Ce week-end, la San Diego Comic Con a battu son plein. Et il serait intéressant de revenir sur son ouverture : la première bande annonce de la série Titans. Qui, étrangement, a été virale et s’est émancipée du milieu confiné des comics, à la manière d’un Robin pistolero.

Étiqueté « échec assuré » ?

Titans faisait l’objet de l’interrogation, de l’espoir pour beaucoup – moi compris – jusqu’à la publication de photos sur le lieu de tournage, révélant Starfire. Il était difficile de ne pas se moquer, ni du costume, ni du motif trouvé : la célèbre soirée disco. Starfire ainsi que Beast Boy, et de manière moins virulente, Raven, ont fait l’objet d’une haine massive. Leur apparition dans le trailer a catégorisé la série comme quelque chose de définitivement mauvais. Et effectivement, des mauvais points, le trailer en accumule d’autres. La mise en scène de la mort des parents de Dick ravive les souvenirs douloureux de Batman & Robin dans un ralenti donnant froid dans le dos pour de mauvaises raisons. La musique fait craindre le pire en terme de niaiserie – croisons les doigts. Le montage est foireux, et ne fait qu’accentuer, de par ses flashs blancs répétés, l’aspect « série des années 2000 »- rappelant cette fois-ci la série Birds of Prey dont personne ne veut se souvenir.

Mais cet esprit de série datée fait son petit effet, et lui donne l’allure d’un projet réalisé par des fans. Non pas avec les moyens du bord, mais un projet de fans soigné. Les effets spéciaux sont cheaps, mais loin d’être immondes. Les costumes y sont pour beaucoup également, de même pour les chorégraphies, cachées par une obscurité dominante et le montage effréné. Ce qui nous amène à un autre point, qui sera à concrétiser au visionnage : la série est véritablement sombre. Si vous nous avez écouté lors du dernier podcast, vous savez que nous attendions la série sur ce point, et ce parti pris d’un ton sombre et sérieux. A titre de comparaison, pour sa première saison, Arrow misait sur une direction similaire. Les choses ont bien changé, et à vrai dire, dès le début nous nous sommes fait avoir. Le risque que Titans suive le même chemin existe bel et bien, mais ce trailer semble confirmer les dires et attentes d’une série sombre et violente.

Concernant la réalisation, pouvons-nous vraiment en juger alors que les séquences sont extraites de prises choisies, remaniées, raccordées et possiblement encore travaillées ? Le jugement doit rester général, et le montage est un massacre tel qu’on ne peut vraiment apercevoir la réalisation sinon la direction artistique de la série qui mise indéniablement sur le côté torturé des héros, et une sorte d’héritage inavoué de Batman/Gotham, point connu de tous publics confondus.

Robin, the boy fucker

Bien plus que l’aspect général de la série, ce sont les éléments scénaristiques, pour certains choquants, qui font hurler. L’intrigue secondaire portera sur l’émancipation de Robin auprès de son mentor. Hargneux, le premier protégé va tout faire pour s’extirper du titre d’acolyte. Cette première bande-annonce appuie bien sur cet aspect, présentant le personnage principal dans une violence surprenante, et surtout, par l’utilisation d’armes à feu. Passage célèbre dans l’histoire de Dick Grayson, l’émancipation du personnage est plus discrète dans les comics. Dick est en désaccord avec Batman, qui lui demande de changer de symbole. C’est la formation des Titans qui confirme son besoin de se détacher de son mentor, d’où l’opportunité de raconter cette histoire.

Seulement, là où Jason Todd est violent, Dick Grayson n’utilise pas d’armes à feu. Damian peut tuer « par accident », mais Dick Grayson est délicat. Batman a utilisé des armes à feux, et parfois dans des histoires vraiment bonnes. La polémique du Dick Grayson violent rappelle, comme l’a souligné mon bon Claygan, celle encore assez vive du All-Star Batman de Frank Miller. Considéré comme un purge pour certains, Frank Miller conserve son Batman extrême, bas du front. Batman laisse Dick manger des rats dans sa cave – parce que ça être pédagogue à Gotham – mais Dick manque de tuer Hal Jordan.

Ce que j’essaie de démontrer, c’est que malgré de grandes lignes qui définissent un personnage et son histoire, rien n’oblige le scénariste à conserver l’entièreté de son caractère. Qui plus est, ce changement peut, selon son utilisation et son développement, se justifier comme acte d’émancipation violent, peut-être involontaire, comme le crime. Dominé par une colère forte, cette caractérisation pourrait être le point de départ d’une quête de soi, et porte un sacré potentiel. A ce propos, je vous invite à lire Nightwing : Renegade qui expose une approche tout à fait différente de Dick Grayson dans un contexte très spécifique.

« Troti-trota Monsieur Fée ! Il y a des anges qui veulent un bisou ! »

L’autre atout majeur est Raven, dont la relation avec Dick s’avère plus intéressante qu’à l’origine, et brise toute l’inquiétude d’une quelconque différence d’âge entre les acteurs. Malgré un jeu d’acteur qui semble assez limite, et n’est pas aidé par ce qu’on voit des effets choisis pour représenter ses pouvoirs, le duo Raven/Robin n’étant pas le premier auquel on pense à travers les Titans, se révèle intriguant et procure une nouvelle approche des relations entre les personnages. Revisiter les rapports entre personnages est d’autant plus acceptable et bienvenue à l’heure où les comics Titans et Teen Titans se confondent, où les membres passent d’une équipe à l’autre.

