Après un premier tome magistral où l’auteur nous faisait redécouvrir l’histoire du Chevalier Noir à travers une enquête dantesque, Grant Morrison présente Batman Intégrale nous reviens pour un second tome que l’on espère tout aussi alléchant.

On y retrouve une grande partie du run de Morrison sur Batman et RobinDick Grayson a repris le flambeau de son mentor et fait équipe avec Damian Wayne pour élucider la disparition de Bruce. On retrouve également deux autres récits, l’un se déroulant pendant les événements de Final Crisis (Batman #682-683 et #701-702), l’autre nous présentant une aventure à travers le temps et les différentes générations de Batman (Batman #700).

Voyons ensemble si ce second volume est à la hauteur de son prédécesseur…

Passé, Présent, Futur…

Le début de ce tome fait directement suite aux événements survenus dans l’arc « Batman R.I.P. ». Après sa rencontre avec le Docteur Hurt, Bruce est exténué mais ses collègues de la Justice League ont besoin de lui pour affronter une terrible menace. On ne peut parler de la suite sans évoquer les événements de Final Crisis orchestrés également par Grant Morrison. Dans cette crise aux répercussions gigantesques sur l’univers DC, Batman se fait enlever et est retenu prisonnier par les troupes du super-vilain Darkseid. En effet, Mokkari et Simyan l’ont enfermé dans une capsule permettant de dupliquer ses souvenir et ainsi donner à leur leader une armée de parfaits combattants.

Et c’est ainsi l’occasion pour l’auteur de remonter dans l’Histoire du Chevalier Noir et nous faire vivre une très grande partie des événements qui l’ont amené là où il en est aujourd’hui. Sans être exhaustif, on retrouve des éléments de Batman year one, The Dark Knight Returns, The Killing Joke, Knightfall ou encore Infinite Crisis qui, mis à la suite, font sens comme jamais auparavant. Comme je l’ai dit dans ma review du tome 1, Grant Morrison cherche dans son run à unifier tous les éléments du passé de Batman, toutes les histoires écrites depuis sa création. Et ces quelques pages en sont la plus flagrante manifestation.

Après avoir exploré le passé du héros, le scénariste s’attaque ensuite à son futur avec Batman #700, toujours dans le but de relier tous les éléments de sa mythologie. On trouve dans un premier temps Bruce Wayne accompagné de son fidèle Robin Dick Grayson aux mains du Joker et d’autres vilains historiques enfermés dans une machine qui « génère des visions de ce que les choses auraient pu être ». Dans un second temps, on retrouve Dick Grayson sous l’identité de Batman accompagné de Damian Wayne qui enquêtent sur le décès de Carter Nichols, inventeur de la précédente machine. Enfin, la troisième partie fait suite au Batman #666 dans lequel Damian Wayne est devenu Batman. Il faut savoir que la sortie de ce numéro avait soulevé de vives critiques chez les fans de Batman Beyond, se passant également dans le futur, qui soutenaient que les deux univers ne pouvaient coexister. Morrison vient mettre tout le monde d’accord en faisant apparaître Terry McGinnis aux côtés de Damian.

Malgré une trame narrative commune à tous ces récits, ce one-shot est surtout prétexte à montrer que Batman et Robin ne mourront jamais, peu importe les époques et les événements. Et cela tombe bien car la fin de Final Crisis est proche et celle de Bruce Wayne également. D’autres vont alors devoir reprendre le flambeau…

