Urban Comics republie en ce moment les grands récits qui ont fait son histoire. L’intégrale Grant Morrison présente Batman s’inscrit dans cette dynamique, certainement pour préparer le terrain à l’événement Dark Nights: Metal qui reprend une multitude d’éléments de la mythologie du Chevalier Noir de cette époque.

Un format idéal

Cette intégrale contient les deux premiers tomes de Grant Morrison présente Batman déjà édités par Urban Comics de 2012 à 2014. Pas de nouveautés donc pour ceux qui l’ont déjà lu sous ce format.

Pour les autres, ce livre regroupe les arcs “Batman and Son” (Le fils de Batman) et “Batman R.I.P.“ au complet.

Dans le premier, Bruce Wayne, après avoir capturé tous les super vilains de Gotham City, doit affronter deux défis majeurs dans sa vie. D’une part l’apparition d’un fils caché, enfant du Chevalier Noir et de Talia Al Ghul, fille du démon, qui, après avoir été entraîné toute sa jeunesse par la Ligue des Assassins, vient apprendre à combattre auprès de son père. Grant Morrison introduit ici un personnage aujourd’hui célèbre dans l’univers DC : Damian Wayne. On le retrouve également dans le Batman #666, récit d’un futur probable, où Damian est devenu Batman et lutte contre le crime à sa façon.

D’autre part, le héros doit faire face à trois Batmen représentant chacun l’un de ses pires cauchemars. En effet, un programme policier visant à remplacer le justicier refait surface et s’annonce comme étant la première pièce d’un immense puzzle édifié par Grant Morrison.

Dans le second arc, Batman court après une organisation criminelle, le Gant Noir, responsable de crimes contre les super-héros du monde entier. Le Docteur Simon Hurt, un scientifique ayant participé à des expériences sur l’homme chauve-souris dans les années 1960 (dans Batman #156), revient organiser un grand duel entre le Bien et le Mal. Des éléments du passé du justicier vont ressurgir et l’atteindre au plus profond de sa psyché, montrant un Batman détruit, séparé du côté humain de Bruce Wayne. L’intrigue reprend les éléments teasés dans le premier arc et les développe pour apporter une profondeur rarement vue dans un comics super-héroïque. Chaque détail a son importance et l’auteur sait comment nous mener en bateau du début à la fin.

Rien ne se perd, tout se transforme

L’auteur Irlandais est un habitué de l’homme chauve-souris car il est arrivé chez DC Comics avec Arkham Asylum en 1989 où il amorce la métamorphose du héros vers une personnalité plus travaillée. Il continue ainsi sa transformation avec un postulat simple : tous les récits de Batman sont vrais et font partie de son histoire, de sa personnalité. Ainsi il donne autant de poids à “cette silhouette étrange…” qu’a été Batman lors de sa création dans les pages de Detective Comics #33 en 1939, qu’à la figure psychédélique et colorée des années 1950, qu’au détective hors pair des années 1960, qu’à l’aventurier international des années 1970 ou qu’au justicier ultra-violent qu’il a été dans les années 1980.

On retrouve alors, en première page de Batman #655, un Joker très classique, au costume violet et au nœud papillon vert. Il porte à la main un pied de biche pour rappeler les heures les plus sanglantes de son histoire. Batman est également fidèle à la représentation que les lecteurs avaient de lui au début des années 2000, violent et irréfléchi. Et de la même manière, tout, au début du récit, semble tiré des pages d’un comics Batman ordinaire. Mais Grant Morrison va venir perturber tout cet univers avec des élément tirés du passé du chevalier noir et qui auront des répercussions importantes sur l’image que l’on a de chacun des personnages de cette histoire. En intégrant des éléments oubliés de son Histoire, l’auteur nous montre la multiplicité et la complexité derrière le masque de Batman. Cet effet est renforcé par le scénario qui développe plusieurs intrigues en parallèle pour mieux les faire converger au moment où on s’y attend le moins.

L’auteur apporte également, dans une moindre mesure, un côté méta aux différents éléments du récit. On retrouve par exemple un Gant Noir, métaphore de Morrison lui-même, qui chapeaute une intrigue dantesque où le lecteur est à la fois acteur et voyeur. On retrouve donc plusieurs niveaux de lecture dans cet ouvrage qui plaira à un amateur d’action, à un amateur d’enquêtes mais également à un public plus exigeant qui pourra retrouver des thèmes bien plus profonds derrière chaque élément du récit.

En résumé, ce premier tome de Grant Morrison présente Batman Intégrale intègre une quantité importante d’éléments de l’Histoire du Chevalier Noir. Cependant, l’auteur réussit à lier tous ces composantes pour créer une intrigue cohérente de bout en bout. Pour les débutants, le scénario est totalement auto-suffisant et vous apportera une histoire dantesque pleine de rebondissements. Pour les connaisseurs de l’univers DC, les références à l’Histoire de Batman, de ses débuts à la sortie de ce comics en 2006, sont omniprésentes et utilisées avec talent. Dans tous les cas, il s’agit d’un incontournable pour les amateurs de l’homme chauve-souris alors n’hésitez pas à vous procurer cet ouvrage.

Excellent / 10 Notre avis
{{ reviewsOverall }} / 10 Votre avis (0 votes)
Les +
- Une intrigue complexe et travaillée...
- Des personnages très bien écrits
- Une multitude de références à l'Histoire du Chevalier Noir
Les -
- ... qui peut décourager certains lecteurs
- Pas d'ajout par rapport à la première édition.
Ce que vous en pensez... CONNECTE-TOI POUR DONNER TON AVIS !
Order by:

Sois le premier à donner ton avis.

User Avatar
Vérifié
{{{ review.rating_title }}}
{{{review.rating_comment | nl2br}}}

Voir plus
{{ pageNumber+1 }}

10
Poster un Commentaire

Please Login to comment
5 Comment threads
5 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
8 Comment authors
KhajiiJeezupApokolipsGeronoHousJustafrogg Recent comment authors

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  Subscribe  
plus récents plus anciens
Me notifier des
Maitre Bruce
Maitre Bruce

Savez vous combien de tome contiendra cette intégrale svp?

Adam
Adam

La première édition était déjà constitué de livres assez épais et comportait 8 tomes et un tome 0. Donc on peut parier sur 4 tomes d’intégrales.

fabv
fabv

Je ne mettrais pas dans les moins le fait qu’il n’y ait pas d’ajout par rapport à la première édition, personnellement ça m’arrange…
Et sauf erreur c’est le cas pour toutes les intégrales rééditées.

GeronoHous
GeronoHous

En point négatif tu peux rajouter son poids!

Apokolips
Apokolips

Qu’est ce que j’ai pu aimer en son temps le début de ce run made in Morrison ! La suite est à mon goût un peu moins bonne avant le final de toute folie !

Khajii
Khajii

J’avoue qu’a partir du tome 4, ce run m’as bien gavé. Pour dire, j’ai mis un mois à lire « Le retour de Batman », et je n’ai aucune envie de lire la suite du run que je possède pourtant…

Apokolips
Apokolips

J’ai aussi eu beaucoup de mal entre les tomes 3 et 5 mais franchement ça vaut le coup de s’accrocher, le huitième (oui, ça fait beaucoup à lire avant) est un pur chef d’œuvre !

Jeezup
Jeezup

Les débuts d’un run de folie,j’etais Pas prêt à l´époque..