DC Planet s’est mis sous le thème du jeu vidéo cet été, un médium que j’affectionne et qui va me permettre aujourd’hui de parler de quelque chose que j’aime encore plus, la série animée Batman. L’œuvre qui aura marquée toute une génération de fans du Chevalier Noir a naturellement eu droit à de nombreuses adaptations sur toutes sortes de consoles, des jeux parfois trop durs mais rarement mauvais (Gotham City Racer gâche un peu le tableau) et sur lesquels on s’amusait rapidement ne serait-ce que pour le rêve de pouvoir jouer Batman ou Robin dans une nouvelle aventure. Parmi eux, il en existe un nommé The Adventures of Batman and Robin sur Mega-CD qui a une particularité qui plaira aux fans de Batman : TAS, même à ceux qui ne jouent pas aux jeux vidéos, et j’espère pouvoir faire découvrir à certains d’entre vous quelque chose de nouveau sur le dessin animé de votre enfance grâce à ce qu’on appelle parfois sur internet The Lost Episode.

The Adventures of Batman and Robin est donc sorti en 1995 sur la Mega-CD, qui était une Mega Drive équipée d’un périphérique permettant la lecture de CD-ROM, la série animée était sur sa fin et le studio Clockwork Tortoise développe les versions Sega de ses adaptations. Celle sur Mega Drive sera un run’n’gun plutôt difficile et très rythmé tandis qu’ils opteront pour un jeu basé sur des phases de poursuite en batmobile pour la version Mega-CD sur lequel nous allons nous arrêter avant de passer au plus intéressant. En termes de gameplay, le jeu se rapproche donc des jeux de courses de l’époque comme les Road Rash, sauf qu’il faudra ici tirer sur des ennemis et éviter les obstacles grâce à vos réflexes de Jedi. Le jeu reste en effet très difficile durant les premières parties, d’autant que les niveaux du début ne sont pas très enthousiasmants. Cependant, le jeu se diversifie légèrement au fur et à mesure des mondes et des super-vilains de Batman que l’on affronte. Cette version est donc distrayante si on aime le genre et le challenge, mais vous aurez sûrement envie, tout comme moi, de terminer le jeu pour les cinématiques entre les niveaux.

Le voilà, cet « épisode perdu ». Grâce au CD-ROM, le studio a pu intégrer 17 minutes de cinématiques prenant la forme d’un épisode exclusif animé par TMS Entertainment, boîte japonaise très reconnu qui s’était déjà occupée de quelques épisodes de la série animée (notamment Bas les Masques, Partie II, avec l’animation sublime de Clayface) entre autres succès comme Les Animaniacs, La Bande à Picsou et Superman : TAS. Encore plus fabuleux, les acteurs de la version anglaise sont tous de la partie, que ce soit Kevin Conroy en Batman, Mark Hamill en Joker et leurs camarades reprenant leur rôle respectif (par contre, pas de vf, vous vous en doutiez). C’est vraiment devant un nouvel épisode entrecoupé par des phases de gameplay en batmobile que nous nous retrouvons, mais outre la qualité amoindrie par les capacités de la console, on assiste à une histoire assez particulière. C’est ainsi que, personnellement, je ressortais partagé entre la joie d’assister à cette belle découverte alors que je faisais mes premiers pas sur internet et la stupeur de me retrouver face à l’épisode à l’ambiance étrange et avec une certaine violence gratuite.

Le jeu commence avec cette séquence hyper badass de Batman dans sa cave prêt à démonter du super-vilain, et c’est finalement ce à quoi vous assisterez. On termine le niveau et l’épisode suit son fil en opposant notre héros à Poison Ivy et l’une de ses plantes géantes humanoïdes. D’ailleurs, le parallèle au jeu Batman : TAS sur SNES se fera régulièrement, les designs et les méchants utilisés sont presque les mêmes. Batman affronte donc la bête, et après avoir découpé l’un de ses membres, notre valeureux justicier se saisit d’une hache et abat la créature. Si le geste semble si violent, c’est aussi par sa mise en scène assez terrifiante, ne montrant que l’ombre de Batman s’acharner sur la plante à grands coups de hache, qui fera gicler du « sang » jaunâtre provenant du monstre de Poison Ivy. On aura rarement vu le petit Bruce aussi violent dans la série animée et c’est un peu sur le cul que l’aventure continue.

Batman arrête Poison Ivy, foreshadowing, raccourcis scénaristiques, on défonce la porte avec la batmobile et hop, on se retrouve devant le Riddler dans une bonne scène malgré le fait que ça se met encore une fois des grands coups dans la tronche et que le criminel se fait électrifier allègrement. La valse des super-vilains continue avec l’arrivée de Harley Quinn et du Joker dans une musique que je trouve toujours assez malsaine. Après une scène à l’ambiance étrange, c’est donc au tour du clown de se faire tabasser et Batman peut aller à sa prochaine cible, Rupert Thorne, ou plutôt Clayface, gros twist de dingue. On passe le fait que notre preux chevalier tire son grappin en plein sur le front d’un sbire avant de se faire dégager par le super-vilain, mais Batman trouve une solution en tirant au canon 88mm dans sa face, mais c’est pas grave puisqu’il est en argile et que ses parents ne se sont pas faits tués par un canon de 88mm, non ? Bref, après ce moment compliqué et un niveau en Batwing, Batman abat l’hélicoptère de Clayface, qui tombe dans le fleuve et se dissout dans un cri de souffrance strident. Ça y est, les rues de Gotham sont bien nettoyées.

On sera d’accord en lisant ce résumé ou en regardant l’épisode lui-même – que vous retrouverez ci-dessous – que Batman agit vraiment bizarrement, et ce n’est pas la musique et la narration qui arrangera cet aspect. Pour un jeu vidéo, il ne vaut clairement pas ses autres versions ni même les jeux PS2 qui ont suivi, mais ce n’est pas le pire et propose une expérience plus déroutante finalement. Malgré tout, cet épisode dérangeant me fascine quelque part, par son ambiance et par son côté trésor caché. Je me rappelle encore quand je l’ai découvert aux débuts des années 2000, j’étais bien jeune et je pensais que cet épisode était interdit de diffusion pour sa violence justement, jusqu’à ce que je découvre le jeu un peu plus tard, mais ce Lost Episode est un peu devenu une légende avec le temps, une sorte d’anomalie dans ce chef d’œuvre qu’est Batman : TAS.

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urbanvspanini10
urbanvspanini10

Effectivement étrange comme musique.

C’est Zack Snyder qui a officié sur cette épisode ? ^^

Arkham Luci1
Arkham Luci1

Le tout est un peu étrange oui. Après la musique convient bien au Joker (je le préfère en réel psychopathe flippant avec de l’humour noir comme à la Arkham) et pour la violence de Batman, hormis le coup du canon et du grappin, ça correspond à peu près au perso général je trouve.