– On a réussi à lui échapper ! Billy, ça va ?
– Toute… Toute l’équipe y est passée !
– Tu pensais qu’on allait tous survivre au barbecue organisé par ce monstre dehors ?
– Qu’est-ce que c’est que cette créature ?
– Le Diable, enfin plus ou moins !
– Qu… QUOI ?!! La porte va tenir ?
– Pour un temps.
– On fait quoi ?
– Déjà, ne touche à rien. Dans une tour où tout objet peut raser un village, c’est un bon début.
– Et ensuite ?
– Suis-moi, de ce que j’ai vu quand nous étions à l’extérieur, nous avons une centaine d’étages à parcourir avant d’arriver au sommet.
– D’accord !
– Allez, go !
– Juste une chose…
– Oui ?
– Dis… Quels… Quels genre de tarés programment une créature aussi incontrôlable ?
– On en parlera en chemin.  


Et si je vous disais que toute cette grande aventure avait commencé par un jeu DC Comics, d’où le fait que Blizzard se soit automatiquement tournée vers la maison d’édition lorsque la décision d’adapter l’univers démoniaque en comics fut prise. Car oui, tout débute avec Justice League Task Force, sorti en 1995, jeu de combat sentant bon les années 90. Tout le monde a un cou de taureau, Superman et Aquaman ont une coupe mulet,  et sur les 9 personnages sélectionnables, Green Lantern est écarté au profit d’un Despero. Afin de développer le jeu, sont appelés deux jeunes studios : Condor Games et Silicon and Synapse. Condor Games a un projet de RPG, mais toutes les entreprises pouvant potentiellement investir refusent, affirmant que le public s’est lassé de ce genre d’aventures, et que les individus à qui le jeu pourrait parler ont troqué leurs manettes contre des dès, un crayon, et une feuille de perso. Mais Silicon and Synapse, devenu Blizzard Entertainment n’est pas d’accord. En effet, le studio se rend compte avant tous les autres que la tendance est en train de changer après le succès de Warcraft premier du nom. Ainsi, ils laissent à Condor Games carte blanche pour développer leur jeu, et l’entreprise au nom d’oiseau d’Amérique est rebaptisée Blizzard North. Parti pour être un simple roguelike -donjons générés procéduralement/ personnages pouvant mourir définitivement/choix d’une race octroyant certaines caractéristiques-, les développeurs prennent exemple sur Orcs and Humans et implémentent au jeu une dynamique temps réel qui va révolutionner le genre, en plus de la possibilité de parcourir le monde créé à plusieurs. Diablo, devenant par conséquent un hack’n slash –RPG/hordes de monstres/temps réel-, sort en 1996 et fait un carton, dépassant largement les attentes des studios voyant en lui un jeu de niche qui pourrait se vendre à 100 000 exemplaires par le bouche à oreille et l’originalité de son gameplay. Dans un communiqué de Blizzard en 2001, la boîte annonce en avoir écoulé pas moins de 2,5 millions d’exemplaires.  Acclamé par la critique et la presse, une communauté se forme autour du hack n’ slash fantasy, et les fans voient logiquement arriver quatre années après la sortie du premier opus, Diablo II. Plus beau, mieux construit, il permet aussi d’incarner d’autre classes que les trois rudimentaires –guerrier/sorcier/voleur- proposées par le premier avec un total de sept classes en comptant les extensions –barbare/paladin/sorcier/amazone/nécromancien/assassin/druide-. Blizzard North se lance donc de suite dans le développement du troisième opus, et… C’est là que ça foire. Mais d’abord, un peu de droit.

