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Dossier – Arion, Seigneur d’Atlantis

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Sommaire

L’univers DC est bien plus vaste qu’il n’y parait. De la copie d’un succès Marvel à la création télévisuelle, la conception d’un univers riche passe par des procédés bien divers. Mike Grell venait de créer Warlord, un univers d’heroic-fantasy, lié au monde moderne, qui se démarquait par l’esthétique et le soin apporté par l’artiste à son oeuvre.

Fort de son succès, le titre accueil un back-up relatif à cet esprit d’heroic-fantasy. Ces back-ups sont des histoires tests, introductifs à une éventuelle série régulière. On note par exemple le Dragonsword de Paul Levitz qui ne verra jamais de suite, et à raison. Suite au tollé de Dragonsword, Paul Kuppenberg vient combler ce vide avec un projet plus crédible et ambitieux : Arion, Lord of Atlantis.

Le personnage a pourtant eu droit à une publication française à son nom (Arion, Seigneur d’Atlantis) par les éditions Aredit/Artima en 1984, le temps de cinq numéros. Le reste du titre se voit publié ensuite dans le magazine Démon dans les dix-sept premiers numéros (sur dix-huit), aux côtés de séries variées, dont Warlord et Arak.

Né du procédé classique qu’est le back-up, il tombe dans l’oubli avant de tenter un retour dans les années 90. Depuis, le personnage vit dans l’ombre d’un univers qui l’a injustement rejeté. Il est pourtant une figure magique d’envergure de l’univers DC, et une pierre angulaire de l’univers d’Atlantis ; une référence continuelle pour l’exploitation de l’origine de la cité engloutie.

1. Premiers pas d’un grand sorcier

Arion est un point de convergence, possédant divers sens, et associé à des éléments que l’on retrouve dans l’histoire du mage et son évolution. Arion est un nom au passif mythologique. Arion est le fils de Poséidon, dieu des mers, et Déméter, déesse de l’agriculture. Ils ont ensemble une relation sous la forme de chevaux, donnant ainsi naissance à Arion, un cheval immortel. Son rapport à Atlantis n’existe pas. Il est en quelque sorte un cadeau des dieux au roi d’Argos, Adraste, autour duquel tournent diverses légendes. Paul Kupperberg s’en inspire, à la manière du mangaka Yoshikazu Yasuhiko quelques années auparavant, pour son origine mythologique et évoquer un personnage d’une grande puissance.

Un Seigneur entré par la petite porte

ARIONArion suit, dès sa première apparition en 1982, une publication régulière à travers les back-ups de Warlord #55#62. Sans grands espoirs, le personnage n’est pas mieux annoncé que le back-up précédent. La différence se fait sur d’autres facteurs. Paul Kupperberg pioche des éléments dans les titres à succès, comme il a pu le faire maladroitement pour la Doom PatrolArion est une sorte de Doctor Strange inscrit dans le monde d’Atlantis de chez DC, accompagné de Wyynde, une copie d’Arak (lui même copie de Conan), et de Chian, copie de Sif, en guise de background.

Leurs fonctions se réduisent à faire interagir Arion dans deux relations différentes, et présenter une diversité ethnique. Chian est une asiatique maniant le katana, et Wyynde, un natif américain, guerrier et trappeur. Derrière ces clichés généraux, Paul Kupperberg parvient à briser la glace. Il ne met pas Arion en avant. Arion est un mage, finalement, assez faible. Il est souvent montré en détresse. Ses compagnons ne tiennent ce titre que par le rang que possède Arion. Paul Kupperberg ne les délaisse pas.