Crise d’identité

La plus grande partie de ce second tome est consacrée aux aventures de Batman et Robin, incarnés cette fois ci par Dick Grayson et Damian Wayne suite à la disparition de leur mentor. Ils sont tout d’abord confronté au Professeur Pyg qui veut transformer la population de Gotham en dollotron, poupées privées de leur identité, afin de rendre le monde parfait. Bien que Pyg ne soit pas aussi menaçant que d’autres Bat-vilains plus célèbre, l’auteur préfère dans un premier temps se concentrer sur le développement de la personnalité de ce nouveau Chevalier Noir. Et qui de mieux que Pyg pour parler d’identité. Dick Grayson a toujours vu Batman comme un exemple à suivre et ne peut se détacher totalement de ce qu’en a fait Bruce Wayne. En essayant de lui ressembler, il se prive de ses plus précieux atouts, de sa propre identité. Et c’est dans cette otique qu’il est ensuite confronté au Red Hood, ancien Robin revenu d’entre les morts. Il est très intéressant ici de voir s’opposer l’élève prodige qui a toujours entretenu de bonnes relations avec l’intégralité du DCU et le personnage le plus détesté de cet univers (si détesté que les gens ont payé pour le voir mourir). Et c’est à ce moment que la personnalité du héros commence à ressurgir, où sa moralité sans faille ne vacille en aucun cas face aux arguments de Jason Todd. Finalement, sa transformation s’achève dans l’arc suivant lorsqu’il voit revenir à la vie un clone de son ancien mentor. A l’aide de personnages secondaires que l’on prend plaisir à retrouver, il doit vaincre et surpasser Batman pour être pleinement digne de ce rôle. Cependant, il en ressort avec l’intime conviction que ce dernier est toujours vivant.

Ainsi, dans la seconde partie du récit, Batman et Robin vont partir à la recherche de celui-ci à travers des détails intriguant dans l’histoire de la famille Wayne. Parallèlement, Damian peut enfin se libérer des carcans imposés, consciemment ou non, par la présence de son père et reprend ainsi les reines des l’entreprise familiale. Cependant, il doit toujours s’émanciper de sa mère, bien décidée à l’utiliser dans sa quête de pouvoir. Ce dernier arc du tome nous replonge alors dans l’intrigue de Batman R.I.P. avec la réapparition d’un personnage emblématique du run. Cependant, un nouveau protagoniste, dissimulé sous l’identité d’Oberon Sexton, un riche magnat anglais, est bien décidé à remplacer Batman dans sa croisade contre le crime.

Bien que cette histoire n’ait pas l’intensité et la surprise des premiers runs de Grant Morrison, l’accent est mis sur l’ambiance pesante des scènes. En cela, le dessin de Frazer Irving est plus qu’approprié et donne un ton quasi surréaliste à ces pages. Les héros sont finalement relégués au second plan pour faire une place magistrale aux autres personnages, caractérisés très justement et amenant à une surprise finale qui promet une suite intéressante.

Ce second tome de l’intégrale de Grant Morrison présente Batman, bien que moins haletant que le précédent, nous permet de comprendre ce qu’est Batman pour l’auteur : une succession de récits qui ont forgé sa personnalité et en font ce qu’il est aujourd’hui. Mais c’est également une histoire d’héritage, de comment être à la hauteur de tout ce lourd passé et de comment le transmettre à son tour à la génération suivante. Mais où Morrison est le plus habile, c’est dans la caractérisation qu’il apporte à l’intégralité de ses personnages, notamment avec Damian Wayne qui nous est apparu en sale gosse capricieux et qui se transforme petit à petit en héros. Les caractères du duo sont inversés par rapport à ce que l’on a pu connaître jusqu’à présent avec un Robin froid et ambitieux et un Batman beaucoup plus porté sur les sentiments et l’optimisme. Il est toujours très agréable de parcourir ce titre que je vous recommande très chaudement.

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Les +
- Le duo Dick Grayson / Damian Wayne
- Des personnages secondaire aussi bien caractérisés que les principaux
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- Moins haletant que le précédent tome
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Sindri Windback
Sindri Windback

J’ai commencé à lire ce run avec l’ancienne collection de Grant Morrison présente Batman en 8 volumes, est-ce que ces intégrales intègrent du contenu inédit jusqu’alors ? Ou Urban à juste compilé les tomes dans de plus gros volumes ?