Pour résumer le schéma ci-dessus, un groupe d’entreprise fonctionne comme une entreprise, mais à plus grande échelle. Ainsi, plus une entreprise est haute, plus son pouvoir décisionnel est important, et les entreprises de moindre ampleur doivent évidemment répondre aux ordres de leurs supérieurs. De ce fait, Blizzard North bosse sur Diablo III jusqu’en 2005, moment où Vivendi regarde l’avancement du projet, et ne s’estime pas satisfait du résultat. Plusieurs années de travail sont balayées, et Blizzard North est fermée. Il faudra alors attendre 2008 pour que Blizzard Entertainment sorte la licence des limbes et se remette à travailler dessus, et que plus de dix ans après l’opus précédent, en 2012, Diablo III sorte enfin. Lui aussi acclamé par la critique, le jeu  propose une aventure en plusieurs actes, un moteur physique programmé par Blizzard permettant des décors destructibles, une orbe remplace aussi la traditionnelle barre de soin. Le studio améliore son générateur procédural de donjon afin d’éviter au joueur la monotonie et lui offre cinq classes pour mener à bien ces diverses instances – sorcier, un barbare, un féticheur, un chasseur de démon ou un moine-. En dépit d’une bonne critique presse et d’un succès commercial impressionnant avec plus de 3 millions de copies écoulées day-one, le jeu subit dans un premier temps les foudres d’une partie de la communauté. En effet,  l’obligation de se connecter avec un compte Battle.net pour pouvoir jouer, et les serveurs étant défaillants durant les premières semaines, énormément de fans se retrouvent dans l’impossibilité de profiter de l’aventure –qui se souvient d’Arkham Knight sur PC ?-.  Deux ans après la sortie du troisième opus, une première extension Reaper of Souls sort enfin, permettant d’incarner un croisé, et en 2017, la dernière extension en date, Rise of the Necromancer, introduit, comme son nom l’indique, le Nécromancien. Alors que les saisons s’enchaînent pour Diablo III, certains analystes de chez Goldman Sachs, une célèbre banque d’investissement, un Diablo IV serait prévu avant 2020. Affaire à suivre…


– Et, on… on a un plan ?
– Ne pas mourir.
– C’est pas vraiment un plan…
– On monte en haut de la tour, on atteint la salle dans laquelle se trouve le cœur du réseau, on y place çà, chaque univers retourne dans son coin, Diablo avec, le monde est sauvé. Tadam !
– Qu’est-ce… Qu’est-ce que c’est ?
– Un virus. Avec, Jeremy entre dans le réseau, corrige le bug, et tout rentre dans l’ordre.
*Exactement !*
– Il… Il reste combien d’étages à gravir ?
– Une bonne cinquantaine…
– C’est déjà long… Tu peux me raconter l’histoire de cet endroit pour passer le temps ?
– Non, continue d’avancer, et ne te disperse pas.
– D’accord, alors je vais faire comme en colonie de vacances quand on marche sur de longues distances.
– C’est-à-dire ?
– Chan… Chanter ! Allez, c’est parti…
– Non non, c’est bon, je vais te la raconter ton histoire !


Mais comme d’habitude, de quoi ça parle ? Comme tous les univers estampillés Blizzard, il me faudrait un dossier entier de 600 pages pour tout expliquer, alors tachons de rester concis.

Des anges et des démons se battent pendant des années jusqu’au moment où les deux camps finissent par comprendre que cette guerre ne finira jamais, baissent les armes, et préfèrent cohabiter. Pour se faire, ils créent Sanctuaire, caché des cieux et des enfers, et finissent logiquement par faire de l’interracial se mélanger, engendrant les premiers humains ou Nephalems. Un jour, Diablo, Mephisto et Baal, des démons primordiaux, apprennent l’existence du Sanctuaire et tentent d’utiliser les humains comme des armes à leur compte, mais sont arrêtés dans leur projet, traqués, et enfermés à divers endroits dans le monde des Hommes. Un jour, un roi humain, Léoric décide de déplacer son QG à Tristam où est emprisonné Diablo, qui corrompt un membre de la cour, le forçant à le libérer. Le démon manipule tout le monde, force le roi à faire la guerre à son propre fils ainé, Aidan, et en profite par la même occasion pour prendre possession du plus jeune descendant de Léoric. Aidan réussit à sauver son petit frère, mais est obligé de s’implanter la pierre d’âme contenant Baal dans le front, afin de contenir sa puissance.