Le premier arc présente le personnage et son univers de manière très concise. Paul Kupperberg invente le royaume d’Atlantis à un temps oublié, et présente le roi D’Tilluh alors qu’Atlantis n’est pas encore engloutie. Arion est le disciple de Caculha, un vieux mage d’une grande puissance, qui n’est autre que son père. La cité est attaquée régulièrement par des barbares. Lors d’un affrontement, Arion perd soudainement ses pouvoirs. Il a alors une vision de son ancien maître disparu. Tourmenté et effrayé, il comprend qu’il doit, pour les retrouver, se lancer à la recherche de son maître.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 26Paul Kupperberg fait de Arion un personnage fragile, possédé par une force inconnue et redoutable, qu’il doit apprendre à maîtriser. De manière brève, il expose un début de relation entre ses trois protagonistes, et une relation amoureuse déjà existante entre Arion et Lady Chian. L’intérêt premier du personnage repose sur la volonté de l’auteur d’étoffer le passé d’Atlantis. Il comprenait, déjà, beaucoup d’incohérences, et une histoire inexploitée, et surtout, inexplorée. Il instaure, dans les back-up de Warlord, une introduction à travers ce qu’il nomme les Chroniques de Choloh. Ces chroniques sont des écrits pré-cataclysmiques d’Atlantis. L’idée n’a pas été réutilisée jusqu’à ce jour, mais permet au lecteur de tenir ce rôle d’explorateur des écrits perdus.

L’arc second entraîne Arion dans un duel magique avec l’apparition de Garn Daanuth en tant que némésis. Après trois épisodes, les back-up sont interrompus, annonçant l’arrivée prochaine d’une série solo, à l’effigie du nouveau mage de DC Comics. Arion cherche à évoluer, et comprendre la nature de son pouvoir caché, amorçant ainsi une quête initiatique pour le nouveau personnage. Celle-ci révélera au fur et à mesure son origine, et ses relations à l’univers comique/magique DC.

La magie de l’espérance

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 27Paul Kupperberg scénarise les trois premiers numéros, où il clôt l’intrigue introductive entamée dans les derniers back-up de Warlord. Il amène avec lui les défauts d’un titre qui se perd, qui peine à structurer une cohérence. On y trouve tantôt des hommes des cavernes, des barbares à dos de dinosaures/dragons, ou des samouraïs. Le tout avec un design des moins inspirés. Arion retourne à Atlantis, après quelques indices sur ses origines, sa relation avec Garn Daanuth.

Entre temps, Doug Moench ne supportait plus Jim Shooter chez Marvel Comics. Ce dernier affirme, encore aujourd’hui, que Doug Moench était la cause des départs des artistes vers DC Comics. Doug Moench en a pourtant fait autant en affirmant : « I didn’t quite Marvel Comics ; I quit Jim Shooter.« . La cause principale est la politique rigide imposée chez Marvel, une liberté trop mince, et surtout un gain de considération des artistes après avoir travaillés chez les deux grandes maisons. Du côté des artistes, Jim Shooter paraissait fou. Il voulait instaurer ce qu’on appelle aujourd’hui une série de relaunchs. Ce projet secret a été appelé le Big Bang de l’univers Marvel, qui voulait tuer tous les personnages, pour tous les remplacer le mois suivant, avec un renouvellement des séries au premier numéro. Nous sommes en 1982.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 28L’arrivée de Doug Moench au scénario change du tout au tout. Il reste fidèle aux caractères créés par Paul Kupperberg, mais la narration devient plus dynamique. Doug Moench rend l’écriture plus fluide, épure le comics, et dynamise le titre en présentant les origines d’Arion. Dans un style très proche de son Moon Knight – et son étrange passion pour les divinités Égyptiennes -, Doug Moench définit l’origine d’Arion, dans un face à face avec son frère Garn Daanuth. Arion a pour but de protéger Atlantis du Déluge. En même temps, il apprend qu’il est fils de divinités cosmiques, sa mère liée au Chaos, son père à la Lumière ; et lui confère le statut de demi-dieu. Arion devient, tardivement, un personnage mieux défini – ce qui semblait être le plan narratif de Paul Kupperberg. Après quoi, le scénariste l’envoie braver divers dangers pour protéger Atlantis, associé aux démons et divinités à sa poursuite.

