Une fois n’est pas coutume, Kelley Jones lance une nouvelle mini-série centrée sur Batman. Séparé de son compère des années 90, Doug Moench, l’artiste est actuellement assez peu apprécié, se reposant sur un fan-base de son style graphique unique. Kings of Fear sort donc, comme la plupart des mini-séries de l’artiste, en marge des publications de la semaine.

Dénoter avec les titres réguliers

Ce sont en quelque sorte les effets que provoque chaque titre de Kelley Jones. Son style aussi bien narratif que graphique se démarque, avec évidence, des autres histoires de Batman, et plus encore avec celles de Tom King. Le Batman présent dans cette mini-série est un Batman définitivement caricatural. La caricature chez Kelley Jones imprègne ses pages sous diverses formes. Son Batman est (très) silencieux, courbé, presque bossu. Il a réussi à présenter et faire accepter cette vision de Batman, qui est la sienne, et laisse facilement comprendre ce public qui le suit encore aujourd’hui.

Le sujet de cette série est à la fois simple et bien pensé. Malgré ses allures de sous-Arkham Asylum, Kings of Fear use d’un concept similaire prenant un tournant radical par la suite. Kelley Jones annonce bien que Kings of Fear sera un récit traitant d’un thème : une remise en question des méthodes de Batman, et de son image aux yeux de ses ennemis. Un thème intéressant et prometteur, mais dont le traitement n’est pas encore apparent.

Lentement mais sûrement ?

Les forces du récit sont également ses défauts. Caricatural, le titre l’est à outrance. Le Joker de Kelley Jones est extrêmement classique, aux dialogues plus ou moins bateaux. L’introduction semble vouloir préparer le lecteur à cette écriture, mais donne l’impression de meubler, la faute à des dialogues sans aucune nécessité. L’intérêt de ce numéro se résume à peu de choses, et aurait pu très facilement gagner en finesse dans son écriture.

Si on se plait à retrouver le style de Kelley Jones, et ses personnages récurrents (Poison Ivy, Killer Croc, Scarecrow,… ), ils reposent surtout sur une définition iconique de par le style graphique du titre. On ne peut s’attendre à un développement de personnalité au cas par cas. Kelley Jones use surtout de figurations récurrentes. Le défaut esthétique majeur étant tout ce qui touche aux personnages extérieurs à la mythologie de Batman, c’est à dire les civils et sous-fifres. L’artiste est à l’économie : peu de personnages sont présents, en dehors des personnages cités. Le décor est souvent vide. A l’inverse, la mise en page surprend à plusieurs reprises et donne l’espoir d’un retour de l’artiste après une prestation décevante de Justice League of America Annual #1.

Cette nouvelle mini-série est, comme souvent avec l’artiste, prometteuse. Il reste cependant à confirmer, par la suite, la manière dont sera traitée le sujet évoqué. Malgré un résultat graphique en dents de scie, l’espoir est de mise. Le premier numéro de Kings of Fear est numéro imparfait, mais qui mérite une légère attention.

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- Kelley Jones aux dessins...
- Un sujet principal intriguant
- Version classique réappropriée des personnages
Les -
- ... mais pas à son meilleur
- Une écriture peu subtile
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.