Malheureusement, Aidan s’est surestimé, et au bout d’un certain temps, sa volonté cède face à la puissance du démon.  Devenant le Rodeur Noir, il part libérer les autres créatures infernales. Aidan et Baal massacre les archanges venus les stopper, et libèrent Mephisto. Un groupe d’aventuriers –les joueurs du premier opus- détruisent Mephisto, puis traquent Diablo, s’étant séparé d’Aidan, jusqu’au fond des enfers où ils le détruisent lui aussi. Ce qui nous laisse Baal, qui part chercher la Pierre-monde, ayant servi à créer Sanctuaire, pour insuffler le mal dans le cœur des hommes. Les héros traquent Baal qui arrive néanmoins à corrompre la pierre, qu’un archange, Tyrael, choisit alors de briser, révélant le Sanctuaire aux yeux de tous. Après ça, c’est le bordel. Les démons recommencent à faire la guerre, et de nombreuses péripéties plus tard, une adoratrice de Diablo réussit à le ressusciter. Le démon absorbe l’âme de ses frères et celles de ses pairs, et par conséquent, la puissance de l’intégralité de l’Enfer. Fonçant vers les Cieux, il détruit la porte permettant d’accéder au Paradis. Les Nephalems s’en mêlent et se débrouillent pour tuer l’enveloppe physique du démon après un combat acharné. Son âme est alors enfermée dans une Pierre noire. Tyrael, sentant que les choses vont dégénérer à cause de l’artefact, le dérobe. Malheureusement,  Mathaël, ancien archange de la sagesse, arrive à le récupérer, et tente de le reforger afin de purger le Sanctuaire de toutes formes démoniaques,  dont les humains. Les Nephalems le combattent, mais leur adversaire détruit la pierre et absorbe toutes les âmes contenues à l’intérieur. Ainsi, lorsque celui finit par mordre la poussière, il libère l’intégralité de ce qu’il a ingéré, dont Diablo. Here we go again…

Peu avant la sortie du 3ème opus, Blizzard choisit logiquement DC Comics pour adapter son univers en comics, et fin 2011, une minisérie est lancée dépeignant la situation sur Sanctuaire entre Diablo II et III.

Fils du Lord Constable, leader local, Jacob grandit dans la ville de Staalbreak, protégée par la montagne, mais qui subit des raids de barbares corrompus par les démons. Au fil des années, son père commence à dangereusement vriller, jusqu’au jour celui-ci met à mort sa femme. En effet, sa compagne étant une barbare, il pense qu’elle est aussi corrompue que ses adversaires de toujours. Suite à l’exécution, Jacob lui tient tête, et Lord Constable, s’enfonçant de plus en plus loin dans la folie, pense que son fils a lui aussi été corrompu. Les deux hommes s’affrontent, et notre héros l’emporte, tuant son adversaire. Bien évidemment,  ça la fout un peu mal de rester sur place,  et Jacob est obligé de quitter la ville, ce qui le mène quelques temps plus tard à Lut Gholein, le Joyau du Désert, où il rencontre un voyant nommé Bahman. Indiquant au jeune homme que sa destinée est dans le désert, le fils de Lord Constable a déjà fort à faire avec son meilleur ami, Ivan, accompagné d’une garnison de Stallbreak, parti à ses trousses pour le ramener au bercail et le juger pour meurtre.  Au bout d’un certain temps, Jacob finit tout de même par écouter le vieil homme, trouve la caverne à l’intérieur de laquelle une épée semble l’attendre, celle de l’archange Tyrael. La sortant de la roche, Shanar, une sorcière que la lame a emprisonnée apparait. Soudain, Ivan débarque dans la caverne et assomme son ancien ami tandis que la magicienne s’enfuit. Le soir même, la troupe, en route pour la ville dans la montagne, monte le camp. Un cochon est préparé, mais les gardes en mangeant se retrouvent parasités par la corruption ayant contaminée l’animal, et commencent à devenir fous. Shanar réapparait, libère notre héros, et le téléporte dans une tour.