Doug Moench n’a fait que fixer l’origine d’Arion et présenter un sotrytelling plus digeste ; le reste étant très fidèle à l’esprit du titre. C’est à dire : un mélange d’heroic-fantasy et de science-fiction, dans une représentation particulièrement commune des deux genres, très hétérogènes. Le retour de Paul Kupperberg au #12 n’arrange rien. Le titre s’enfonce dans le mélange vaseux des genres qui le constituent. Le titre souffre d’un grand manque d’originalité sur tous les plans, mais intrigue par son potentiel. Au bas de l’échelle des ventes chez DC, Crisis On Infinite Earths aura raison de lui. Le titre s’arrête brusquement, et se conclut après un numéro spécial.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 29Dors et déjà, Arion est un personnage résistant. On le croise en 1984 dans DC Comics Presents #75 où il s’associe à Superman. Paul Kupperberg a tenté d’imposer sa création, sans se douter de l’arrivée d’un événement qui allait chambouler l’univers DC tout entier : Crisis on Infinite Earths. En 1987, le titre Warlord emmène ses protagonistes à Atlantis. Le scénariste Michael Fleisher (qui a remplacé Mike Grell) ne manque pas de présenter une statue à l’effigie d’Arion, seigneur et protecteur d’Atlantis. Warlord #121 présente en flashback une bataille qu’avait mené Arion.

2. Intégration ambiguë

Les tourments de Power Girl

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Suite à son annulation, Arion ne devait pas avoir d’impact sur l’univers DC. En réalité, Crisis on Infinite Earths ne devait pas avoir d’impact direct avec l’univers des personnages, et le statut marginal d’Arion ne faisait pas exception. Destiné à être perdu et oublié, Paul Kupperberg n’est pas décidé à laisser sombrer sa création. Il tente de l’emmener avec lui dans ses futurs projets. A partir de 1986, DC Comics lance plusieurs vagues de mini-séries suite à la crise. L’année suivante, Paul Kupperberg se retrouve responsable du personnage de Power Girl. Il dresse les origines du personnage dans Secret Origins #11. Pour être certain de faire survivre son personnage, Paul Kupperberg impose le personnage Arion dans l’origine de Kara, et fait de Power Girl la petite fille d’Arion.

Il lui confère des origines Atlantes, reniant tout rapport kryptonien, justifié par des souvenirs créés de toute pièce par Arion lui-même. Tourmentée par des démons et autres mages, elle se renseigne sur son ancêtre sorcier et va lire, dans le troisième numéro de la mini-série, Les Chroniques de Choloh. La mini-série laisse à désirer, et explique à elle seule l’absence de série régulière Power Girl avant 2005. Ceci ne lui empêchera pas d’impacter grandement le personnage, puisque Paul Kupperberg répétera ce lien entre Power Girl et Arion dans la mini-série de 1992 : Arion The Immortal. Power Girl y rencontre son grand-père, se bat à ses côtés et disparaît. Ils ne se croiseront que bien plus tard, dans le titre Aquaman par Peter David en 1996. Cette parenté restera discrète, mais ne se fera pas oublier. Geoff Johns et David Goyer ne manquent pas de le rappeler dans JSA #32 et 50.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 31Cette histoire d’origine atlante prend fin en 2005 avec JSA Classified #1, écrit par ce même Geoff Johns. Le numéro qui marque le début du titre Power Girl des années 2000 (sous le nom de Power Trip) fait table rase sur les origines de Power Girl. Si elles ne sont pas kryptoniennes, elles ne seront pas atlantes. S’engage alors une énième recherche de ses origines. Paul Kupperberg, avec cette réécriture de Power Girl, a engagé une sérieuse complexité dans la compréhension des origines de Power Girl. Avec Power Trip, Geoff Johns a réussi à donner un semblant de cohérence à toutes ces interrogations, et à amené une solution au problème posé. C’en est fini de la relation entre Arion et Power Girl.

