Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de découvrir Fables et son univers, voici l’intrigue de base : Après que “l’adversaire” ait envahi une grande majorité de leurs royaumes il y a des centaines d’années, les fables, personnages de contes de tous les pays, ont trouvé refuge dans le monde des communs, humains ordinaires, et ont ainsi continué leurs vies à Fableville, un quartier de New York peu banal. Cette série est écrite par Bill Willingham et principalement dessinée par Mark Buckingham.

Je ne saurais que trop vous conseiller de lire les deux premiers tomes de cette série avant de continuer la lecture de cette review, déjà car cette série mérite que vous lui consacriez du temps (je vous renvoie aux critiques du tome 1 et du tome 2 pour vous en convaincre d’avantage) et également parce qu’il me serait très difficile de ne pas révéler certains éléments de l’histoire dont les conséquences impactent directement ce troisième tome. Cette précaution prise, nous pouvons commencer.

IL ETAIT (ENCORE) UNE FOIS

Et une fois n’est pas coutume, l’histoire ne débute pas à Fableville mais à Hollywood où Jack, disparu dans le tome précédent, est bien décidé à fonder son propre empire du cinéma, financé par les fonds volés dans la fortune laissée par Barbe-bleue. Cet arc sonne malheureusement les dernières heures de Jack dans les pages de Fables, le tout avec un coup final éclatant. Cependant, le personnage ne quitte pas cet univers car, grâce à l’éditrice de la série Shelly Bond, il sera le protagoniste principal d’une série spin-off, Jack of Fables, déjà publié en VF chez Urban Comics. Ainsi, suite à sa nouvelle notoriété, Jack démontre le concept fondateur de Fables : L’espérance de vie des personnages n’a d’égal que leur popularité dans l’esprit des communs.

Et c’est également pour cette raison que dans la suite de l’ouvrage, on s’inquiète pour Boy Blue, parti chercher le Chaperon Rouge, son amour d’antan, et rendre son fils à Gepetto, tous deux prisonniers dans les royaumes occupés par l’Empire. Cette quête a été pour moi la plus passionnante à suivre depuis les débuts de la série. On y découvre un personnage principal attachant et dévoué, que l’on ne pensait pas si vaillant et malicieux. On y croise amis et ennemis, peut-être pas si barbare qu’on le dit. On observe les conditions de vie des habitants des royaumes. Mais on apprend surtout l’identité de “l’adversaire” et ses motivations, révélation importante qui remet en cause beaucoup de choses et qui promet une suite plus qu’intéressante.

Puis nous prenons enfin des nouvelles de Fableville où vont débarquer des fables étrangers très particuliers et où un homme dévoué depuis le premier jour se révèle être un espion à la solde de l’empire, de la ferme où une petite meute cause bien des soucis à leur mère et à leur tante. On assiste aux préparatifs du combat quasi inévitable qui opposera l’empire et les fables réfugiés qui placent chacun leurs pions dans le camp adverse.

Encore une fois, le manichéisme des contes de notre enfance est remis en question dans toutes ces histoires.

LE CONTE DES CONTES

Mais surtout, ce tome m’a permis de comprendre ce qui se dessinait devant moi depuis le début, en prenant conscience que chaque personnage de Fables, aussi secondaire soit-il dans la série, peut devenir en une fraction de seconde une figure importante du récit, avec une caractérisation et un traitement magistral, puis redevenir plus tard un personnage secondaire effacé, presque invisible. Et c’est là toute la profondeur de ce que nous livre Bill Willingham.

Selon A. Vial, « est conte tout récit qui atteste de la part de l’écrivain l’intention d’isoler dans la multitude des traits qui constituent un événement ou le destin d’une personne, un élément et de déblayer au profit d’un élément unique ». Et c’est exactement ce qu’il se passe ici, avec chaque histoire et chaque personnage.

Fables n’est pas un conte. C’est plusieurs contes. C’est tous les contes. Et tous s’imbriquent pour former une grande fresque nous relatant les événements passés et présents, fantastiques ou ordinaires, les drames comme les aventures. Mais en ayant à chaque fois un œil nouveau, différent, sur l’action qui se déroule devant nous. Il s’agit d’un monde où les codes sont reconstruits à chaque nouvelle histoire.

Fables n’est pas un conte. C’est le conte. Le conte ultime où tout s’entremêle. Fiction ? Réalité ? La Barrière a été brisée et chacun est libre de s’imaginer, autour de cette trame principale déjà riche (et merveilleusement illustrée par Mark Buckingham), de petites histoires, avec des personnages pris au détours d’une page. Et c’est ce que fait l’auteur, secondé par David Hahn, Lan Medina et Jim Fern aux dessins, qui nous livre des tranches de vie aussi passionnantes les unes que les autres.

Pour terminer, j’ai le plaisir de vous dire que nous n’avons lu, vécu qu’à peine un quart des aventures écrites dans les pages de Fables. Et en attendant le tome prochain, n’hésitez pas à plonger et replonger dans ces pages. Car un conte est infini tant qu’il reste quelqu’un pour le faire vivre, pour se remémorer, pour inventer et pour raconter la vie de ces Royaumes où rien ne vieillit, où tout se transforme toujours, et où le figurant d’aujourd’hui peut devenir le héros de demain.

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- Une histoire prenante et cohérente
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