devant l’échec de son compatriote, du à l’intervention de Firestorm, Plastique comprend que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et prend les devant, se fendant d’un très théâtral : « Le succès ou l’échec importent peu, tout ce qui compte est la terreur ! ». La jeune femme, possédant un pouvoir lui permettant de créer des explosions, se rend donc au New York Herald-Express, le  New York Herald de DC, prend tout le monde en otage, et menace d’abattre l’intégralité des employés tant que « les poupées capitalistes ne capituleront pas ». Elle réclame que le journal abandonne ses usines à papier implantées au Québec, qui détruisent la faune et la flore et volent les ressources économique de la province. Par chance, le héros de flamme intervient in-extremis avant que Plastique ne lance une attaque suicide visant à faire exploser l’intégralité du bâtiment, et celle-ci est conduite en prison. Et encore une fois, évidemment que dans le FLQ, certains étaient extrémistes, le meurtre violent du ministre du travail de l’époque en est un exemple certain. Mais l’auteur, en plus de transformer le mouvement en une bande d’individus fanatisés au point de mettre fin à leur vie gratuitement, le même résultat pouvant être accompli sans avoir besoin de se suicider, manque totalement le propos. Le propos sur l’indépendance se retrouve totalement effacé au profit d’une simple position économique. Conway essaye ici de transposer le scénario type de l’époque, opposant le héros américain vivant dans une société capitaliste, aux méchants russes communistes. Or, en dépit de l’émergence de mouvements syndicalistes ouvriers plus ou moins virulents, ni le Québec ni le Canada n’ont un jour adopté un régime communiste, et de plus, cette volonté d’indépendance était présente dans toutes les strates de la société, allant des ouvriers, en passant par certains policiers locaux, jusqu’à certains hauts placés du gouvernement québécois. Si les inégalités entre les classes sociales ont pu être un moteur de  l’augmentation de la colère du peuple et ont en partie conduit à une volonté d’indépendance, l’opposition entre des régimes politico-économiques différents n’était pas le débat.

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Am.
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Stram.
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Gram.

Le personnage revient par la suite dans le deuxième numéro de la série Captain Atom de 1987, scénarisée par Cary Bates, et même si le personnage est de prime abord toujours aussi caricatural dans sa prise de position, l’auteur met enfin l’accent sur l’idéologie indépendantiste, et abandonne l’idée d’un conflit tournant autour de l’opposition capitalistes/communistes. Bette Sans Soucis se retrouve donc à tenter par tous les moyens de protéger la cause, c’est-à-dire, s’émanciper de l’influence du Canada et des USA, car il faut bien que les américains soient impliqués pour que les héros s’en mêlent. Après avoir essayé de tuer Reagan ainsi que le premier ministre de la nation à la feuille d’érable, elle menace de détruire le Parlement canadien et la Statue de la liberté. A noter que pour ce qui est d’exploser la statue des entreprises Eiffel,  il est vrai que cela peut avoir un impact symbolique, mais dans les faits, la menace d’une possible explosion d’une statue située sur une île à l’extérieur de la ville n’est pas des masses impressionnante.

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Pic.
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Et Pic.
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Et colégram.

Par la suite, Bates commence progressivement à humaniser le personnage, tout en usant de la caricature qu’a pu être Plastique afin de conserver des enjeux scénaristiques. Ainsi, bien que Bette continue à faire par moment référence à la tentative d’assassinat des deux chefs d’état étant intervenue plus tôt dans la série, au travers de quelques cases, son passé de terroriste et la cause qu’elle défend deviennent petit à petit secondaires, une romance se nouant qui plus est avec Captain Atom. Suite à un court passage chez la Suicide Squad sous la plume d’Ostrander, et la Crise d’octobre 70 étant passée depuis près de 20 ans, Bates affirme sa volonté de mettre fin à la parenthèse terroriste avec The Trial of Plastique, un arc centré sur le personnage, suivant le procès de la super-vilaine, et concernant tous les méfaits commis par celle-ci depuis sa création. L’auteur trouve ici un juste milieu, car, sans tomber dans la caricature ni renier la cause indépendantiste pour laquelle elle s’est battue, Bette avoue que la cause importait peu lorsqu’elle commettait des meurtres, mais qu’aussi important qu’était son objectif, elle a plus commis ces actes pour assouvir sa colère, que pour défendre son idéologie. La  violence n’était absolument pas essentielle pour appuyer son propos. Passée cette conclusion plutôt raisonnable, l’homme atomique et la femme explosive finiront d’ailleurs par se marier avant que la criminelle ne soit incarcérée.

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Bour.
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Et bour.
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Et ratatam.

Par la suite, à l’exception d’une légère mention du personnage en 2005 dans le numéro #8 de Captain Atom : Armageddon, où le héros explique que de par leur statut respectif de militaire américain et de terroriste séparatiste, leur mariage a fini par s’effriter en raison de différents politiques, Plastique est depuis restée une super-vilaine classique, dépossédée de toute idéologie indépendantiste. Seuls quelques mots ou expressions françaises lancés de temps en temps continuent de témoigner de son appartenance à la province au drapeau frappé de quatre fleurs de lys, mais aujourd’hui, toute trace de message  politique a disparu.

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