Entretenir le souvenir et l’histoire

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 32Retour en 1986, Neal Pozner s’occupe, lui, de relancer et moderniser le personnage d’Aquaman pour une mini-série. Le scénariste s’appuie sur le passé magique d’Atlantis  établit par Paul Kupperberg et les artefacts magiques dispersés pour donner un pouvoir supérieur à Ocean Master. Il va jouer sur le parallèle de la dualité fraternelle entre Arion et Garn Daanuth, et celle entre Aquaman et Ocean Master. Le rapport à Atlantis n’est donc pas perdu, et va même s’approfondir.

Après le relative échec de la série de 1989, DC Comics donne une nouvelle chance au personnage en 1990, sous la plume de Peter David. Son projet est de relancer l’univers d’Aquaman, en s’appuyant sur des mythes non-exploités, tirés de recherches réelles. Il s’écarte alors de tout ce qui a pu être fait auparavant, et présente une cité avant le Déluge. Cela ne l’empêche pas de respecter les créations passées et de faire apparaître Arion, appuyant ainsi la crédibilité et le rôle fondateur du personnage sur l’histoire passée/perdue de la cité d’Atlantis.

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Quelques mois après la publication d’Atlantis Chronicles, Arion apparaît dans Time Masters #7-8. Le titre présente une énième réécriture du personnage de Rip Hunter, mais celle-ci restera quelque peu le plot rattaché au personnage encore aujourd’hui : un être dangereux dans la manipulation du voyage dans le temps. Dans sa traque contre Vandal Savage, Rip et son équipe décide sous les bons conseils du Dr.Fate de partir pour une époque où Atlantis existait encore. Arion ne tient pas un rôle prépondérant, mais se présente comme un vieux sorcier fatigué, résolu de ses échecs. Bien plus sage qu’auparavant, il prône le comportement passif face à la témérité de Rip. La série annulée dès son huitième numéro, les scénaristes Bob Wayne et Lewis Shiner ne font que précipiter la fin. Et Arion ne tient pas d’autre rôle que celui d’avertir Rip du danger. Il s’agit là de sa dernière apparition avant un changement radical à travers une nouvelle série à son nom.

3. Trouver sa place

La décennie de la nouvelle chance

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 34Le créateur du sorcier revient sur son personnage en 1992. Arion The Immortal est une mini-série en six parties, écrite par Paul Kupperberg. Il en fait un septuagénaire exécutant des tours de magie en pleine rue pour les enfants. Rattrapé par des visions lui révélant la présence de démons autour du lui, il se transforme en Arion, magicien puissant originaire d’Atlantis. Kupperberg tente de faire basculer sa création du milieu antique et mythique, à un univers urbain et moderne. La nouvelle apparence du personnage n’entrave aucune exécution du scénariste qui se permet de ramener ses éléments les plus kitsch de la série régulière, et parfois faire pire. Il parvient à faire prendre position son personnage dans un conflit géopolitique réel, pour ensuite faire intervenir des soldats à dos de démons volants.

On ne peut parler d’évolution réelle. Les thèmes sont identiques, seul la temporalité change, et le statut de « retour » des ennemis d’Atlantis. Malgré son statut d’immortel, Kupperberg fait d’Arion un être affaibli. Encore une fois, de grands messages pouvaient passer par ce dernier. Le scénariste tente de moderniser son personnage, en essayant une transition fluide, mais rien n’y fait : le titre ne trouve pas de ligne directrice. Arion n’a pas d’objectif précis, pas d’explication claire dans ses actions, seulement un frère décidé à lui gâcher l’existence (immortelle). Arion ne séduit pas, et repassera.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 35Malgré son échec, Arion possède une nouvelle existence post-Crisis hors d’Atlantis. La démarche, même si mal exécutée fonctionne. Arion reste présent dans la continuité. On le retrouve en 1993 dans Justice League Quarterly 13, dans une histoire écrite par Paul Kupperberg qui associe une nouvelle fois Arion et Power Girl. Celle-ci ne tient que le rôle de figuration de personnages existants, comme le sont souvent les histoires secondaires du titre Justice League Quarterly.

