– Je… Je suis mort ?
– Non, Billy, tu ne l’es pas…
– Blue !
– Allez, lève-toi, mettons-nous en route.
– J’ai… J’ai mal à la tête… Où est-ce qu’on a atterri ?
– Dans les profondeurs du système, à l’époque où le mot internet n’était même pas utilisé. Tu vois ces pixels ?
– Oui.  La musique aussi est étrange.
– La bonne vieille époque où le style 8-Bit était la norme.
-Tu veux dire que nous sommes dans le passé ?
– En quelque sorte…
– Co… Comment on regagne la surface ?
– Jeremy ne peut pas nous atteindre ici. Nous n’avons pas le choix, il va falloir se débrouiller !
– On commence par quoi ?
– Tu vois ce parc là-bas ?
–  A… Atari Land ?
– Qu’est-ce que c’est ?
– J’ai ma petite idée là-dessus.  


Aujourd’hui, parlons d’une époque où des enfants voyaient l’intégralité de leur argent de poche englouti par des bornes d’arcades, où Schwarzy prouvait qu’on pouvait passer sa semaine déguisé en barbare, pour le week-end, gagner des compétitions de culturisme, et où les vietnamiens et les russes commençaient enfin à ne plus être des méchants dans l’imaginaire collectif. Aujourd’hui, parlons de l’âge d’or du jeu vidéo. De cette époque, beaucoup de titres ont été oubliés, mais certains ont néanmoins réussi à tirer leur épingle du jeu, marquant plus qu’une génération de joueurs et impactant la culture populaire. Ainsi, tout le monde connait Pac-Man ou Donkey Kong. Les bornes d’arcades n’envahissent pas seulement la planète par le biais de salles ouvertes pour les accueillir, mais s’installent aussi dans les restaurants, les stations-services, les supermarchés, etc… Le marché du jeu vidéo, nouvellement créé, voit ses chiffres exploser, engrangeant déjà  50 millions de dollars en 1978 uniquement avec la vente de bornes,  chiffre qui passera à 900 millions de dollars trois ans plus tard. Par ailleurs, les joueurs d’arcade sont très vite confrontés à un double problème. Premièrement, les bornes avalent leur argent à une vitesse folle, et secondement, certains parents sont réticents à l’idée de laisser leurs gamins trainer jusqu’à pas d’heure en ville. Pour palier à cela, les premières consoles de salon sont créées, et un constructeur sort du lot : Atari. En effet, alors que la troisième génération de consoles, de 1983 à 2003, verra progressivement disparaitre son nom au profit de Sega et Nitendo, la société Atari règne en maitre sur la génération précédente. La société, au cours des années, a bien évidemment sorti plusieurs itérations plus ou moins avancées de sa machine phare, mais si quelqu’un vous parle un jour de l’Atari, il est plus que probable qu’il fasse référence à l’Atari 2600, sortie en 1977 aux USA, en 78 au Royaume-Uni et finalement en 1981 en France.

La 2600 continuera à être fabriquée jusqu’en 1992, permettant à tous de s’en procurer une. Car oui, bien qu’à notre époque, tout appareil vidéo-ludique, de la machine de jeu au simple casque VR soit un investissement, dans les années 80, le prix de lancement ne laisse la possibilité qu’aux plus fortunés de jouer chez eux. Bien que cela soit un peu simpliste comme résumé, le prix de lancement de l’Atari était de 199 dollars de l’époque, ce qui, en comptant l’inflation, correspondrait à un peu plus de 800 dollars actuels. Cela n’empêchera néanmoins pas la console d’être vendue au fil des ans  à plus de 30 millions d’exemplaires, et cela en dépit de la crise du jeu vidéo de 1983 -l’offre étant supérieure à la demande- qui ne prendra véritablement fin qu’en 1985 avec l’arrivée du premier titre NES centré sur le plombier italien le plus célèbre de l’histoire.  Plus qu’une simple console, l’Atari 2600 peut être assimilée à un phénomène culture. Bien que d’autres constructeurs proposaient au fil des ans des machines plus performantes, mais aussi plus jouables, les consommateurs continuaient à l’acheter, ayant attendu pendant des années pour s’offrir le saint graal, à l’origine inatteignable avec leur porte monnaie. Pourtant, face à la NES de Nitendo ou la Master System, le joystick à un bouton, limitant énormément le gameplay faisait pâle figure. De plus, malgré une volonté de bien faire, les adaptations de films en jeux -très populaires à l’époque- se retrouvaient bridées, et en ressortaient des produits ressemblant difficilement au matériau original. Mais là encore, l’Atari tint bon. Certains ne se sont d’ailleurs jamais vraiment remis de la disparition de la console et de son catalogue de jeux ayant bercé leur enfance, à tel point que cela forcera Atari à agir. En 2018, est lancée l’Atari VCS, modernisant la machine originale et l’actualisant dans le but de l’intégrer parfaitement au 21ème siècle, tout en incluant l’intégralité des anciens jeux refais pour l’occasion. Pour la blague, Atari commercialise son nouveau joujou au même prix qu’à l’époque, 199 dollars.


– Je… Je crois que j’ai vu quelque chose bouger dans l’ombre…
– Mais non, arrête de t’imaginer des choses. Aide-moi plutôt à ouvrir la porte du parc !
– Tu es sûr que c’est une bonne idée ?
– Je ne sais pas, mais le fait qu’elle soit fermée me donne envie de l’ouvrir !
– Arrrghh ! Il… Il y a des gens qui nous regardent !
– Bon, maintenant, ça suffit les conneries, je te dis qu’il n’y a perso…
– Donnez-moi un A !
– Donnez-moi un T !
– Donnez-moi un A !
– Donnez-moi un R !
– Donnez-moi un I !
– ATARI Force,  rassemblement !!!
– Oh put…


En 1982, Gerry Conway et Roy Thomas sont engagés par DC Comics pour créer une mini-série promotionnelle visant à vendre la console phare d’Atari : Atari Force.

