A quoi reconnait-on un titre censé promouvoir un produit quelconque ? Le titre Prototype suffirait à lui seul. Fin des années 2000, Activision lance une nouvelle licence à grands coups d’anti-héros Dark à souhait, surplombé de zombies en masse et d’une violence gratuite et gore à souhait. Interdit en Allemagne, censuré en Australie, Prototype fait polémique et fait le bonheur d’Activision. DC Comics fait du pied à la machine à fric en présentant sa nouvelle acquisition, Wildstorm, dont il cherche à promouvoir les titres. Stratégie commerciale oblige, Wildstorm contient son propre univers fraîchement relaunché, mais sert également d’étale à DC Comics pour y incorporer les adaptations de jeux vidéos (suivent alors Mirror’s EdgeGod Of War, Gears of War et d’autres).

6 Billboards : les comics publicitaires

De par cette politique éditoriale, le label Wildstorm doit satisfaire certaines exigences et présenter un résultat plus abouti que la concurrence et dominer le marché. DC Comics va soigner les apparences avec des couvertures alternatives signées Jim Lee – papa de l’univers Wildstorm – et placer des artistes plus ou moins reconnus sur le titre. Se retrouvent alors Justin Gray et Jimmy Palmiotti à qui l’on devait à l’époque un run remarquable sur Jonah Hex, associés au dessinateur du célèbre Transmetropolitan (entre autres) Darick Robertson.

Contrairement aux attentes premières et aux couvertures, l’histoire ne se focalise pas sur le personnage d’Alex Mercer comme peut le faire le jeu. Les deux scénaristes décident de s’orienter vers un point de vu humain, extérieur au jeu à travers un couple de détectives, crasseux et bas du front. L’univers n’en est pas pour autant changer. Ces personnages se révèlent assez intéressants dans ce regard qu’ils portent sur la situation, sur ce monde, entre l’intégration de l’horreur au quotidien et le second degré avec lequel est écrit la mini-série.

La substantifique moelle de mon os creux et desséché

Alors que nous sommes dans un jeu misant le tout sur les sensations de puissance, et les thèmes ayant le vent en poupe à l’époque, les scénaristes tentent d’exploiter et d’approfondir un univers de toute évidence vide de sens. L’absurdité des scènes procurent au titre toute la définition de ce que peut être un nanar, dans son ridicule, mais surtout dans le soin qui y est apporté. En plus de scénaristes connus des lecteurs, Darick Robertson est un choix judicieux. Il met en scène une violence excessive qui n’est pas sans rappeler The Boys. Bien loin d’une qualité similaire, les planches de Prototype se limitent au strict minimum : des décors rares et des personnages disposés aléatoirement.

L’exagération en fera rire plus d’un, de même que l’enchaînement de scènes sans le moindre lien. Les explosions se succèdent, exagérées au possible, surplombée par une violence gratuite permanente administrée par les personnages principaux. Ce qui peut être considéré comme un point important de l’adaptation. Mais plus qu’une violence, une vulgarité créatrice de malaise réduisant une fois de plus le jeu vidéo à de fortes poitrines et de l’hémoglobine.

Cahier des charges oblige, on croisera ainsi à quelques reprises le chemin d’Alex Mercer, cassant du militaire, histoire de nous faire une petite démonstration de ce que permet le jeu et les pouvoirs du personnage jouable. L’enquête autour du personnage n’aboutie aucunement, puisqu’elle fait également l’objet du jeu : seul élément scénaristique du jeu. A la manière de ses apparitions, tout paraît forcé, aucune illusion n’est établie – bien au contraire.

Rassemblant les stéréotypes du jeu vidéo, la lecture de cette mini-série est certainement l’une des pires chez Wildstorm. A côté de son sujet, en plus d’être une très mauvaise bande dessinée, sans aucune portée (ni intention) artistique, celle-ci ne parvient même pas à être une bonne publicité pour le jeu. Si vous persistez à vouloir lire cet immondice, les lecteurs VF seront ravis d’apprendre qu’il existe une édition française chez Fusion Comics en deux volumes. Pour une fois, écoutez votre banquier.

Très Mauvais / 10 Notre avis
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Les +
- Un bon nanar
- A offrir à ceux qui se sont plaints du jeu
Les -
- Darick Robertson décevant
- Toujours construire un univers avant de chercher à l'approfondir
- Affligeant d'idiotie
- Excessif sur tous les plans
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Watchful
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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Claygan

Maintenant j’ai envie de le lire ce comics, ça à l’air génial !