L’année suivante est marquée par l’événement Zero Hour. Sur une idée du scénariste du titre Justice League of America de l’époque, Christopher PriestArion tient une certaine place dans un arc tie-in intitulé Return of the Hero (Justice League International #68Justice League of America #92 et Justice League Task Force #16). Avec les événements de Zero Hour, Triumph, un héros du Silver Age se retrouve libéré d’une prison temporelle où il était enfermé avec les Plasma-Men, des extra-terrestres ayant tenté d’envahir la Terre. De peur que cela signifie le retour de ces ennemis, Triumph tente de retrouver ses coéquipiers d’antan, les fondateurs de la Justice League. Le rôle d’Arion va être de défendre la parole de Triumph face à une nouvelle ligue qui ne le connaît pas.

Arion tient quelque peu la place de l’éditeur, cherchant à légitimer les super-héros du passé, et à leur fournir une nouvelle place sur les étales. Avec les défauts d’une époque décriée, cet arc remet Arion comme un personnage actif. Son trait de vieillard tend à s’atténuer avec l’utilisation répétée de l’image du sorcier immortel jusque Justice League of America #94. (COMPLETER ???) Swamp Thing #163 (Run Millar/Hester)

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En 1994, Paul Kupperberg devient éditeur du titre Wonder Woman à partir de Wonder Woman #85. Un joli cadeau puisque l’amazone regagne un intérêt avec l’arrivée du jeune talent  Mike Deodato Jr. suivi de John Byrne. C’est avec ce dernier qu’il va soutenir l’apparition d’Arion dans le titre avec Wonder Woman #107-108. Wonder Woman se retrouve prise pour cible par Morgane La Fay, et envoie un par un des opposants. Parmi eux, Arion. Il ne fait que profiter du statut de sorcier d’Atlantis pour coller avec le type d’ennemis auquel fait face l’amazone, mais se présente sous une forme différente, en accord avec ses origines atlantes. Arion vient clore la série régulière Hawkman par Christopher Priest, lorsque Carter vient lui demander son aide. Outre un rôle particulièrement mineur, Christopher Priest engage de nouveau les deux visages d’Arion : le vieil homme et l’immortel.

C’est en 1996 que le sorcier renoue concrètement avec son passif atlante dans Aquaman #23-24. Il est appelé par Aquaman dans sa lutte contre une race extraterrestre ayant passé un accord avec la Maison Blanche et la surface. Aquaman monte un plan pour arrêter cette invasion, aux côtés de Power Girl, Aqualad, Arion et bien d’autres. Arion y représente une contrée océanique. Il est un symbole de pouvoir, et dénote avec toute l’approche urbaine embrayée depuis le début des années 90. Le personnage reste impliqué dans la légende et l’histoire d’Atlantis malgré cette double caractérisation à haut risque.

4. Virages mortels

L’errance moderne

Depuis son rejet des origines de Power Girl en 2005, Arion se fait de plus en plus rare. Il apparaît comme l’un des nombreux défenseurs d’Atlantis lors de l’invasion OMAC dans Infinite Crisis #3 en 2006. A vouloir s’inscrire dans le passif Atlante, il en devient l’association entre l’identité du mage d’antan, et l’immortel des années 90. Arion devient un peu cette marque rappelant le vécu d’Atlantis chez DC. Ce qui est en soi un élément assez rare chez DC. Hormis une cité antique, et le royaume d’Aquaman, Atlantis s’est retrouvée sans autre figure profondément marquante. Et même au delà, il tient une place aussi importante que mineur dans l’univers magique de DC. Présenté comme l’un des mages les plus puissants, il participe à la reconstruction du Rocher de l’éternité suite à Infinite Crisis.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 37C’est en 2007 que le personnage surgit sous une nouvelle forme. Alors que Batman s’apprête pour l’arrivée imminente de Grant Morrison, Superman se retrouve entre les mains de Kurt Busiek et Carlos Pacheco. Après l’arc Up, Up and Away, Kurt Busiek entame un arc de douze numéros : Camelot Falls. Le scénariste rejoint l’idée selon laquelle Arion aurait trouvé refuge à Paris. Au 17ème siècle, entre quelques orgies, le Vicomte Jean-Simon Giscard D’Arion a soudain une vision concernant un désastre à venir dans un futur lointain, provoqué par les actions de Superman. Le monde se détruit et ne s’en relève pas. Il voyage dans le futur pour le prévenir, et lui demander ne pas interférer, d’arrêter de se battre pour sauver l’humanité. Le principe est de laisser la civilisation s’éteindre pour qu’elle en sorte plus forte.