Alors qu’Ivan tente de les retrouver, il tombe sur une bande de Kahzra –des satyres très très énervés-. Rapidement, les créatures mi-bouc mi-humains comprennent que les soldats sont maintenant possédés par les démons, et négocient un deal avec eux. La tribu chimérique accepte de mener la garde de Staalbreak aux héros, en échange de quoi, lorsque l’enfer se sera définitivement installé sur Sanctuaire, il ne lui sera fait aucun mal. Une fois arrivés à la tour, un combat s’engagent entre Jacob et la garde, qui se conclut par une pseudo victoire du jeune homme qui accepte tout de même de comparaitre devant le tribunal de la ville à condition qu’aucun mal ne soit fait à Shanar et qu’on ne lui prenne pas son épée. Toute la bande retourne enfin à StaalbreakJacob est immédiatement attaché à un poteau en attendant d’être décapité le lendemain, jour du procès. Le successeur de Lord Constable, Varik, s’avère malheureusement touché par la corruption, corruption, qui en plus d’avoir gagné les soldats, a aussi contaminé les autres habitants sans que ceux-ci s’en aperçoivent. Jacob prend d’abord le parti de s’échapper avec l’aide de Shanar, mais fatigué de courir et voulant s’expliquer, il fait en sorte de mettre son amie à l’abri avant de retourner sur les lieux de son exécution prochaine. Le lendemain, notre héros a donc sa tête sur le billot. Comprenant qu’il n’aura pas droit à un jugement juste et qu’il est déjà condamné, la sorcière, ne pouvant le laisser se faire abattre, intervient, aidée d’Ivan et de ses soldats qu’elle a réussi à guérir de la folie. Varik meurt, mais une autre menace se profile à l’horizon : les barbares attaquent à nouveau. Une fois le raid barbare repoussé, Jacob et la magicienne se rendent directement au repaire du roi ennemi pour l’affronter. Les choses ne se passent pas comme prévu lorsque le souverain se change complètement en démon et les balaye d’un revers de la main. Puisant dans le pouvoir de l’épée le transformant en super saiyan blue, Jacob pourfend le monstre dans une attaque dévastatrice. Le démon vaincu, la corruption quitte le corps des barbares qui déposent les armes. Quelques jours plus tard, notre héros prend la décision de partir de Staalbreak, et d’aller combattre le mal, aidé de son épée, de Shanar, et d’Ivan.


– …99, et 100 ! On y est, la porte qui renferme le cœur du réseau !
– B… Blue, comment on l’ouvre ? Elle fait au moins dix mètres !
– Bonne question.
– Tu ne sais pas ?
– Avant, il suffisait de la toucher avec la main, et c’était bon, mais là… Jeremy, une idée.
*J’essaye d’y accéder, mais des protocoles de sécurité me barrent le passage. Impossible d’y avoir accès depuis l’extérieur du réseau. *
– Qu’est-ce que tu veux dire ?
– Qu’il va falloir trouver par vous-même le moyen d’ouvrir cette porte.
– Comment tu veux que je fasse ça ?
– Improvise.
– B… Blue, tu… tu ne peux pas rappeler Nathan Drake ?
– Oui, c’est une idée, mais il est sans doute trop loin, et je peux avoir bien mieux. Jeremy, mets une prime de plusieurs milliards pour l’ouverture de la porte, avec en bonus, la moitié de ce qu’il y a derrière.
*Fait*
– Elle devrait arriver d’ici quelques secondes avec un appât pareil.
– Qui… Qui ça ?
– Moi !
– Co… Comment vous êtes arrivée ici ?
– Une voleuse ne dévoile jamais ses astuces, jeune homme.
– Billy, je te présente la plus grande cambrioleuse de l’univers, Carmen Sandiego.

A SUIVRE

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