Comme convenu, Beast Boy semble conserver sa peau blanche, devenant verte lors d’une transformation. La manière dont il est filmé à travers les brèves secondes qui lui sont accordées rappellent un peu le Nightcrawler de X-men 2. Laissant ainsi fort à parier que son histoire tourne autour de son acceptation au monde. Il est à craindre le ton sombre pour ce personnage d’ordinaire amusant et taquin. Ceci dit, à choisir entre le mutisme d’un Changelin tourmenté et la lourdeur d’un humour Marvelien, le mutisme semble préférable.

De son côté Starfire est tout aussi délaissée. Son costume, parfaitement caché par l’utilisation de ses pouvoirs, joue des couleurs associées au personnage. Ce qui donne un rendu assez fidèle, d’autant plus que les lueurs générées rendent son visage presque orange. Seulement, nous savons ce qu’il en est du costume, en espérant que le scénario corrige le tir, dont la théorie du costume révélé en final season. Mais d’une autre manière, Starfire n’a pas de lasers, mais des flammes. Une légère entorse, réalisée même dans certains comics. Ce pouvoir représente l’énergie solaire qu’elle peut générer et utiliser. Le feu peut être considéré comme une forme d’énergie solaire, mais va à l’encontre de la représentation de cette énergie dans les comics. Il ne faut pas tirer sur l’ambulance, mais le personnage de Starfire semble accumuler les fautes et risque bien de conserver son statut de mal aimée, et d’entretenir une certaine haine du public.

Titans est loin de faire l’unanimité aujourd’hui, et demain ne fera que concrétiser l’avis de chacun. Mais plutôt que d’attiser la haine, nous ferions peut être mieux d’observer l’apport de la série par rapport aux comics existants. Malgré bien des défauts, Titans soulève des points majeurs de récits importants, tout en réalisant un travail d’adaptation qui pourrait mériter votre attention.

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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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urbanvspanini10
urbanvspanini10

Eh bien tu est productif Watch. :)

Pour les effets de productions il fallait s’y attendre, avec les séries TV de SH si tu metpas le budget qu’il faut pour les FX il faut t’attendre à quelques ratés pour certains pouvoirs qui demande pas mal de FX. Après pour la réalisation faut voir ce que ça donne sur un épisode en entier.

Dans l’état des choses je trouve certaines réactions exagérés, c’est juste une BA faut attendre au moins le 1er épisode (et 2éme épisode pour moi) avant de dire que c’est nul.

Après les différences avec le matériaux d’origine me dérange, faut s’attendre à cela quand adapte un comics.

knightwing
knightwing

Que ce soit à cause d’un manque de temps pour peaufiner les FX du trailer ou alors un manque de moyens, ou même que ces premières images ne sont pas vraiment représentatives de ce que va être le produit fini, une chose est certaine: ce trailer ne fait pas du bien à la série.

Autre soucis pour moi, qui ne vient pas du trailer en lui-même, je trouve que le cast manque cruellement de charisme, ce qui accroit un peu plus l’impression d’un fanmade

Adam
Adam

En générale je ne me prive pas de lancer des cailloux quand un projet me déçoit, mais en l’occurrence je trouve que beaucoup ont été virulent à l’exces.

Quand je voix l’orientation sombre retenue pour cette série, j’ai l’impression que les décideurs ont été motivé par la bonne reception du trailer de new Mutants. Et c’est pas vraiment approprié mais je précise que je n’ai lu que le run de perez et Marv Wolfman. Néanmoins je dis why not.

« Seulement, là où Jason Todd est violent, Dick Grayson n’utilise pas d’armes à feu. Damian peut tuer « par accident », mais Dick Grayson est délicat » C’est le gros point qui m’attriste, j’ai plus eu l’impression que c’était jason todd qui venait de sortir d’un bain dans le puit de Lazare que Grayson (TDKR II n’existe pas)

Mandalorwarrior
Mandalorwarrior

En gros: « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer » ? Je suis assez d’accord. Pour ma part, j’ai plutôt trouver le trailer encourageant malgré quelque regrets (Dick qui tue, principalement). Il y a un petit côté « X-Men » qui ce dégage de ce trailer (et sachant que j’apprécie beaucoup la saga X-Men, ça ne peux qu’être bon signe pour ma part).

Claygan
Claygan

Moi le gros problème que j’ai avec cette b.a., outre les fx dégueulasses, la mise en scène moche, c’est surtout que je trouve quz cette ambiance « Dark » tombe complètement à côté, à l’image de ce « Fuck Batman » qui sort de nul part. On a l’impression que les mecs ce sont dit « on peut faire une ambiance sombre, donc on va forcément le faire », sans même se demander si c’est à propos avec ses personnages. Là j’ai juste peur d’une violence exacerbée, ayant pour seule objectif d’attirer le chaland, « parce-que y a du sang et ça c’est trop cool ». Réaction que l’on peut déjà observer sur le net.

Par contre pour ton Nightwing assassin ça vient de quelle série ? Parce-que j’ai vérifié dans le Nightwing de 96 et dans le Nightwing Year One (#101-106) il ne suit pas de formation du tout. Il se fait virer, va voir Sup qui lui dit de prendre ce nom, retourne au cirque, …

Ce n’est pas – parce que *c’est ça être pédagogue à Gotham – que tu voulais écrire ? (Pour une fois que c’est moi qui te corrige :p)