Cet arc a été des plus décriés. Camelott Falls a été vu comme une déception sur deux plans. Kurt Busiek est connu pour Marvels, et Camelott Falls souffre de sa comparaison illogique. Mais surtout, Arion est complètement changé. Le rapport a Atlantis est éteint. Il est dit qu’Arion serait mort, tué par Mordru et aurait été remplacé par un imposteur : Ben Knightsley. Il laisse alors deux semaines à l’homme d’acier pour décider de son action sur Terre. Entre temps, une créature expérimentale se retrouve en liberté. Superman part affronter Subjekt-17. La créature s’enfuit. Les deux semaines écoulées, Superman présente un compromis. Il promet de limiter ses actions, mais ne peut se résoudre à inspirer l’espoir. Arion se révèle plus malsain et tente de prendre possession de l’esprit de Superman, pour supprimer toute autre race alien sur Terre, dont Subjekt-17.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 38Camelott Falls présente plusieurs pistes de réflexions, et est le premier récit à exploiter une part de l’identité de personnage.Arion est un atlante pur. Il fait partie de cette race qui se considère être la première, et donc la plus pure. Kurt Busiek place ses pions, et fait de Subjekt-17, non pas un énième Doomsday, mais une créature réfléchie, représentant la position opposée à Arion, plaçant Superman entre deux extrêmes. L’apparence d’un Arion aristocrate, collant parfaitement à ce caractère mis en évidence, ne sera plus utilisée. Cependant, Camelott Falls aura de grandes conséquences sur le traitement futur d’Arion. Il passe du défenseur d’Atlantis, à l’ennemi de l’humanité.

Définitivement méchant ?

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 39Jeff Lemire fait réapparaître Arion, dans sa forme classique (80’s), opposant Superboy à un ancien ennemi du sorcier dans Superboy #10. Convergence #0 fait référence à Arion, sans le faire apparaître, Secret Six #8 présente un nouveau lien avec Arion : ses enfants. Ils sont trois, fervents défenseurs des véritables atlantes de race pure. Conséquence de Camelott Falls, on s’étonnerait presque que Dan Abnett n’ait pas pensé à faire de Arion la tête des atlantes extrémistes dans son run sur Aquaman.

Dossier - Arion, Seigneur d'Atlantis 40Dernièrement il est évoqué comme un bienfaiteur atlante lors de l’événement Drowned Earth. Lors du premier et dernier one-shot Aquaman/Justice League : Drowned Earth #1, Mera raconte à Ocean Master le rôle que tenait Arion face à l’un des antagonistes, alors qu’il était roi d’Atlantis. Il est également dit qu’Arion a été vaincu il y a bien longtemps.

Le futur comme la caractérisation d’Arion est bien variée. Le personnage peine à trouver son rôle défini, sinon celui d’un seigneur/mage protecteur d’Atlantis. Les derniers récits laissent penser à un tournant vers le trait d’antagoniste. Seulement, il n’apparaît qu’au travers de titres très secondaires, et facilement oubliables. Arion reste un personnage au lourd potentiel inexploité, et ce, depuis sa création en 1982. L’éditeur n’a pas pleinement conscience de ses capacités.

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