Alors Atari Force, c’est quoi ?  En 2005, une guerre nucléaire entre les nations ravage la planète, détruisant la majorité des écosystèmes et laissant des pays sans gouvernement. A.T.A.R.I. sigle désignant le Advanced Technology And Research Institute, recherche donc cinq individus pour son programme spatial Scanner One, qui verra embarquer ces héros de l’humanité dans une quête pour trouver une nouvelle Terre habitable. Ainsi, se forme la plus politiquement correcte des teams, qui rendrait même jalouse la CW. Dans celle-ci, on trouve : Martin Champion, l’arien musculeux détenteur d’un nombre inconsidérable de diplômes d’astrophysique et accessoirement multiple champion olympique, Lydia Perez, jolie brune, savante et pilote, Li San O’Rourke, femme militaire asiatique, Mohandas Singh, l’indien au QI élevé, et enfin le docteur Lucas Orion, scientifique afro américain de renom. Tout ce beau monde, en parcourant le multivers, se retrouve à lutter contre le Dark Destroyer, sorte d’Albator portant un casque et colorant douteusement ses habits, et étant à l’origine un monstre tentaculaire. Nos héros arrivent vite sur une première planète dévastée par les Zylons, créés par ledit méchant, le retrouvent, et le maravent.  Pensant l’avoir détruit, ils partent en quête d’un autre monde à découvrir. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que le Destructeur peut se régénérer et a survécu. Alors que Martin Champion et son équipe font halte à la Fédération galactique, le vilain entre dans l’esprit des aliens à proximité et les rend agressifs envers les terriens. Malheureusement pour lui, Atari Force réussit à localiser sa némésis, et la détruit. Ayant sauvé le gouvernement galactique, les humains sont autorisés à coloniser la planète 11435-18-2, qu’ils renomment aussitôt New Earth. Fin de la première partie.

Car oui, en 1984, suite à la crise du jeu vidéo survenue l’année précédente,  Atari signe un nouveau contrat avec DC Comics, pour renouveler le titre sur vingt numéros. Se déroulant 25 ans après les événements de la première série, la composition de l’équipe change. Une image valant mieux que mille mots, je préfère épargner mon temps ainsi que le votre, ne sachant de toute façon pas comment présenter le nouveau casting.

Alors que tous croyaient en avoir terminé  avec Dark Destroyer, le méchant n’est toujours pas mort, s’étant échappé de sa forme physique en prenant l’apparence d’une capsule projetée à travers l’univers. Quelques années plus tard, tandis que Lydia Perez doit accoucher d’un enfant dont le père n’est autre que Martin Champion, le Destructeur réapparait et tue la jeune femme avec un rayon invisible, juste après qu’elle ait donné naissance à Christopher.  De plus, entrant dans l’esprit du leader d’Atari Force, il obtient le code génétique de l’humanité -car évidemment, tous les humains connaissent leur code génétique-. Le Destructeur retourne faire une promenade dans la galaxie, et sur une planète, trouve une créature enceinte. Il entre dans le ventre du monstre, modifie la forme du bébé à naitre, et accélère l’accouchement, tuant la future mère dans le processus. Non, attendez, revenez ! C’est qu’un comics distribué à des gosses dans les années 80 ! Dark est alors expulsé sous les traits d’un Martin Champion nourrisson, et met environ un an à atteindre une forme adulte. Tout cela nous amène quelques années plus tard à la rencontre entre Dark Champion et la nouvelle Atari Force. Christopher, maintenant grand, se fait capturer, torturer, puis secourir.  Après diverses péripéties, le méchant crée finalement une bombe à antimatière, prévoyant de détruire l’intégralité de l’univers dans lequel est situé New Earth. Champion le prend mano a mano et dans l’affrontement, les deux hommes déclenchent le compte à rebours de la bombe, assez puissante pour détruire la planète sous leurs pieds. L’équipe Atari se tire en vaisseau, et  Dark envoie un de ses généraux, Kargg, à leurs trousses. Restant sur place, et mourant dans l’explosion –dont le rayon se limite finalement à la planète- , c’en est terminé du vilain. Mais non, car Destroyer avait en fait tout prévu –c’est la dernière fois, promis- ! Le sous-fifre envoyé est capturé par l’équipe,  laissant Morphea, une des gentilles, sonder son esprit. La combattante réalise que leur némésis vit toujours, ayant implanté une puce dans la tête de son vassal. Piégée dans la tête de Kargg, elle arrive à s’en extraire, et détruit ladite puce, tuant définitivement le Destructeur. T.E.R.M.I.N.A.D.O ! Et là, j’ai même pas abordé les tie-ins du malaise infini en fin de chaque numéro, suivant les aventures de Hukka, l’alien tout droit sorti des enfers, servant de mascotte à l’équipe, et qui rencontre d’autres créatures comme ce Pikachu démoniaque…


– Martin Champion, pour vous servir !
– Okkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk… Bon, dites-moi les fans de collants et de tenues moulantes, comment on peut sortir d’ici ?
– En entrant dans le parc, et en y survivant !
– En… En y survivant ?
– Du calme, Billy, ça ne doit pas être si difficile que ça !
– Personne n’en est jamais revenu.
– Considérez que nous serons les premiers. Vous avez la clé ?
– Nous ne pouvons pas vous laisser y aller seuls ! Nous sommes Atari Force ! Protéger et servir les plus faibles est notre devise !
– Si vous insistez …
– Vous aurez de toute façon besoin de nous pour vaincre le monstre !
– Attendez, comment ça le monstre ?!!

A SUIVRE

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