– B… Blue, Alex Mercer est à terre !
– J’ai vu, Billy !
– Votre chemin s’arrête ici !
– Raiden ! Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?  Tu étais censé être du côté du bien !
– Le bien, le mal, tout est relatif…
– Légitimer une dictature, ça me semble quand même un peu plus pencher d’un côté de la balance que de l’autre…
– Vous ne vous en sortirez pas cette fois !
– Jeremy, comment on peut battre un type pareil ?
*Tu vois une cuve d’eau à proximité ?*
– Non !
*Bon, vous devez tenir, les renforts arrivent ! Fais le parler !*
– ça marche ! Dis, Raiden, il y a quelque chose que je ne m’explique pas…
– Quoi ?!!
– Comment tu en es arrivé là ? Tout semblait si simple avant ! Tu te souviens ?


Si il y a bien une série qui a mis sur un piédestal le gore, les démembrements, ou l’arrachage de tout organe vital, c’est bien Mortal Kombat. Quand en 1991, Ed Boon, jeune game designer et développeur, et John Tobias, dessinateur de comics ayant officié sur Ghostbuster, sont appelés pour réaliser un jeu de combat censé rivaliser avec Street Fighter II, et cela, dans un laps de temps inférieur à un an, les deux hommes se retrouvent bien embêtés. Partant de rien, ils essayent tout d’abord de créer une énième adaptation de film en jeu vidéo, et leur choix se porte sur Universal Soldier avec, allez, tous en cœur, le seul et unique Jean Claude Van Damme. Malheureusement, ce dernier a déjà contracté avec une autre boîte pour adapter le film vidéoludiquement, idem pour Bloodsport, seconde idée d’Ed Boon. Ainsi, sans en avoir les droits, Midway, studio de développement, se lance dans la programmation d’un dérivé de Bloodsport, y incluant une parodie de l’acteur, Johnny Cage, comédien star imbu de lui-même. John Tobias, fan de films d’arts martiaux, décide d’enrober le jeu avec un melting pot de tout ce qu’il a pu apercevoir en termes de folklore asiatique, pendant qu’Ed Boon travaille sur le système de combat. Détestant le principe d’étourdissement dans les jeux de combats, il est par ailleurs très attaché à l’animation in game qui accompagne cet état. De ce fait, il prend le parti de laisser quelques secondes le personnage perdant dans les vapes en fin de partie afin de laisser l’opportunité à son adversaire de lui asséner quelques coups gratuitement. Cette simple idée, jugée un peu trop classique par Midway, voulant se démarquer au maximum du jeu phare de Capcom, évoluera en quelque chose de plus gore, les Fatalities, qui deviendront la marque de fabrique de la série. Dans le but encore une fois de s’éloigner de l’aspect animation/manga des autres jeux du même genre, John Tobias prend le parti d’utiliser la motion capture, bien loin de ce qu’elle est à l’heure actuelle, en filmant des individus en costume pour ensuite les recréer sous forme de pixels.

En 1992, le jeu sort, est un succès, mais déclenche logiquement de nombreuses polémiques sur la violence dans les jeux vidéo, allant même jusqu’à être traitées par le Sénat. Néanmoins, contrairement au but recherché, les principaux opposants à Mortal Kombat contribuent au final à la popularité du jeu, lui faisant bénéficier d’une publicité gratuite, et poussant les jeunes à braver l’interdit. Eh oui, si vous dîtes à un adolescent  de ne pas faire quelque chose, même si il n’avait pas prévu de le faire, il y a une grande probabilité qu’il passe à l’acte. Jouant sur cette popularité de licence grotesquement gore, la série n’hésitera pas par la suite à s’auto-parodier, introduisant dans Mortal Kombat IX les Babalities, transformant l’adversaire en bébé. Aujourd’hui, la licence compte plus d’une vingtaine de titres, et s’est diversifiée de façon à proposer d’autres types de jeux que le classique 1 vs 1, avec par exemple le Mortal Kombat Mythologies : Sub-Zéro, mais s’est aussi laissée tenter par des crossovers, dont un avec DC Comics afin de répondre à la saga Marvel vs. Capcom de son concurrent. Sobrement intitulé Mortal Kombat vs. DC Universe, le jeu n’est pas extraordinaire, et subit malheureusement une censure disproportionnée, DC refusant catégoriquement la moindre trace de sang. Les Fatalities n’ont donc plus vraiment d’intérêt, se résumant à quelques coups gentillets, et le système de combat n’est pas folichon non plus, assez mou, mais introduisant tout de même des bagarres aériennes, assez innovantes. Par ailleurs, en terme de crossovers, la saga s’est progressivement mise à la page depuis 2010 avec son rachat par Warner, NetherRealm (Injustice), une de ses filiales chargée de développer les nouveaux titres, incluant par exemple Kratos et Freddy Krueger au roster de Mortal Kombat (2011), puis proposant des DLC horrifiques avec Jason, Alien, Predator, dans Mortal Kombat X (2015).


