Introduction

1. Rester officieux et conservateur

2. Wonder Woman : Lutte pour une sexualité libérée

3. L’amour courtois du chevalier noir

4. Représentation sexuelle moderne, donc libérée ?

II – Wonder Woman : Lutte pour une sexualité libérée

Enchaînée pour mieux dénoncer

Du côté féminin, la simple création de Wonder Woman est porteuse d’une multitude de messages – la plupart évidemment féministes. La tendance pour le bondage n’est plus tant à définir. En plus d’un code collant à l’histoire du personnage et à sa représentation originelle, le bondage possède plusieurs sens pertinents – au risque de surinterpréter la chose. Wonder Woman a toujours possédé ce sens de personnage porte-parole. Elle définit l’identité de la femme forte, n’hésitant pas à se dresser contre l’avis général et dénoncer les mœurs machistes. Avant de devenir une icône, cette habitude à être enchaînée possède d’autres lectures bien plus élevées qu’à une simple éventuelle préférence/tendance du scénariste.

Le bondage serait une métaphore de l’oppression contre laquelle Wonder Woman lutterait inlassablement. Le rapport à la thématique sexuelle prend également son sens, dans le fait d’une éventuelle défense pour la liberté sexuelle. Themiscira est une île peuplée de femmes. L’imaginaire le plus enfantin serait charmé par cette vision d’un monde tout autre, adoptant des valeurs saines. La définition d’une utopie, possédant sa variante féministe. Avec les connaissances et le recul actuel, la civilisation grecque paraît bien moins propre. Et même si la conception d’une vie serait soutenue par la sculpture de l’argile et la magie de l’Olympe, le désir reste inscrit en chacun, homme comme femme. L’idée d’une sexualité libre rejoint-elle alors ce concept de cité idéale, à travers la rupture de ces chaînes d’un idéal social préconçu.

Et alors que sa rencontre avec Steve Trevor paraît comme la découverte de l’opposé, du compagnon/partenaire idéal, il s’agit d’un lien avec le modèle social, par le biais d’une expérience. Cette lecture officieuse, et possiblement faussée, n’en est pas dénuée d’intérêt. Elle permet de démontrer la capacité des auteurs/créateurs et artistes à traiter de bien des sujets opposés aux mœurs, sous les yeux des éditeurs fébriles. Et tout ceci, dans le comble d’un succès. Cette relation entre les personnages va engager l’image récurrente d’un couple, qui ne trouvera d’autre finalité qu’à travers un mariage dans le dernier numéro de la première série du personnage : Wonder Woman #329 (1986) écrit par Gerry Conway et illustré par Don Heck. Cette évolution démontre l’enfermement du personnage dans les conventions sociales. Il est mené à être ce que le public veut qu’il soit, et qu’il vive. Wonder Woman était dans une très mauvaise passe entre les années 70 et 80. La présence de Gerry Conway montrait à la fois le manque de confiance envers le scénariste et envers son titre/personnage.

Dégradation involontaire

En 1968, le personnage va changer d’apparence par concession pour Steve Trevor, dans Wonder Woman  #178. L’éditeur décide de moderniser le personnage, et Dennis O’Neil décide d’en finir avec Wonder Woman pour Diana Prince. Elle perd ses pouvoirs, et devient la femme modèle forte de ses aventures… et de son apparence idéalisée et conventionnelle. Ces années marque un engagement américain, une période favorable au changement des mœurs – comprenant quelques répercutions de notre mai 68. Le scénariste Dennis O’Neil, féministe et écologiste, voyait la possibilité de changer les choses à l’aide de l’artiste Mike Sekowsky imposé par l’éditeur, ainsi que le principe d’un changement d’apparence (basée sur une mannequin). Le scénariste ne verra que trop tard son erreur d’avoir suivi les directions, et la mauvaise articulation d’un message pourtant bienveillant, qui a transformé Wonder Woman en une poupée sans pouvoir, apprenant les arts martiaux pour pouvoir se défendre. Malgré tout, ces comics ne sont pas inintéressants, mais très maladroits. Le personnage ne peut plus se défaire de ses liens. Il faudra, pour cela, attendre l’arrivée de George Perez en 1986.

Toutefois, Dennis O’Neil a pu présenter son projet initial pour le personnage en 2011, à l’occasion de l’événement DC : RetroActive. L’éditeur publie les travaux des deux artistes qui, à l’origine, appuyait bien un message féministe, prônant l’indépendance, dans DC Retroactive Wonder Woman: The 70s.

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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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Reptile
Reptile

Pas trop le temps de développer là mais j’avais lu dans la deuxième partie d’Arham Asylum: A serious place on a serious earth (partie ou Grant Morison explique son script), qu’il avait justement beaucoup joué sur la « non sexualité » de batman avec un Joker déguisé en femme qui se foutait de lui et faisait beaucoup de référence à la sexualité bancale et abimée de batman, complétement à la masse dans ses relations avec les femmes.

urbanvspanini10
urbanvspanini10

Pas grand chose à dire sur ce dossier qui est fait réfléchir, par contre :
-« La spéculation et la controverse d’aujourd’hui n’a pas lieu d’être. La sexualité a sa place chez DC Comics, aujourd’hui elle nourrit la communication de l’éditeur. Et c’est cette utilisation de la sexualité et de la nudité qui devrait être dénoncée. »
Si je comprends bien, tu reproche à DC d’utiliser la sexualité et la nudité comme coup de pubs ? (je demande car j’ai du mal à comprendre des fois ^^) Sinon effectivement c’est dommage d’utiliser ça comme coup de pubs, c’est pareil quand ils mettent la diversité en avant.
-Sinon autant j’avais entendu le fait que Nightwing c’était fait abusé mais pour GA je savais pas, ça concerne quelles numéros de sa série ?

Blue
Blue

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