– Alors il te manque bien des éléments pour comprendre !
– Je n’en doute pas, mais de là à devenir ainsi ?
– Ne me provoque pas, humain, je pourrais te foudroyer sur place !
– Dis-moi dans ce cas, dis-moi ce qui te pousse à agir comme tu le fais !
– XANA, il m’a montré ce que vous aviez fait de moi dans votre monde. Films, séries, comics…
– Ah…


Devant le succès international de la série, Mortal Kombat a été adapté sous différentes formes diverses et variées. Non, nous ne parlerons pas ici des adaptations cinématographiques qui, même si j’ai énormément d’affection pour Christophe Lambert, sont de sacrés nanards comme pas mal de films de l’acteur, à l’exception d’Highlander premier du nom, Subway et Greystoke qui relèvent le niveau général. Avant de tomber entre les mains de DC, plusieurs sociétés avaient déjà eu l’occasion de sortir des comics centrés sur la licence, de Midway elle-même pour la sortie du premier jeu, à Malibu, que ce soit avant ou après son rachat par Marvel.  En 2008, Mortal Kombat Vs. DC Universe  »Beginnings » est créé en partenariat avec DC, scénarisé par John Vogel, le troisième homme à l’origine de la saga, et dessiné par John Tobias. Plus un fascicule promotionnel d’une quinzaine de pages qu’un numéro à part entière, l’histoire suit la naissance de Dark Kahn entre les réalités, qui découvre deux univers et décide de s’en emparer. La puissance de sa colère brise les barrières séparant les mondes, fusionnant ces derniers, et pousse les habitants à s’affronter dans un grand Mortal Kombat, tournoi qui déterminera qui régnera sur le tout.

Après le succès du comics Injustice, NetherRealm se dit que ce format hebdomadaire n’est pas forcément une mauvaise chose, et pourrait, qui plus est, en plus de contenter les fans, vendre la série à des joueurs ne la connaissant que de loin. Début 2015, la série est donc lancée, et le studio voit grand pour le comics publié par DC. En effet, contrairement à la majorité des adaptations de jeux vidéo en format papier, le titre ne se contente pas d’être une mini-série en 6 numéros, mais comporte bel et bien 36 chapitres. Décomposée en trois arcs majeurs se déroulant avant le début de Mortal Kombat X, le premier, Blood Ties, traite de l’effritement progressif de la paix entre les différents royaumes,  introduit Cassie Cage, fille de Sonya Blade et de Johnny Cage, qui se fait enlever, et voit Scorpion et Raiden s’allier pour sauver leur allié, Takeda. Le second arc, Blood Gods, voit Scorpion et Takeda prendre en chasse Sub-Zero tandis que Kotal Khan et Shokan se font la guerre. Enfin, Blood Island, met en scène Havik, clerc du chaos, motivé par le fait de semer la discorde sur le monde -en gros, le fouteur de merde numéro 1-. La maxi-série arrivant à son terme, rattrapant le début de Mortal Kombat X, NetherRealm, contrairement au schéma Injustice, aura tout de même la décence d’éviter aux fans un comics racontant les événements du jeu, et d’ainsi finir sur une bonne note.


– Tout le monde se moque de moi, un Dieu, celui de la foudre qui plus est !
*Blue, 20 secondes avant les renforts !*
– Ecoute, je sais au combien ça peut être humiliant, mais là, ça dépasse un simple problème d’ego !
* 15 secondes !*
– Un simple problème d’ego ?!!
– Si tu laisses faire, dans mon monde, il y aura plus que des bugs de serveurs. XANA va s’en prendre aux états, puis aux centrales et aux armes nucléaires, et ça sera terminé !
* 10 secondes !*
– Les humains, vous ne pensez qu’à votre petite personne !
* 5 secondes !*
– Maintenant, le gamin et toi, vous allez mourir ! L’humanité va comprendre qu’on n’humilie pas un Dieu impunément !
*Les gars, baissez-vous. Les renforts sont là… Enfin, IL est là !*
– Un Dieu, tu dis ? J’ai vaincu un Panthéon !
– Kratos ?!  

A SUIVRE

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